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"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a 100 ans…

  • Chronique du XXe siècle – Édition Larousse.

Septembre 1921

  • 1er. Début de la visite de Charlie Chaplin en Europe.
  • 6. Cyclisme : le Belge Mottiat remporte la course Paris-Brest Paris (1 193 km) en 55 h 7 mn.
  • 9. Le Norvégien F. Nansen fait un rapport à la Société des Nations sur la Russie soviétique.
  • 18. Arrivée de Charlie Chaplin à Paris.
  • 19. Maroc Abd El Krim proclame l’indépendance de la république du Rif.
  • 19. Berlin inauguration de la boucle giratoire «Avus»
  • 19. Arrivée des acteurs de cinéma américains Douglas Fairbanks et Mary Pickford à Paris.
  • 21. Allemagne : explosion dans l’usine d’azote BASF près de Ludwingshafen : plus de 500 morts et 1 500 blessés.
  • 24. Allemagne : première course automobile au circuit « Avus» de Berlin. C’est l’Allemand Fritz von Opel qui remporte la course à une vitesse moyenne de 130,4 km/h .
  • 25. Première du film de Charlie Chaplin, «Charlot et le Masque de fer».
  • 25. Paris: incendie des magasins du Printemps, sur le boulevard Haussmann.
  • 26. Edvard Benes devient président du Conseil tchécoslovaque.
  • 29. Allemagne : déstabilisation du mark à la Bourse : le dollar vaut 127 marks.
  • 30. Levée des sanctions économiques françaises contre l’Allemagne.

NAISSANCES

  • 11. Michel Jobert, homme politique français.
  • 12. Stanislas Lem, écrivain polonais.

DÉCÈS

  • Oskar Panizza, dramaturge allemand (12.11.1853).

2 décembre 1851 Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte

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En 1851, le neveu de Napoléon le Grand choisit le 2 décembre, anniversaire du sacre de son oncle et de la bataille d’Austerlitz, pour conduire le coup d’État qui lui permettra de passer du statut de prince-président à celui d’Empereur des Français.

Il prend acte de l’échec flagrant de la IIe République, qui a trahi ses idéaux en massacrant le peuple. Elle était de toute façon vouée à disparaître et beaucoup de ses représentants songeaient à une restauration monarchique. Ils ont été pris de vitesse par le président de la République, futur Napoléon III.

Un aventurier peu ordinaire

C’est un destin hors du commun que celui de Louis-Napoléon Bonaparte, fils de Louis Bonaparte et de Hortense de Beauharnais. Né en 1808 et exilé à la chute de Napoléon 1er, il devient le candidat des bonapartistes après la mort de « l’Aiglon » (le fils de Napoléon) ainsi que de ses frères et de ses oncles.

Profitant du regain de ferveur bonapartiste provoqué par le retour des cendres de l’Empereur, il tente avec son ami Persigny, un aventurier comme lui, de prendre le pouvoir par la force en 1840. Cela lui vaut d’être condamné à la prison à vie au fort de Ham. Il s’en échappe six ans plus tard en empruntant la tenue d’un ouvrier du nom de Badinguet (d’où l’un des surnoms du futur empereur). Réfugié en Angleterre, le fringant conspirateur séduit une demi-mondaine, miss Howard, qui met sa fortune à sa disposition.

Président par la grâce du suffrage universel

Survient la IIe République. Empêché de revenir en France, Louis-Napoléon Bonaparte n’en est pas moins élu député dans plusieurs départements et le 10 décembre 1848, le suffrage universel fait de lui le premier président de la République française !

Face à lui, le principal candidat républicain, le général Cavaignac, est discrédité par sa brutale répression des émeutes ouvrières de juin 1848. Adolphe Thiers, chef des royalistes, convainc ses collègues de soutenir Louis-Napoléon : « C’est un crétin que l’on mènera », leur répète-t-il !

Mais le Prince-Président se pose habilement en protecteur des faibles et en défenseur du suffrage universel contre l’Assemblée nationale, dominée par le « parti de l’Ordre », victorieux aux élections de mai 1849.

C’est un rassemblement hétéroclite de cinq cents députés royalistes (légitimistes et orléanistes) et catholiques, unis dans la peur de la révolution ouvrière. Face à eux seulement 70 républicains modérés et 180 « montagnards »).

Habilement, Louis-Napoléon les laisse se déconsidérer en allant au secours du pape Pie IX, dont le pouvoir temporel est contesté par les républicains. Le 2 juillet 1849, aux portes de Rome, le général Oudinot défait ainsi les troupes de Garibaldi.

Puis l’Assemblée vote le 15 mars 1850 la loi Falloux qui ouvre l’enseignement aux congrégations religieuses.  Elle limite aussi la liberté de la presse par les lois du 27 juillet 1849 et du 10 juillet 1850. Elle restreint le suffrage universel le 31 mai 1850. Elle ordonne la déportation en Algérie des insurgés de Juin-1848.

« Vive l’Empereur ! »

Autant de mesures impopulaires qui renforcent par effet de contraste l’image sociale du Prince-Président. Habilement, du 8 août au 12 novembre 1850, il accomplit des tournées triomphales dans le pays, se présentant tantôt comme le défenseur des ouvriers, tantôt comme celui de la religion et de la propriété. Il parle également aux militaires de gloire et de liberté, ce qui lui vaut d’être salué le 10 octobre aux cris de « Vive l’Empereur ! », lors d’une revue militaire au camp de Satory.

Fort de sa popularité, il se verrait bien à la tête du pays pour de longues années. Mais la Constitution de la IIe République, par une disposition très maladroite, interdit au président en exercice de solliciter un deuxième mandat. Il se prépare donc à d’autres éventualités.

Prédictions liées à la « résurrection » du grand Empereur au milieu du XIXe siècle : L'empereur Napoléon III. Détail d'une peinture de Franz Winterhalter

En 1850, dans une France en proie à de vifs troubles politiques, un chroniqueur de l’Almanach pittoresque, comique et prophétique entreprend de démontrer, calculs rudimentaires à l’appui, que Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la République, jouera en 1852 un rôle déterminant pour notre pays. Cette année-là correspondra à l’avènement du Second Empire.

Cette idée que Napoléon doit un jour reprendre son épée et sauver encore la France est restée profondément empreinte dans l’esprit de ceux surtout qui furent ses contemporains, poursuit l’Almanach. N’y aurait-il pas dans ce penchant surnaturel quelque chose de prophétique ? Quand ce Rédempteur doit-il revenir ? Quand doit-il réapparaître ceignant l’épée, comme l’annoncent toutes les prophéties, pour consolider son œuvre ?

Un calcul bien simple a déjà été fait ; mais il n’a point été compris. Exposons-le ici afin d’initier le lecteur à son mystère. Napoléon est né en 1769. Ajoutons à ce nombre la somme des chiffres le composant, soit 1769 + 1 + 7 + 6 + 9, ce qui donne 1792.

Or 1792 fut l’année où le grand capitaine se révéla au siège de Toulon, à l’armée d’Italie. Ajoutez cette année à elle-même, de la même façon que précédemment, soit 1792 + 1 + 7 + 9 + 2, ce qui donne 1811.

1811 fut l’année de sa plus haute fortune ; il avait par ses conquêtes jeté dans le monde la semence de la civilisation, précise l’Almanach pittoresque. Ajoutez cette année à elle-même : 1811 + 1 + 8 + 1 + 1, soit 1822

C’est à partir de 1822 que nos populations entières, croyant à peine à sa mort, répétèrent cet écho prophétique : Il reviendra. La peur de l’invasion et l’esprit national aidant, on attache au nom de Napoléon l’espérance de la liberté.

Additionnez cette date avec elle-même, 1822 + 1 + 8 + 2 + 2, ce qui donne 1835.

Or 1835 est l’année où les membres de la famille de Napoléon se remuent ; Louis-Napoléon, qui semble avoir le pressentiment d’une haute destinée, tente dès lors de rompre les chaînes de son exil.

Si vous additionnez maintenant 1835 avec lui-même, vous obtenez 1835 + 1 + 8 + 3 + 5, c’est-à-dire 1852.

Vous trouvez donc pour chiffre de la sixième période 1852. En ce temps de désordre et d’anarchie, poursuit l’Almanach pittoresque, une idée consolante s’attache pour nous à ce chiffre. Nous avons trop de confiance en les destinées de notre patrie pour croire que nous sommes à la veille d’une grande calamité. Non ! s’exclame ensuite l’auteur de cette curieuse prédiction, l’année 1852, qui revient la sixième en additionnant par elle-même la date de la naissance de Napoléon, doit être la fin de l’angoisse universelle.

C’est la date inévitable de la résurrection du grand empereur, le règne venu de ses idées : Unité, Civilisation, Puissance. Peut-être, celui qui a hérité de son nom, qui porte en lui les signes de sa grandeur, dégagé enfin des langes qui l’enveloppent, de toutes les intrigues qui lui lient les bras, sera-t-il porté par la voix populaire, la voix immense du peuple entier, à la souveraine puissance, reprenant l’œuvre du grand empereur ressuscité en lui. C’est un pressentiment, conclut le chroniqueur de l’Almanach pittoresque.

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