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"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a 100 ans…

Juin 1920

  • 1er. Espagne : création du parti communiste (PCE).
  • 4. France : premiers débats sur l’Alsace-Lorraine à la Chambre des députés.
  • 4. Traité de Trianon : signature du traité de paix entre les Alliés et la Hongrie.
  • 4. Tunisie : fondation du Destour. parti nationaliste.
  • 4. France : un Farman Goliath bat le record du monde de durée de vol en volant 24 h.13′. l6″.
  • 5. Reprise des relations diplomatiques entre la Belgique et le Luxembourg.
  • 10. Italie : chute du cabinet Nitti.
  • 12. Les Russes reprennent Kiev aux troupes polonaises.
  • 12. Paris : première des « Mille et Une Nuits » mise en scène de Firmin Gémier.
  • 13. Genève : congres international des féministes.
  • 15. Les nouvelles frontières entre le Danemark et l’Allemagne sont fixées. Le Danemark se voit reconnaître le droit de souveraineté sur le Schlesvig du Nord.
  • 15. Italie : constitution du cabinet Giolitti.
  • 21. Boulogne : session du Conseil supérieur des Alliés sur les réparations de guerre.
  • 22. La Grèce lance avec succès une offensive contre les Turcs en Asie Mineure.

NAISSANCES

  • 7. Georges Marchais, homme politique français.
  • 11. AIbin Chalandon. homme politique français.
  • 27. Jean-Jacques Nathan, éditeur français.

DÉCÈS

  • 14. Gabrielle Réju, dite Réjane, actrice française (*6.6.1856).
  • 14. Max Weber. Sociologue et philosophe allemand (*21.4.1864).

Source :  Chronique du XXe siècle – Édition Larousse

Le Catharisme en Occitanie -1-

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Avant propos

Je vais vous parler du catharisme et certainement en choquer certains mais après tout j’ai toujours bien aimé provoquer et le but d’un travail n’est-il pas d’inciter à la réflexion et d’engager le débat ?

J’aurais pût traiter ce sujet brut de fonderie mais que serait le catharisme sans le quand, le pourquoi, et le comment.

Aussi j’ai voulu y associer l’histoire du christianisme, ce qu’on en a fait et ce que cette religion aurait pût être.

Le catharisme s’est développé à une période ou même l’islam est traversé par des soubresauts stimulants pour la pensée philosophique et religieuse.

Le catharisme n’a pas été seulement une histoire française il existait également en Rhénanie et jusqu’en Grèce au milieu du XIIe siècle puisqu’un évêque vint à un synode en France dans la seconde moitié de ce siècle. Les persécutions avaient déjà commencé dans ces pays comme en Italie également avant d’arriver en France. C’est pour cela que j’y ai aussi ajouté, mais très peu, de l’histoire car pour nous cette religion est connue surtout par la guerre dite « des albigeois ».

Rassurez vous je ne vous parlerai pas des deux croisades ainsi que de la répression ni de l’inquisition ou très peu ; juste que la croisade contre les Albigeois a pour prétexte l’assassinat du légat du pape. Face à l’échec de faire disparaître cette hérésie, le pape Innocent III lance en 1208 contre les « Albigeois », ou cathares, la première croisade qui se déroulera sur le territoire de la chrétienté occidentale. Avec cette croisade il s’agit pour l’Église romaine de mater une hérésie, en fait une église qui devenait extrêmement dangereuse pour elle puisqu’elle commençait à s’organiser, mais aussi en partie, pour le pouvoir central de la royauté française, de soumettre les seigneurs du Sud, ses vassaux trop indépendants. Néanmoins Philippe II dit Auguste, roi de France, ne voudra jamais y participer personnellement, mais il laissera son fils le futur Louis VIII et ses vassaux libres de toutes actions.

Tout d’abord le mot « hérétique » du grec heresis qui veux dire « le choix ». Par une évolution sémantique l’hérésie en est venue à désigner l’erreur. Ont donc été déclarés hérétiques ceux qui choisissaient leurs Livres qui étaient autres que les quatre évangiles.

Ensuite, hérétique par rapport à qui ? Par rapport à quoi ?

En fait qui décide que l’autre est hérétique ? La raison du plus fort ; de celui qui a réussi à imposer sa loi par les armes. Étaient-ils vraiment hérétiques celles et ceux qui cherchaient un christianisme dépouillé de tous ses attributs de pouvoir et du clinquant qui va avec ? Tien ça me rappelle quelque chose.

Nous allons parler du schisme « cathare ». Mais il est difficile de discourir sur les cathares sans parler d’histoire et de faire un peu de géopolitique.

Étymologie :

Le nom cathare a été donné par les ennemis de ce mouvement et jugé hérétique par l’Église catholique romaine. Saint Augustin le désigne comme une secte manichéenne africaine dont les adeptes se seraient prétendus « purs ». Eckbert de Schönau, moine rhénan, utilise le mot dans un de ses sermons en 1163 pour désigner les hérétiques de Germanie. Ce serait un jeu de mot associant ces hérétiques avec des adorateurs du diable (catus), représenté sous la forme d’un chat blanc ailé quasiment de la taille d’un veau. Alain de Lille, dans « De fide catholica » écrit vers 1200, rattache le mot à « casti », chaste, juste. Michel Roquebert juge cette hypothèse irrecevable.  Lorsque l’Église n’utilise pas le terme « hérétique » elle emploie parfois le mot cathare, infamant. Quoiqu’il en soit, le terme n’est jamais utilisé par les hérétiques eux-mêmes. « Communauté à deux niveaux », les adeptes de ce mouvement se nommaient eux-mêmes « Bons Hommes », « Bonnes Dames » ou « Bons Chrétiens », mais étaient appelés « Parfaits » par l’Inquisition, qui désignait ainsi les « parfaits hérétiques ».

Un peu d’histoire pour commencer.

D’après certains historiens le catharisme serait un « phénomène » apparu en France vers le XIe siècle, apporté par des peuples venus de l’est de l’Europe et notamment de Bulgarie. Des communautés hérétiques sont effectivement apparues en Europe occidentale vers l’an Mil en Allemagne, en Flandre, en Champagne, en Bourgogne et même en Italie du nord, sous différents noms selon les régions: manichéens, origénistes, piphles, publicains, bougres (mot qui signifie : bulgares avant de dériver), patarins, albigeois. C’est tout de même oublier et laisser dans l’ombre une période d’un peu plus de mille ans d’histoire. Période capitale au cours de laquelle s’est jouée le sort des religions et par la même d’une partie de l’humanité. Dans ces mille ans il y a deux périodes à considérer. La première s’étend sur un peu plus de 300 ans et va de Jésus le nazaréen à Constantin ; en fait jusqu’en 313. Cette année la, fin de la première période, l’empereur Constantin, sous l’influence de sa mère qui s’était convertie promulgue l’Edit de Milan qui reconnaît la religion chrétienne. J’ai bien dit chrétienne et non catholique.

La seconde partie va durer plus de mille ans. En effet, le 31 janvier 314 une contre révolution éclate à Rome. Elle est le fait de toute la noblesse romaine.

Vers les années 30 de notre ère, un homme prénommé Joshué vient secouer la Judée. Il ne prêche pas une religion nouvelle ou différente de celle de Moïse. Il veut que les hommes reviennent aux bases de la religion et appliquent quelque chose qu’ils ont oubliés : qu’ils sont tous frères et doivent s’aimer les uns les autres. Que cette fraternité leur fera comprendre qu’ils sont tous égaux. Et nous en venons à la doctrine que de cette fraternité découle l’égalité et donc la liberté. Principe révolutionnaire s’il en est puisque écrit, bien plus tard, dans l’article premier de la déclaration des Droits de l’homme de notre propre révolution. Après sa mort ses disciples vont se répandre dans le monde, en fait surtout sur le pourtour de la méditerranée, notre monde à nous les latins mais aussi en Asie centrale autour de la mer noire. Et parmi ces peuples que nous appelons les peuples des pays de l’est il y a les wisigoths (Roumanie en gros), les Ostrogoths (à peu près l’Ukraine), les Burgondes, les Lombards, les Suèves et les Alamans.

Je ne vous parlerai pas de tous ces peuples ; de leur long parcours pour venir jusqu’à nous, de leur influence et de leurs alliances ou de leurs oppositions, et qui ont apporté la religion cathare. Au long de ce travail ils sont juste cités pour mémoire.

Carte-Occitanie-Cathare

Ces peuples sont chrétiens, pas catholiques romains, mais chrétiens.

Seul l’un d’eux est réfractaire au christianisme : les Francs : peuple batailleur, agressif, pillard, braillard (on ne se refait pas). Pendant cinq siècles ils continueront à adorer leur dieu Odin. N’oublions pas que les Francs étaient un peuple nordique partagé entre les saliens qui occupaient la Belgique et les Pays Bas actuels à peu près et les rhénans la partie supérieure de l’Allemagne actuelle et certainement la Pologne.

Ce n’est qu’en 506 que leur chef Clovis, roi des francs saliens, après avoir réunifié les francs saliens et les francs rhénans, acceptera le baptême pour avoir une légitimité et prendra le nom de Clovis 1er. Un autre le fera plus tard : Henri de Vendôme – Bourbon, roi de Navarre et de France.

Arrêtons-nous un instant.

La religion mosaïque était tolérée partout dans l’empire (les juifs fondent le judaïsme sur la religion abrahamique qui fleurira ensuite dans la Loi mosaïque (la Torah)). Mais les romains se rendent compte qu’il y a autre chose, quelque chose de nouveau. Un mouvement « social » est en train de naître et ce mouvement vient du peuple, des humbles et des esclaves. On parle donc de liberté, de fraternité et d’égalité. C’est intolérable pour la noblesse romaine, comme ça l’est toujours pour les classes dominantes partout dans le monde. Les familles riches et nobles qui tiennent les rênes du pouvoir sous toutes ses formes depuis huit siècles ne peuvent pas le supporter. Elles réagissent donc.

Les persécutions commencent : vers l’an 67, sous Néron, se sont Simon et Saül (Paul). Au tout début du IVe siècle plusieurs généraux romains sont élus empereurs par leurs troupes. Ils entrent en lutte et un peu après l’an 300 il n’en reste que deux : Maxence et Constantin. Ce dernier dont la mère, Hélène, est chrétienne, cherche l’appui des chrétiens. Il sort victorieux et il fait de Milan sa capitale ; nous sommes en 313 : fin de la première période.

De l’an 67 à 313 32 évêques se sont succédés à Rome : de Simon (Pierre) à Melchiade. Début janvier 314 Melchiade décède. 21 jours après (soit le 31) un pape est acclamé par la foule romaine. Je dis bien acclamé car il est élu par acclamations. En fait, devant la crainte de la montée de cette nouvelle religion prêchant l’amour fraternel et l’égalité la noblesse a réuni la plèbe et ses esclaves. Cette foule immense se dirige vers Latran et au commandement elle pousse ses exclamations. Le premier pape est élu il s’agit de Sylvestre 1er dit Saint Sylvestre le Grand. Avant lui tous les évêques de Rome étaient des humbles. A partir de lui il s’agira de nobles issus de cette noblesse romaine et possédant des esclaves. Pendant longtemps également ils ne seront même pas prêtres.

L’aristocratie romaine une fois mobilisée des évêques sont nommés par ce pape et vont aller coloniser l’empire aux côtés des vrais évêques chrétiens. La doctrine chrétienne est donc épluchée. Des évangiles sont rejetés (ce qui a faillit être le cas de l’évangile de Jean) : ils deviendront les évangiles apocryphes après les conciles d’Hippone en 393 et de Carthage en 397. D’autre part pour mettre en harmonie la religion chrétienne et la religion romaine Mercure qui est fils de Jupiter et son messager devient Jésus fils du père. Le fils sera consubstantiel au père. L’esprit saint sera commun aux deux. Donc nous aurons ce qui est la vérité catholique d’aujourd’hui : un dieu créateur en trois personnes : le père, le fils et le saint esprit. Les trois étant entièrement Dieu et les trois n’en formant qu’un : la sainte trinité : comprenne qui pourra !

à suivre : ICI

4 commentaires pour Le Catharisme en Occitanie -1-

  • avatar monique Fonvillars

    Bonjour

    Merci pour ce récit sur les Cathares, encore plus interessant lorsqu’on a parmi ses ascendants des « Vaudois » nom donné aux Albigeois dans la région Toulousaine, à suivre vite….

    Amicalement

    MoniqueF.

  • avatar VIGNERON Daniel

    Passionnant ! J’attends la suite !
    Amitiés
    Daniel

  • Au sujet du royaume de France de ce XIIe siècle, divisé entre les territoires de langue d’Oïl, au Nord, et territoires de langue d’Oc, au Sud, il est intéressant de remarquer le fait que la culture, l’instruction, le savoir sont, au Nord, le privilège des seuls clercs de ladite Église catholique et romaine alors que le raffinement culturel tenant au savoir intellectuel de ce temps, est partagé par un plus vaste ensemble social au Sud, les troubadours parcourant les fiefs de l’Occitanie, n’étant pas étrangers à cette situation particulière.
    A noter également qu’au cours du Moyen-Âge, tout ce que l’on apprend appartenant à la culture antique et des textes des philosophes grecs, nous arrive par l’Ibérie et la Méditerranée, porté par les plus éminents penseurs des territoires arabes et les sages de l’Islam, à travers les conquêtes successives se déroulant entre Orient et Occident.

    Merci Gérard, pour ce premier volet d’une « Aventure humaine » qui mérite d’être considérée pour ce qu’elle comporte de dignité et d’absolu dans sa foi chrétienne.

  • avatar LEGER Marie-Françoise

    Bonjour,

    Cela commence très bien et donne envie de lire la suite très rapidement surtout lorsque des ancêtres ont participé aux croisades contre les Albigeois… mais est-ce que nous pouvons croire au recoupement fait si loin : l’an 1200 ?

    C’est une contrée magique à découvrir !

    Sincèrement.

    Marie-Françoise LEGER

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