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"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a 100 ans…

  • Chronique du XXe siècle – Édition Larousse.

Juillet 1921

  • 1er. Chine fondation du parti communiste. Chen Tu-Hsiu est élu président; Mao Tse Toung figure parmi les fondateurs.
  • 1. Grande-Bretagne: fin de la grève des mineurs.
  • 2. New Jersey championnat du monde de boxe poids lourds: Dempsey bat Carpen tier.
  • 4. Italie: constitution du cabinet Bonomi.
    10. La Mongolie extérieure déclare son indépendance et forme un gouvernement provisoire populaire.
  • 11. Arrêt des hostilités en Irlande pour la préparation des négociations de paix.
  • 12. Lille: scission au congrès de la CGT: les minoritaires (pro-communistes) parlent de fonder un autre syndicat.
  • 15. France réorganisation des écoles maternelles.
  • 18. Vaccination du premier enfant par le BCG (Calmette Guérin).
  • 21. Le Français Durafour se pose avec son avion à 4 340 m d’altitude.
  • 23. Défaite des troupes espagnoles au Maroc espagnol dans la lutte contre Abd El Krim.
  • 24. Tour de France : le Belge Scieur gagne devant Heusghem, en 221 h 48 mn.
  • 26. Grand Prix automobile du Mans la course est gagnée par l’Américain Jim Murphey.
  • 27. Découverte de l’insuline, principale hormone du pancréas.
  • 29. Allemagne : Adolf Hitler devient président du NSDAP.
  • 31. Belgique: une loi linguistique sépare les provinces francophones des provinces fla mandes. →
    NAISSANCES
    4. Tibor Varga, violoniste hongrois.
    18. James Couttet, skieur français.

2 octobre 1369 Du Guesclin reçoit l'épée de connétable

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Le 2 octobre 1369, dans sa résidence de l’hôtel Saint-Pol, dans le quartier parisien du Marais, le roi Charles V le Sage octroie à Bertrand Du Guesclin le titre de connétable en reconnaissance des services rendus.

Le titre de connétable correspond au Moyen Âge aux fonctions modernes de chef d’état-major. Le mot vient du latin comes stabuli, qui désigne le comte de l’étable (aussi appelé grand écuyer).

Du Guesclin reçoit l'épée de connétable des mains de Charles V (miniature, bibliothèque Sainte-Geneviève)

Mercenaire et Breton

Né un demi-siècle plus tôt au château de La Motte-Broons, près de Dinan, dans le duché de Bretagne alors indépendant, Bertrand Du Guesclin se signale très tôt par son caractère combatif (et sa laideur). Il fait ses premières armes dans la guerre de la Succession de Bretagne, aux côtés de Charles de Blois, le candidat du roi de France.

Dès 1350, sans attendre la fin du conflit, il entre au service du roi de France Jean II le Bon. Mais c’est surtout au service de son fils Charles V qu’il va déployer toute son énergie. C’est ainsi qu’en 1364, il bat à Cocherel les troupes du roi de Navarre Charles le Mauvais.

Là-dessus, toujours en quête d’aventure, il revient en Bretagne, au secours de Charles de Blois. Mais il se fait battre et même capturer à Auray par les Anglais du Prince Noir, alliés du camp rival, le 29 septembre 1364. La bataille, qui voit aussi la mort de Charles de Blois, met fin à la guerre bretonne.

La bataille d'Auray, 29 septembre 1364 (miniature de Jean Cuvilier, Chanson de Bertrand du Guesclin, vers 1380, Bristish Library)

Aventures castillanes

Charles V fait libérer Du Guesclin contre 100 000 livres, l’équivalent de 40 000 florins, et lui demande en retour de libérer le royaume des Grandes Compagnies. Il s’agit de bandes de mercenaires qui, depuis la paix de Brétigny (mai 1360) et la fin des hostilités avec les Anglais, mettent les campagnes au pillage faute d’être employés à la guerre.

Du Guesclin leur trouve une occupation en les emmenant de l’autre côté des Pyrénées où, là comme en Bretagne, se déroule une guerre entre prétendants à la couronne de Castille.

Les Français apportent leur concours à Henri de Trastamare contre Pierre 1er le Cruel. Mais celui-ci appelle à son secours les vieux adversaires de Du Guesclin : le capitaine anglais Chandos et le Prince Noir, fils du roi Édouard III ! Le premier choc est fatal à Du Guesclin. À Navarette, en 1367, il est capturé par le Prince Noir. Le Breton, par orgueil, fixe lui-même le montant de sa rançon au niveau qui sied à sa valeur. C’est ainsi que le roi Charles V le fait à nouveau libérer, cette fois en échange de 60 000 florins.

Peu après, Du Guesclin prend sa revanche sur Pierre le Cruel et l’oblige à se réfugier dans la forteresse de Montiel. Capturé, Pierre 1er est tué par Henri de Trastamare. Fin de l’épisode castillan.

Connétable et Français (ou presque)

De retour à Paris, le mercenaire reçoit donc du roi le titre de connétable malgré les réticences des courtisans et des princes qui supportent mal le rude caractère du Breton.

En l’honorant ainsi, le roi veut s’attacher son concours pour chasser les Anglais des dernières provinces qui leur restent sur le Continent et en finir avec une guerre qui n’a que trop duré (on ne l’appelle pas encore guerre de Cent Ans).

Le chevalier breton, célèbre pour sa laideur tout autant que sa vigueur et son talent de stratège, accepte l’honneur qui lui est fait par le Conseil du roi et va s’en acquitter avec succès pendant les dix années qui lui restent à vivre.

Dur à la tâche, il évite les batailles rangées et fait méthodiquement le siège des places fortes que possèdent encore les Anglais sur le Continent, en faisant usage de l’artillerie naissante. Pas moins de 32 bouches à feu sont mises en batterie en 1374 devant le château de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Il ne rechigne pas à la ruse. Ainsi lui arrive-t-il de s’emparer d’un château avec des soldats déguisés en bûcherons.

À la fin, Du Guesclin chasse les Anglais de Normandie, de Guyenne, de Saintonge et du Poitou. Il fait également la chasse aux routiers qui sèment la désolation. Il meurt de maladie à 60 ans, le 13 juillet 1380, en assiégeant un de leurs repaires, à Châteauneuf-de-Randon, en Gévaudan. Le gouverneur de la place se rend et vient solennellement déposer les clés de la forteresse sur le cercueil du héros !

Bertrand du Guesclin, en hommage aux services rendus, est inhumé dans la nécropole royale de Saint-Denis. Le roi le suit de peu dans la mort, le 16 septembre 1380.

 
 

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