octobre 2020
L M M J V S D
« Sep    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  
"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a 100 ans…

Juin 1920

  • 1er. Espagne : création du parti communiste (PCE).
  • 4. France : premiers débats sur l’Alsace-Lorraine à la Chambre des députés.
  • 4. Traité de Trianon : signature du traité de paix entre les Alliés et la Hongrie.
  • 4. Tunisie : fondation du Destour. parti nationaliste.
  • 4. France : un Farman Goliath bat le record du monde de durée de vol en volant 24 h.13′. l6″.
  • 5. Reprise des relations diplomatiques entre la Belgique et le Luxembourg.
  • 10. Italie : chute du cabinet Nitti.
  • 12. Les Russes reprennent Kiev aux troupes polonaises.
  • 12. Paris : première des « Mille et Une Nuits » mise en scène de Firmin Gémier.
  • 13. Genève : congres international des féministes.
  • 15. Les nouvelles frontières entre le Danemark et l’Allemagne sont fixées. Le Danemark se voit reconnaître le droit de souveraineté sur le Schlesvig du Nord.
  • 15. Italie : constitution du cabinet Giolitti.
  • 21. Boulogne : session du Conseil supérieur des Alliés sur les réparations de guerre.
  • 22. La Grèce lance avec succès une offensive contre les Turcs en Asie Mineure.

NAISSANCES

  • 7. Georges Marchais, homme politique français.
  • 11. AIbin Chalandon. homme politique français.
  • 27. Jean-Jacques Nathan, éditeur français.

DÉCÈS

  • 14. Gabrielle Réju, dite Réjane, actrice française (*6.6.1856).
  • 14. Max Weber. Sociologue et philosophe allemand (*21.4.1864).

Source :  Chronique du XXe siècle – Édition Larousse

19 septembre 1370

J'aime et je partage...

Poitiers 1356, le roi de France, Jean II le bon est fait prisonnier par les anglais.

Jean II n’avait qu’une idée en tête : être libéré afin de reprendre les rênes du pouvoir qu’il avait laissés à son fils Charles dont il était extrêmement jaloux.

Édouard III le roi d’Angleterre fixa le montant de sa rançon. 4 millions d’écus d’or. Mais les caisses de la France sont vides. Le roi d’Angleterre, ne voyant pas arrivé la totalité de sa rançon, exigea des contreparties : le fâcheux et malheureux traité de Brétigny de 1360. Égoïste par nature et pensant qu’à sa libération, il troqua des provinces françaises contre le reste de la rançon. Le Poitou, le Saintonge, l’Armagnac, la Gascogne, le Limousin et bien d’autres changèrent, par obligation, de roi.

http://radiovassiviere.com/wp-content/uploads/2018/12/Capture-d%E2%80%99e%CC%81cran-2018-12-09-a%CC%80-16.16.05-300x145.png

Au Moyen Âge, la ville de Limoges était clairement séparée en deux parties, la cité (en occitan La Citat) et le château (Lo Chatèu). Autour de la cité fut construite une nouvelle enceinte qui atteignait la Vienne, pour protéger l’accès au pont Saint-Étienne construit par l’évêque. la construction de cette nouvelle enceinte serait l’une des causes de la réussite du sac et donc de l’échec de la protection de la ville. Lors de sa conception, les décideurs n’auraient pas tenu compte des crues puissantes du fleuve favorisées par les orages violents.

La tour de l’enceinte, la tour Alérésia, ne fut pas minée par les Anglo-Aquitains, qui n’en avaient pas les moyens techniques (en raison de la masse trop importante à détruire) mais effondrée par la crue avant l’attaque ennemie. Charles V s’attendait à des représailles et n’aurait pas laissé cette ville stratégique sans défense face aux Anglais. Ce concours de circonstances explique la facilité avec laquelle la cité fut prise.

Comme tout le Limousin, la cité de Limoges fut incluse dans la principauté d’Aquitaine créée en 1362 pour le Prince noir (surnom donné au XVIe siècle à Édouard de Woodstock, prince d’Aquitaine (1362-1372) et de Galles) par son père, le roi d’Angleterre Édouard III.

Description de cette image, également commentée ci-après

Johan de Cros, évêque de Limoges, réputé comme étant un des proches du Prince noir, fut contacté par les émissaires du roi de France, Charles V. Le 23 août 1370, il ouvrit les portes de la cité aux troupes françaises, commandées par Jean de Berry, déclenchant la colère d’Édouard de Woodstock, qui se trouvait alors à Angoulême.

Limoges est la capitale du Limousin.

Elle est ancrée dans le domaine du royaume de France depuis Pépin le Bref. Ses habitants sont profondément français. Contraints et forcés, ils sont passés sous la domination anglaise. Charles V en 1369 relance la guerre de cent ans en vue de reprendre aux anglais tous les territoires perdus par son père. Un enthousiasme nationaliste renaît à Limoges qu’ils paieront très cher.

Suivant les ordres de Charles V, son frère Jean duc de Berry, à la tête de son armée, avance vers les anglais par le Limousin. Le 11 août 1370, en compagnie du maréchal de France, Louis de sancerre, il part de Bourges en direction de Limoges.

Le 21 août 1370, Jean de Berry arrive sans avoir batailler devant les portes de Limoges. En effet, en chemin, il avait traité la reddition de la ville avec l’évêque de Limoges, Jean de Cros. Les habitants de la ville, s’étant rebellés contre le Prince de Galles, demandaient la protection de Charles V. Les villageois et les bourgeois demandaient aussi de conserver leurs privilèges, d’être exemptés d’impôts pendant dix ans et enfin l’octroi de certaines franchises particulières comme la création de deux foires annuelles et d’un marché hebdomadaire. Toutes leurs demandes furent acceptées par le duc.

Il entre, donc, sans combattre dans la ville et est acclamé par la population aux cris répétés de : « Montjoie ! saint Denis ! ». La bannière des rois de France flotte à l’entrée de la ville. Il est accueilli par l’évêque de Limoges, les consuls et trois chanoines.

Mais il ne reste à Limoges que la journée du 24 août car l’expédition vers le sud continue. Il ne laisse sur place qu’une faible garnison soit cent lances. Ils sont commandés par Jean de Villemur, un toulousain, Hugues de la Roche et Roger de Beaufort. Hugues de la Roche est le beau-frère de Pierre Roger de Beaufort futur pape Grégoire XI. Ce passage éclair de Jean de Berry abandonne l’évêque de Limoges et la population, sans moyen de défense efficace, à la vengeance du Prince de Galles.

A Angoulême, il est mis au courant que Limoges a ouvert ses portes aux français sans combattre. Il est fortement courroucé. Il rend responsable de trahison Jean de Cros, l’évêque de la ville. « Je jure de faire payer chèrement cette trahison » Voyant que toutes les villes de Guyenne tombent une à une dans le royaume de France, il décide de faire un exemple pour apeurer et ramener les autres places fortes dans son giron.

Le Prince de Galles rejoint Cognac début août 1370 où l’attendent des renforts venus de Bretagne. Cette armée est composée de 1200 armures, 1000 archers et 3000 hommes de pied. Sont présents ses deux frères, le duc de Lancastre et le duc de Cambridge, son beau-frère le comte de Pembrocke et l’élite de ses chevaliers. Afin de ne pas attirer l’attention de Du Guesclin qui guerroie entre Brantôme et Saint- Yrieix, l’armée anglaise franchit la Vienne à Chabanais non loin de Rochechouard et arrive à Limoges par les plateaux ouest de la ville.

L’évêque voit sur la hauteur arriver l’armée anglaise. Soudainement il s’aperçoit que la ville est en péril. Il cherche à joindre le duc Jean. Il envoie un écuyer avec son courrier. Ce dernier rencontre le duc à Felletin près d’Aubusson. Il lui remet le courrier qui est un appel au secours. Mais le duc est trop loin pour rebrousser chemin. Il arrivera sûrement trop tard.

Machiavélique, le Prince Noir, il bloque la ville pendant un mois sans l’assiéger. Pendant tout ce temps les mineurs préparent la destruction d’un rempart très épais. Il donne l’ordre d’allumer les mèches. C’est l’explosion. Elle entraîne la chute d’un large pan de mur dans lequel s’engouffrent les soldats. Nous sommes le 19 septembre 1370.

Ils commencent leur massacre. Les cent lances du duc de Berry tombent les premières puis hommes, femmes et enfants se jettent aux pieds du Prince pour lui demander pardon. Il est si enflammé d’ardeur que tous passent par les lames de ses soldats. En tout, trois cents habitants sont tués. Jean de Cros, l’évêque est présenté devant le prince Noir qui est affaibli par la maladie allongé sur une litière car il ne peut plus monter à cheval. D’un regard dévastateur, il lui dit :

« – Vous m’avez trahi. Je vais vous trancher la tête. Et puis, sortez-le de ma vue !!»

Il ne mettra pas son ordre à exécution. Prisonnier puis libéré, il se réfugie à Avignon.

Il ne reste que les trois chevaliers français qui se battent courageusement. Après plusieurs heures de combat, épuisés, ils sont obligés de se rendre. Ils sont traités avec beaucoup d’égards. Par contre, ils eurent de grosses rançons à payer pour être libérés.

Après la reddition, la ville est détruite, pillée puis brûlée totalement et les fortifications abattues.

L’historiographie traditionnelle blâme souvent le prince pour le sac de Limoges (24 août 1370). Le célèbre chroniqueur Froissart affirme dans sa Chronique que la population de la cité fut alors massacrée faisant 3 000 victimes. En réalité, une chronique contemporaine de Saint-Martial de Limoges rétablit la vérité : le nombre de victimes ne fut « que » de 300 personnes ce qui peut correspondre aux « Français » de la garnison installée dans cette ville, ainsi qu’à certains partisans limougeauds des Français. La ville de Limoges était divisée en deux entités distinctes : la « Cité » et le « Château ». Le Prince Noir n’attaqua que la « Cité » dominée par l’évêque qui l’avait trahi (Johan du Cros) et pas le « Château » qui lui resta fidèle jusqu’en 1372.

Jardins de l'Évêché de Limoges et cathédrale Saint-Étienne

Jardins de l’évêché et cathédrale Saint-Etienne quartier historique La Cité Limoges

Ce sera la dernière victoire du Prince Noir. L’orgueil, le principe même de ses vertus, termine une carrière militaire pourtant si glorieuse naguère. Dans toute l’Europe, cet acte militaire restera un crime et non une victoire anglaise car des innocents non armés, de surcroît, ont été sauvagement assassinés.

Le lendemain, le Prince Noir et son armée chargées de butin repartent vers Cognac.

Ce sera la dernière victoire des anglais sur le sol français. Le sac de Limoges n’eut aucun impact sur les villes de Guyenne en rébellion contre le Prince Noir. Bien au contraire, une à une, les villes ouvriront leurs portes aux soldats du royaume de France sans batailler.

Sources :

Chroniques de Saint-Martial de Limoges, éd. H. Duplès-Agier, Paris, 1874, p 154.

Ducourtieux, « Courte dissertation sur le siége de la cité de Limoges par le Prince Noir », dans Bulletin de la société archéologique et historique du Limousin, tome 11, 1861, p. 192 et suivantes

Alfred Leroux, « Le Sac de la Cité de Limoges et son relèvement 1370-1464 », dans Bulletin de la société archéologique et historique du Limousin, tome 56, 1906, p. 155 et suivantes

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

  

  

  

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.