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"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a 100 ans…

Mars 1921

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chronique du XXe siècle – Édition Larousse

18 novembre 1504 : Anne de Bretagne est couronnée Reine de France à la basilique de St-Denis, pour la seconde fois

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La défaite du 28 juillet 1488, infligée aux Bretons par Louis de La Trémoille, à la tête de l’armée française d’invasion, sonne le glas de l’indépendance bretonne. Par le traité signé au château du Verger, près d’Angers le 19 août, le duc François II s’engage, notamment, à ne pas marier ses filles (Anne et Isabeau) « sans l’avis et le consentement du Roi de France». François II meurt le 9 septembre 1488. Sa fille Anne, âgée de 12 ans, lui succède le 14 octobre avec le titre de duchesse de Bretagne.

Illustration.

Après le projet avorté, car contraire au traité du Verger, d’un mariage avec Maximilien d’Autriche, Anne épouse, le Roi de France Charles VIII. Le 2 décembre 1491. Le contrat de mariage stipule qu’ils se font réciproquement cession et donation de leurs droits sur la Bretagne ;  que si Anne meure la première, le Roi de France devient automatiquement duc de Bretagne et la Bretagne est alors unie à la France. Si le Roi, meurt le premier, Anne reste duchesse de Bretagne, mais son fils aîné hérite du duché de Bretagne. Et s’il n’a pas de fils, au moment du décès de Charles VIII, la reine ne peut se remarier qu’avec le Roi suivant. Aucune mention n’est faite ni des enfants ni des privilèges de la Bretagne. Le 8 février 1492, a lieu, à Saint-Denis, le sacre et couronnement de la duchesse et reine. Des quatre enfants qu’ils auront, aucun ne survivra. Charles VIII, quant à lui, meurt le 7 avril 1498.

Pour assurer la paix de sa nation, Anne se lie avec le Roi Louis XII, le 8 janvier 1499, mais cette fois à Nantes, où résidait la cour des ducs, dans la chapelle du château ducal. Le contrat de mariage entre Louis XII et Anne de Bretagne ne constitue pas l’union de la Bretagne à la France, mais plus réellement une alliance entre deux pays, la Bretagne n’étant liée à la France que par un hommage simple et non pas un hommage lige. D’ailleurs, dans ce contrat, Louis XII reconnaît et garantit solennellement à la Bretagne le maintien de tous ses privilèges. Il est prévu pour l’avenir qu’à défaut d’héritier mâle, les droits se reportent sur le deuxième enfant à naître. En effet, la Bretagne n’applique pas la loi salique, et une fille y succède avec les mêmes droits qu’un héritier mâle.

Ce rappel historique est important, car il explique la révolte des Bonnets Rouges sous Louis XIV ; il explique pourquoi aujourd’hui les autoroutes payantes  s’arrêtent aux portes de la Bretagne.

C’est sous François Ier que s’effectue l’union véritable de la Bretagne à la France. En effet, du mariage de Louis XII et d’Anne de Bretagne, naissent deux filles, Claude Renée. Après bien des péripéties, la reine Anne doit consentir au mariage de Claude avec François, duc d’Angoulême et héritier du trône de France, mariage célébré le 18 mai 1514. C’est dès cette année-là que le duc d’Angoulême montre sa volonté d’unir définitivement la Bretagne à la France.

Le 27 octobre 1514, Louis XII concède l’administration du duché breton, lequel appartient à sa fille Claude, à François d’Angoulême. Toutefois, il préserve les droits de sa seconde fille, Renée de France. Le 18 novembre 1514, François obtient d’être déclaré duc de Bretagne. Les événements se précipitent quand Louis XII meurt le 1er janvier 1515, laissant le trône au duc d’Angoulême, qui devient alors François Ier.

Le 22 avril 1515, le nouveau Roi obtient de sa femme le don du duché de Bretagne en usufruit, et le 28 juin 1515, pour éviter dit-il, « que le duché ne tombe aux mains de prince ou seigneur étranger » il se voit attribuer le duché à perpétuité. Le 6 août 1532, un traité a été conclu au parlement de Bretagne : la Bretagne est unie et jointe à perpétuité à la France. Il ne doit plus y avoir de guerres, de désunions ou d’inimitié entre les deux pays. François, le Dauphin de France est fait duc et prince de Bretagne, à Rennes le 13 août 1532 par Yves Mahyeuc, mais il ne gouvernera jamais le duché le Roi François 1er en ayant l’usufruit jusqu’à sa mort. A sa mort,  c’est son frère, le futur Henri II, qui reçoit le titre de duc de Bretagne.

Mais la Bretagne entend cependant conserver ses droits et ses libertés. A la demande des états, le Roi, par l’édit du Plessis-Massé promulgué au mois de septembre 1532, accorde à la Bretagne le maintien de ses privilèges concernant quatre domaines particuliers :

  • concernant les finances, le Roi promet que, comme au temps des ducs, aucun impôt ne pourra être perçu en Bretagne sans le consentement des états. Il ajoute que l’attribution du produit de certains impôts sera réservée exclusivement à la Bretagne ;
  • sur le plan militaire, les Bretons auront le droit de ne pas faire de service militaire hors de Bretagne ;
  • la justice, quant à elle, sera « entretenue en la forme et la manière accoutumée », et les Bretons ne pourront être « tirés hors » pour être jugés par d’autres tribunaux que ceux de la province ;
  • enfin dans le domaine religieux le Roi assure de ne nommer aux bénéfices ecclésiastiques de la province que des Bretons, exception faite des personnes distinguées de sa cour. Nul changement ne pourra être apporté dans la législation, les institutions, les coutumes, sans le consentement des états de Bretagne, le Roi s’y engage personnellement.

Cette union ne provoque pas de grands bouleversements économiques. En effet, bien avant le traité, la Bretagne est déjà un pays riche. Le XVe siècle constitue l’âge d’or de la Bretagne, qui est alors le pays le plus riche d’Europe. En matière de commerce, les nombreux ports attirent depuis des siècles marins et trafiquants de tous les horizons. La Bretagne entretient aussi un important trafic commercial avec la Hanse et la Galice. Elle y a des comptoirs florissants, exporte ses toiles et le fameux sel de Guérande.

Il n’y a pas non plus de conséquences sociales particulières, l’art, la langue et les mœurs ont déjà traversé les frontières. Il n’y a donc pas de réels bouleversements économiques et sociaux suite au traité de 1532. Et la France ne veut quant à elle s’unir à la Bretagne que pour des raisons politiques. Convoitée par de nombreux pays, en particulier la toute proche Angleterre, la Bretagne est unie à la France dans le seul but d’agrandir le territoire et d’éviter qu’elle ne tombe aux mains d’autrui.

En 1790, sous la Révolution, le traité qui unit la Bretagne à la France est annulé, dans son fond et dans sa forme, par le nivellement des provinces. Les états de Bretagne supprimés, les députés renoncent, sans pourtant en être habilités, à ce traité. Comme toutes les provinces de France, la Bretagne est divisée en départements : le Finistère et le Morbihan, les Côtes-du-Nord (actuelles Côtes-d’Armor), l’Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique.

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