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"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a 100 ans…

  • Chronique du XXe siècle – Édition Larousse.

Avril 1921

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14 novembre 1831 : Louis-Philippe est croqué sous forme de poire par Charles Philipon

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Charles Philipon, né le 19 avril 1800 à Lyon, et mort le 26 janvier 1862 à Paris, est un dessinateur, lithographe et journaliste français, fondateur de la maison d’édition Aubert, directeur de La Caricature et du Charivari.

Après la révolution de Juillet 1830, Philipon fait paraître, le 4 novembre de cette même année, un hebdomadaire illustré sous le titre La Caricature morale, religieuse, littéraire et scénique. Vendu uniquement par abonnement, cet hebdomadaire d’images qui, après avoir d’abord été un recueil enjoué se moquant plaisamment des vices et des ridicules du moment, devint un véritable pamphlet contre les hommes au pouvoir.

À l’automne 1830, Philipon, à l’instar des partisans de la révolution de Juillet, attend beaucoup du nouveau régime. Les premiers numéros de La Caricature sont exempts de charges politiques. « Tout d’abord, les dessins se tinrent en dehors de la politique, se bornant à représenter des scènes populaires ou familières, s’attaquant accidentellement aux hommes et aux choses jetés bas par l’héroïque révolution de Juillet ». Rédacteur en chef et ami de Philipon, Balzac y contribua abondamment dans cette période, signant ses articles sous divers pseudonymes, comme c’était souvent le cas. On note la persistance d’un anticléricalisme déjà présent dans La Silhouette et qui se manifeste dans les textes comme dans les illustrations.

Fin décembre 1830 début 1831, le ton change. En janvier, une lithographie de Decamps, La liberté au poteau (La Caricature, 27 janvier 1831), en donne le signal. Attachée au « poteau d’infamie », Françoise Liberté, « née à Paris en 1790 », est condamnée « par arrêt de la cour prévôtale » […] « pour crime de révolte dans les journées des 27, 28, 29 juillet 1830 ».

À partir de ce moment, la caricature se fait de plus en plus politique et la satire s’étend progressivement à l’ensemble des rubriques. Elle n’hésite plus à s’en prendre au roi et à ses ministres.

Le « coup de théâtre » survient à l’audience du 14 novembre 1831 lorsque face aux juges, Philipon, persuadé d’être condamné, joue son va-tout et démontre dans une argumentation adroite que « tout peut ressembler au roi », et qu’il ne peut être tenu pour responsable de cette ressemblance. Et d’illustrer sa défense par la métamorphose de son portrait en poire. Ce sont les fameuses « croquades faites à l’audience du 14 novembre 1831 », reprises un peu plus tard à la demande de Philipon par Honoré Daumier qui ajoutera une quatrième figure, formant le dessin Les Poires. Le succès est immense : « Ce que j’avais prévu arriva. Le peuple saisi par une image moqueuse, une image simple de conception et très simple de forme, se mit à imiter cette image partout où il trouva le moyen de charbonner, barbouiller, de gratter une poire. Les poires couvrirent bientôt toutes les murailles de Paris et se répandirent sur tous les pans de murs de France ». Plus largement, l’événement constituait un hommage à l’art de la caricature qui transforme sa cible pour en révéler les traits essentiels.

Louis-Philippe en poire. Croquades faites à l'audience du 14 novembre 1831 par Charles Philipon

Au-delà de la personne du roi, la « poire » symbolisait le régime et ses affidés. Elle fut reprise abondamment par les artistes travaillant avec Philipon, qualifié de « Juvénal de la caricature », parmi lesquels Daumier (Une énorme poire pendue par les hommes du peuple), Grandville (La naissance du Juste-Milieu), Traviès (M. Mahieux poiricide), Bouquet (la Poire et ses pépins). Un sommet sera atteint lorsque Philipon publiera le Projet du monument expia-poire à élever sur la place de la Révolution, précisément à la place où fut guillotiné Louis XVI (La Caricature, 7 juin 1832). Il sera taxé d’incitation au régicide.

Les Poires de Philipon. Dessin d'Honoré Daumier d'après les Croquades de Philipon, paru dans le numéro du 17 janvier 1834 du Charivari

1 commentaire pour 14 novembre 1831 : Louis-Philippe est croqué sous forme de poire par Charles Philipon

  • Comment ne pas juxtaposer ces croquis satiriques historiques avec les polémiques et, hélas, drames du moment à propos des dessins de Charlie Hebdo… Ce serait intéressant et pédagogique de montrer que la liberté d’expression dans ses formes illustrées et satiriques n’est pas chose nouvelle. Voilà bien un bel exemple de cette liberté qui, ici, ne met pas en cause un prophète mais un roi, dessins que l’on pourrait montrer aux élèves de collège et lycée sans toujours cibler religions, religieux et prophètes, sans pour autant, les prendre pour des poires …

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