juin 2021
L M M J V S D
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a 100 ans…

  • Chronique du XXe siècle – Édition Larousse.

Juin 1921

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA RÉVOCATION DE L'ÉDIT DE NANTES ET LA RÉGION DE LA ROCHEFOUCAULD

J'aime et je partage...

LA RÉVOCATION DE L’ÉDIT DE NANTES ET LA RÉGION DE LA ROCHEFOUCAULD.

Le 29 septembre 1685, il arriva dans la ville de La Rochefoucauld deux compagnies de dragons rouges conduits par M. le marquis d’Argenson, lieutenant général d’Angoumois. L’évêque et l’intendant arrivèrent deux jours après, qui firent convertir plus de quatre cents huguenots, tant de la ville que des environs.

Alors les dragonnades, qui avaient déjà commencé dans la région, reprirent plus terribles. Les dragons parcoururent l’Angoumois en tous sens, recevant les conversions par milliers et domptant les opiniâtres par les supplices. Ce fut surtout à La Rochefoucauld et dans les environs que les missionnaires bottés commirent les plus atroces cruautés. Barraud, un mourant, fut enlevé de son lit et brouetté nu par les rues ; une demoiselle de Rouffignac eut les bras brûlés ; Suzanne Ferrand, la veuve Brousse et sa fille eurent à subir des indignités qui ne s’expriment pas. Le sieur Pasquet, un des plus considérables bourgeois du lieu, fut mis par les dragons dans un berceau, comme un enfant ; étant là, ils préparèrent de la bouillie, la lui firent avaler toute bouillante et lui en couvrirent le visage, à quoi il ne put résister et mourut.

La brutalité des soldats n’épargna ni les Mathieu, ni les Lériget, ni les, Garoste, ni les Villemandy. Les ouvriers tanneurs, voyant leurs familles et leurs maisons livré as à la licence des missionnaires, abandonnèrent la ville et se réfugièrent, dans le Brandebourg, la Hollande et l’Angleterre.

Louis XIV signa la révocation de l’Edit de Nantes, le 18 octobre 1685. On avait renouvelé les déclarations contre les relaps. Les nouveaux convertis qui refusaient de communier étaient condamnés, les hommes aux galères, les femmes à la réclusion perpétuelle. Ceux qui mouraient sans être munis des sacrements étaient, après leur mort, traînés sur la claie et leurs biens confisqués.

Le corps de Jacques Poulignac fut déterré et donné en pâture aux chiens. Rachel de Renouard, dame de la Frainerie, Débora Mignot, Marthe Marvaud, Abraham Cambois, Albert dit Péruzet, furent traînés sur la claie dans les rues de La Rochefoucauld et jetés à la voirie.

La ville perdit ses tanneries, si renommées. A la violence, le protestantisme vivace opposait l’inertie, le calme, la soumission. La foi réformée se perpétuait dans les familles ; elle vivait au fond des bois, dans les grottes, sur les montagnes inaccessibles ; elle rassemblait les fidèles, la nuit, au désert ; elle inspirait aux missionnaires proscrits la sainte folie du martyre. La loi défendait aux pasteurs de rentrer en France, sous peine de mort ; les têtes de ceux oui étaient restés dans le royaume fuirent mises à prix. On promit 5.500 livres à quiconque livrerait un ministre. Les galères pour les hommes, la prison pour les femmes étaient réservées aux sujets qui donneraient asile ou assistance aux prédicants. Cependant, les pasteurs ne cessèrent de visiter les villages, de baptiser les nouveaux nés, de marier,

de donner la communion, de convoquer des assemblées et d’y faire le prêche ; les fidèles, de leur fournir une retraite, de les suivre au désert, de s’opposer à leur arrestation, de protéger leur fuite.

D’après FERMOND, Quelques Annales de la ville de La Rochefoucauld, dans le Bulletin de la Société de géographie de Rochefort. Année 1807.

(Communiqué par M. BURCIER, directeur d’école à Barbezieux.)

1 commentaire pour LA RÉVOCATION DE L’ÉDIT DE NANTES ET LA RÉGION DE LA ROCHEFOUCAULD

  • On ne peut qu’admirer la résistance pacifique des Huguenots et leur attachement inébranlable à leur foi, d’une religion, elle aussi chrétienne …

    Ou comment exercer la terreur…

    Une résistance douloureuse contre des hordes perverses missionnées par des dignitaires religieux pire qu’inquisiteurs et un roi abusant de son pouvoir au service de l’État auquel il assimilait sa royale personne, alors imprégné d’une religiosité douteuse par l’excès impromptu frisant le fanatisme, sans doute inspiré par sa favorite puis épouse, Mme de Maintenon pourtant personne très pieuse…

    Folie que cette lutte des dogmes prétexte aussi à d’autres causes, influences et envies moins honorables…!

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

  

  

  

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.