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"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a 100 ans…

  • Chronique du XXe siècle – Édition Larousse.

Juin 1921

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire régionale : la Vienne en 1830 - 13 - villes et villages...

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POITIERS

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Capitale du ci-devant Poitou, ch.-lieu de préf. Pop. 23,128 hab. ; (on paie par Orléans 44 postes, et 43 ½ par Chartres). Cette ville est située sur une colline escarpée, environnée de rochers élevés, au confluent de la petite rivière de Vouneuil [Vouneuil-sous-Biard] avec le Clain. Ces deux rivières l’entourent presque en entier.

Elle est grande, mais peu peuplée pour sa grandeur. Des murailles antiques, flanquées de tours, forment son enceinte : on y entre par six portes, dont 4 ont un pont sur le Clain. L’intérieur de la ville est mal bâti : c’est un amas de maisons, sans goût, sans architecture, percé de rues étroites, tortueuses et malsaines. Les places sont sans étendue et sans ornements. Cependant le Parc, le Cours, la promenade Guillon, sont des promenades fort agréables.

Poitiers, malgré l’irrégularité de ses constructions, est d’un aspect pittoresque à l’extérieur. Dans le nombre de ses places publiques, il en est une, la place Royale, d’une étendue assez considérable, et au milieu de laquelle on voyait autrefois une statue en pied de Louis XIV en stuc bronzé.
Cette cité n’est pas sans gloire : elle s’illustre dans les guerres des Romains, des Francs et des Visigoths, qui tour à tour s’en emparèrent, la détruisirent, et la rebâtirent. Ce fut dans les plaines de Poitiers, vers l’an 732, que Charles Martel remporta une victoire mémorable sur les Maures d’Abdéramane. Plus tard, en 1356, le roi Jean et ses chevaliers y succombèrent, malgré leur bravoure, sous les masses anglaises et l’habileté d’Édouard III. Poitiers eut beaucoup à souffrir pendant les guerres de religion. Le maréchal Saint-André s’en rendit maître, et y exerça d’horribles cruautés. Coligny voulut reprendre cette ville, elle soutint un long siège et ne fut sauvée que par le désespoir de ses habitants. Ceux-ci bouchèrent les arches du pont de Rochereuil, et forçant les eaux du Clain à déborder inondèrent le camp des assiégeants, qu’ils obligèrent ainsi à la retraite.
Peu de villes avant 1793, renfermaient autant d’églises. On y voit encore celles de Saint-Pierre, de Sainte-Radegonde, de Notre-Dame, et temple Saint-Jean.

Saint-Pierre, cathédrale de Poitiers, est un des plus beaux monuments d’architecture gothique que possède la France. Cette église est remarquable par sa large façade à trois porches, flanquée de deux tours d’inégale grandeur. Le porche principal s’ouvre au-dessous d’une belle rosace que couronne une élégante galerie à colonnes. Le vaisseau en est vaste et simple à la fois, mais la hauteur de cet édifice est loin de répondre à son étendue.

Sainte-Radegonde est aussi d’une belle architecture . elle offre un portail à ogive décoré de sculptures délicates. L’édifice et le clocher sont de l’époque romane. L’église fut fondé en 587, par Sainte-Radegonde, femme de Lothaire 1er, qui y fut enterré.

L’église Notre-Dame, superbe échantillon de l’architecture romane, présente une façade d’une rare beauté ; son portail est élégant et hardi ; il est orné de sculptures et de statues, et flanqué de faisceaux de colonnes qui en soutiennent deux fort jolies tourelles à dôme pointu et sculpté en écailles de poisson. L’intérieur de Notre-Dame ne répond pas à la beauté de l’extérieur : on prétend que cette église fut fondée par Constantin.

L’église de Saint-Jean, monument d’une haute antiquité, exerce encore la curiosité des savants.
Saint-Hilaire n’offre plus que des ruines qui attestent son ancienne magnificence. Elle contenait plusieurs tombeaux remarquables.

Depuis longtemps Poitiers est célèbre par son école de droit ; elle possède un collège royal estimé, et plusieurs hôpitaux bien tenus. La bibliothèque publique renferme 12,000 volumes. La ville possède aussi un cabinet d’histoire naturelle et de physique, et un jardin de botanique, ainsi qu’une jolie salle de spectacle et des établissements de bain.

On voit à Poitiers plusieurs antiquités précieuses en particulier le tombeau de Claudia Varenilla, fille du consul Claudius Varenus ; quelques vestiges du palais Galien ; ceux d’un aqueduc et d’un amphithéâtre.


LUSIGNAN

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Au S.-O. de Poitiers, sur la route de La Rochelle. Pop. 2,348 habit.
Cette petite ville est située agréablement, près de la petite rivière de la Vonne. Elle était autrefois le siège d’une justice royale, avait un gouverneur et un maire perpétuel. Elle est fameuse par les merveilles qu’on attribuait anciennement à son château, construit dit-on par la fée Mélusine ; d’autres pensent que le château fut bâti par Geoffroy-à-la-grande-dent, parce qu’on voyait autrefois l’effigie de ce comte sur la principale entrée de la grande tour ; mais il paraît constant qu’il a été fondé par Hugues II, seigneur de Lusignan, dit le Bien-Aimé.

Ce château passait pour inexpugnable ; à différentes époques il soutint des sièges meurtriers. Durant les guerres de religion, il fut pris, en 1574, par le duc de Montpensier, et ses fortifications furent rasées. Sur leur emplacement, on a fait une promenade publique d’où l’on jouit d’une vue agréable. Il reste à peine quelques débris des nombreux édifices qui entouraient ce donjon gothique. Lusignan ne possède d’ailleurs aucun monument digne de fixer l’attention.

MIREBEAU

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Près de la source de la Palu et de la Dive ; N.-O. de Poitiers. Pop. 2,405 hab.
Cette ville, ancienne capitale du Mirebalais, dans le Haut-Poitou, eut pour origine un château construit par Foulques de Néra, comte d’Anjou. En 1202, ce château soutint un siège contre Artus de Bretagne. Éléonore d’Aquitaine, veuve de Henri II, roi d’Angleterre, s’y était renfermée pour se dérober aux poursuites de ce prince, son petit-fils. Le château de Mirebeau a été détruit dans le XVIIe siècle ; il n’en reste que quelques vestiges insignifiants.

CHÂTELLERAULT

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Sur la Vienne, N.-N.E. de Poitiers. Pop. 9,487 hab.
Cette ville porte le nom de son fondateur, qui vivait au XIe siècle. Sur le site où elle se trouve, un nommé Hérault fit construire un château, et de l’assemblage des deux mots (Castel Hérault), s’est formé Châtellerault.  C’était autrefois le chef-lieu d’une élection, d’une sénéchaussée, d’un consulat pour les marchands et d’un corps de ville avec un maire perpétuel.

En 1574, Châtellerault fut érigé en un duché-pairie, qui fut réuni au domaine de la couronne par arrêt de confiscation des biens du connétable Charles de Bourbon, auquel il était échu en héritage. Châtellerault est situé dans un pays fertile, coupé par des rivières, des vallons, des coteaux et des jardins qui offrent des points de vue agréables et variés. Cette ville est assez mal bâtie ; elle est située sur la rive droite de la Vienne, que l’on traverse sur un beau pont que Sully y fit construire ; au bout d’un pont est un petit château, flanqué de quatre grosses tours, et qui sert de porte à la ville.

Châtellerault est célèbre par ses fabriques de coutellerie.

Outre plusieurs églises, il possède un collège communal, un hôpital, et une manufacture royale d’armes dont les bâtiments sont au nombre des plus beaux édifices. Il est entouré de jolies promenades. Cette ville a été, dit-on, à l’époque de la première guerre d’Espagne dans le XIXe siècle, vers 1808 ou 1809, le théâtre d’un événement pareil à celui qui avait rendu le souvenir des troupes du maréchal de Lorges si exécrable à la petite ville de Lagny.

CENON (Cenon-sur-Vienne)

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Sur la Vienne. Pop. 300 hab.

Il existait autrefois, dans cette commune, un cimetière qui, comme celui de Civaux, renfermait un grand nombre de cercueils en pierre ; on y a aussi trouvé plusieurs colonnes milliaires et d’autres colonnes creusées en forme de tombeaux : une de ces colonnes milliaires, qui portait une inscription romaine, avait été transportée dans le parc du château du Fou, où elle existe probablement encore. Depuis longtemps le cimetière de Cénon a été détruit et a fait place à des champs cultivés.

CIVRAY

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Petite ville sur la rive droite de la Charente, dans un bassin assez fertile. Pop. 2,203 h. L’origine de Civray est ancienne, c’était une ville fortifiée ; on y voit les ruines d’un château ; son église paraît être un monument antérieur à l’établissement du christianisme dans les Gaules.

CHARROUX

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Sur la Charente. Pop. 1,709 hab. Une abbaye de bénédictins, fondée en 785 par Roger, comte de Limoges, et par sa femme Euphrasie, s’entoura peu à peu d’habitations qui, par la suite des temps, sont devenues la ville de Charroux. Charlemagne enrichit l’abbaye par de nombreuses dotations ; la majeure partie du territoire environnant devint la propriété de ses religieux. En 1208, il se tint dans ce monastère un concile contre les manichéens. Les seigneurs de Charroux possédaient le pays de la Marche dès le règne de Charles-le-Bel, qui l’érigea en comté en leur faveur.

L’église de l’abbaye, bâtie à la fin du VIIIe siècle, était fort belle, comme on peut en juger par les ruines qui en restent. Le maître-autel, entouré de trois rangs de piliers, était placé sous un dôme en forme de tiare, d’une hauteur prodigieuse. Ce bel édifice a été détruit par les protestants, dans le XVIe siècle.

LOUDUN

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Ville ancienne. Pop. 5,078 h.

Capitale de l’ancien pays appelé Loudunois, cette ville est située sur une montagne. Elle fut cédée à Louis XI par les comtes de Poitou, et érigée en duché en faveur de Françoise de Rohan de la Garnache, à la mort de laquelle le duché s’éteignit.

Un grand nombre des habitants de Loudun étaient huguenots ; mais les persécutions des évêques de Poitiers les chassèrent de cette ville, qui perdit alors une partie de sa population.
Loudun est connu par les synodes qui s’y tinrent en 1611 et 1612, et par le procès étrange fait à son curé, le spirituel et malheureux Urbain Grandier.

Loudun est remarquable par de jolies promenades, qui occupent l’emplacement d’un ancien château, démoli en partie par l’ordre de Louis XIII, et dont il ne reste qu’une tour assez bien conservée.

ORMES (Les)

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Sur la route de Paris à Bordeaux. Pop. 450 hab.

Ce village est dans une situation agréable, sur la Vienne. On y voit un beau château bâti par le comte Voyer d’Argenson ; c’est un vaste édifice en pierre, avec deux ailes considérables pour les offices et des appartements pour les étrangers. L’entrée offre un élégant vestibule au-delà duquel se trouve le salon, pièce circulaire décorée en marbre. L’escalier est pareil à celui du Palais-Royal de Paris. On remarque dans le parc une colonne de 76 pieds d’élévation, autour de laquelle monte une spirale un léger escalier qui se termine par une plate-forme d’où l’on domine tous les environs. Les jardins et le parc s’étendent jusqu’au confluent de la Creuse et de la Vienne. Le parc renfermait autrefois un haras consacré à l’élevage des chevaux de race anglaise, et à l’amélioration des races poitevines.

CIVAUX

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(canton de Lussac-les-Châteaux). Pop. 750 h. Cette commune n’est remarquable que par un grand nombre de tombeaux de pierre qui se trouvent dans un champ voisin. On en compte 7,000. La tradition prétend que ce sont les tombes des français morts dans la bataille que Clovis gagna sur les Visigoths.

Les habitants de Civaux montrent aussi, près de leur village, un endroit qu’ils nomment Pied-de-Biche, ils disent que ce fut là que Clovis passa la Vienne à gué, à la suite d’une biche qui lui servit de guide.

MONTMORILLON

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Sur la Gartempe. E.-S.-E. de Poitiers. Pop. 3,608 hab.

Cette ville n’offre de remarquable qu’un monument  précieux de l’antiquité, qui se trouve dans l’ancien couvent des Augustins. C’est un édifice octogone, que plusieurs archéologues regardent comme un temple gaulois. Ce monument a deux étages, dont l’un est souterrain et, par un chemin long d’environ cent toises, communiquait avec la rivière. On voit au-dessus de la porte d’entrée une pierre longue de 2 mètres 27 centimètres, et large de 1 mètre 14 centimètres, sur laquelle, du côté extérieur, sont grossièrement sculptées huit figures humaines, dont six hommes et deux femmes ; cette pierre offre aussi, du côté intérieur, cinq autres figures adossées aux précédentes. Ces deux bas-reliefs ont longtemps occupé les savants, qui ont vainement cherché à les expliquer. Le bas-relief extérieur présente une femme nue allaitant deux serpents, trois figures barbues, à longues robes et groupées ensemble. On a voulu y reconnaître le costume des druides. Une de ces figures tient une tablette sur laquelle on croit reconnaître les deux lettres R O. Le groupe suivant se compose de trois jeunes garçons (ou trois jeunes filles), vêtus de longues robes ; celui du milieu tient sous son bras gauche plusieurs livres liés ensemble, un autre a la tête couverte d’un voile, le troisième porte de longs cheveux réunis en tresse. La sixième figure paraît la représentation d’une femme gauloise : elle a de longs cheveux tressés qui retombent sur sa poitrine ; elle est vêtue d’une longue robe, ses mains sont gantées (avec des gants dits à la Crispin), un long manteau flotte sur ses épaules et descend jusqu’à terre.

Le bas-relief intérieur offre aussi une femme nue allaitant deux crapauds.
Un ange ailé, revêtu d’une longue robe et d’un manteau orné d’une large bordure.
Les deux figures suivantes sont enlacées ensemble, comme une mère et une fille. L’une porte un voile, l’autre à des cheveux très longs et tressés : une ceinture ornée de broderies pose sur ses hanches et retombe par devant.

La cinquième figure porte les cheveux tressés et pendant sur sa poitrine. Son vêtement est serré jusqu’à la ceinture, d’où il tombe en longs plis jusqu’à terre. Les manches de sa robe sont décorées de dessins variés et différents de chaque côté. L’état de vétusté de ces divers bas-reliefs est tel, qu’on peut à peine distinguer les divers détails que nous venons d’indiquer.

Abel Hugo

NB : Pour aller au premier article de cette série c’est : ICI

Illustration : Cartes postales anciennes des archives du CGCP.

1 commentaire pour Histoire régionale : la Vienne en 1830 – 13 – villes et villages…

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