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"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a 100 ans…

JUIN 1919

  • 1er. Berlin : le cadavre de Rosa Luxemburg, est retrouve dans le canal «Landwehr»
  • 3. Paris : les ouvriers du métro en grève paralysent la ligne nord-sud. Les grévistes organisent un meeting au bois de Boulogne.
  • 4. Les citoyens américains d’origine allemande organisent une collecte pour le Secours populaire allemand.
  • 4. Traité de paix entre les Alliés et la Hongrie.
  • 6. Italie : les fascistes publient leur manifeste.
  • 7. Francfort : ouverture de la première grande exposition du peintre Max Beckmann.
  • 15. USA : Charlie Chaplin présente «Une idylle aux champs ››.
  • 15. Premier vol transatlantique : les aviateurs Alcock et Brown réalisent la traversée victorieuse.-›
  • 15. Belgique : remise en service du navire école «De Smet de Nayer ››.
  • 16. Les Alliés rejettent les contre-propositions allemandes aux conditions de paix.
  • 19. France : grève des mineurs.
  • 20. Allemagne : le chancelier du Reich, P. Scheidemann, se retire. Il n’est pas prêt à signer le traité de paix avec les Alliés. G. Bauer lui succède.
  • 21. Écosse : la flotte allemande se saborde dans la baie de Scapa Flow.-›
  • 23. Face aux menaces de Georges Clemenceau, l’Assemblée nationale allemande se déclare prêtre à signer sans conditions le traité de Versailles.
  • 26. France : le Sénat vote la loi de réforme électorale.
  • 28. La délégation allemande signe le traité de paix de Versailles dans la galerie des Glaces.
  • NAISSANCES
  • 21. Guy Lux, animateur de télévision.
  • l9. Louis Jourdan, acteur français.
  • Source :  Chronique du XXe siècle – Édition Larousse

La Grande Guerre en Charente : la mobilisation générale

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L’origine du conflit

L’assassinat du Prince héritier de l’Empire Austro-hongrois, François Ferdinand, le 28 juin 1914 à Sarajevo, mit au grand jour les latentes rivalités commerciales, économiques, militaires, territoriales au sein de l’Europe et déclencha une succession de cas de guerre entre pays qui avaient pris soin de trouver des alliances auparavant.

Les forces de paix, représentées notamment par des voix puissantes du Socialisme, durent s’effacer devant la marche à la guerre que dans tous les pays, on prévoyait courte.

En France, Jean Jaurès, socialiste, chantre de la Paix, est assassiné le 31 juillet 1914.

La France mobilise ses hommes le 2 août.

Ces jours d’avant………

  •  Souvenirs du Capitaine Jean Lucien LAVIGNE, 21ème régiment d’artillerie d’Angoulême.

 25 juillet : Avec mon régiment le 21ème d’artillerie, en garnison à Angoulême, je rentre de faire les écoles à feu au camp de la Courtine. Nous faisons étape à Brantôme.

26 juillet : Repos à Brantôme.

A la table des officiers, on parle de l’assassinat de l’archiduc d’Autriche. Les affaires ne s’arrangent pas entre les serbes et les autrichiens. Ne pourrait-il survenir là-bas de graves complications qui pourraient mettre le feu dans les Balkans toujours, et depuis longtemps en effervescence ?

Cela d’autant plus que l’Allemagne prend parti pour son allié l’Autriche et lui conseille de demander des excuses à la Serbie. De son côté, la Russie se range du côté des serbes.

Que va-t-il advenir de cette grave querelle diplomatique ? Ne va-t-elle procurer au Kaiser une bonne occasion de montrer à l’Europe que « sa poudre est sèche et son épée bien aiguisée » ?

27 juillet : Dès la première heure, je prends le train pour Angoulême. En arrivant au quartier je suis surpris d’y trouver de nombreux civils : ce sont des réservistes maréchaux-ferrants ou bourreliers.

Qu’est-ce à dire ? Je vais aux renseignements. Est-ce la guerre ?

« Je crois que non, me dit le Colonel, ne voyez là qu’une mesure de précaution. »

Cette réponse me rend rêveur. Je lis les journaux : dans les Balkans, la situation ne s’améliore pas, au contraire.

28 juillet : Vers 11heures le régiment fait son entrée au quartier, musique en tête.

Le colonel Kappès appelle tout de suite auprès de lui le lieutenant-colonel Evrard qui vient d’arriver avec la colonne. Les deux chefs s’entretiennent longtemps et semblent soucieux.

Un peu plus tard, les chefs de groupe et les capitaines sont convoqués à leur tour au bureau du colonel.

Retenus très peu de temps, ils se rendent hâtivement dans leurs unités respectives.

Là, fébrilement, ils consultent les dossiers de mobilisation et rassemblent les gradés.

« Toujours par mesure de précaution, on va commencer à toucher au parc d’artillerie les premières voitures du matériel de guerre ». Ce sont là les ordres qu’ils donnent.

A ne plus en douter, les affaires vont de plus en plus mal dans les Balkans.

La France est loin de cette région. Pourquoi tant s’y intéresser ?  Ah ! Mais j’y pense : la Russie semble engagée dans cette affaire et la France est son alliée. Alors ? Alors si la Russie marche, la France doit marcher aussi !

Évidemment, s’il y a la guerre dans les Balkans, c’est aussi la guerre pour nous !

J’ose encore espérer qu’un accord interviendra au dernier moment entre les serbes et les autrichiens et que le cataclysme qui menace l’Europe sera conjuré à temps.

A 5 heures, au moment où je rentre à mon domicile, un planton m’apporte l’ordre de partir immédiatement à Segonzac vérifier que toutes les dispositions nécessaires pour le recensement des chevaux sont prises dans cette localité.

J’arrive à Segonzac à 8 heures. Mon uniforme attire l’attention. Là aussi on est inquiet. Puisque je suis officier, je dois savoir beaucoup de chose au sujet des évènements du jour. En un clin d’œil l’hôtel où je suis descendu, est envahi de curieux. Ne pouvant répondre à tout le monde à la fois, je prie le maire, qui est arrivé un des premiers, de vouloir dire de ma part que je suis ici pour faire une simple inspection à la gendarmerie et que je ne sais absolument rien d’autre que ce que racontent les journaux sur les bruits de guerre.

29 juillet : Je passe toute ma journée à vérifier encore les dossiers des 2 commissions de réquisitions qui doivent fonctionner à Segonzac et dont je suis le président provisoire, pendant les premiers jours tout au moins.

Dans l’après-midi, arrivent un commandant des équipages à la retraite et un capitaine d’artillerie de réserve ; ce sont mes 2 remplaçants après la mise en train des opérations. Tous le deux sont optimistes et ne croient pas à la guerre. Je ne suis pas de leur avis mais ne les contredis pas.

30 et 31 juillet : Mêmes occupations que le jour précédent ; j’indique en plus aux deux officiers qui m’ont rejoint et aux gendarmes les emplacements où, éventuellement, les chevaux et les voitures devront être placés au fur et à mesure le leur arrivée.

1er août : Depuis le matin je demande une communication téléphonique avec ma femme. Je me cantonne auprès de la poste en attendant d’être appelé.

Vers 2 heures de l’après-midi, j’entends la sonnerie du téléphone. Croyant qu’elle est pour moi, je pénètre  dans le bureau. Tout de suite je vois l’appareil morse dérouler son ruban. Je lis aussi vite que la receveuse et traduis : « Mobilisation générale etc. etc……..commencement le 2 août à minuit ».

Cette fois ci le sort est jeté.

C’est la guerre ! Je la vois d’un seul coup d’œil avec ses horreurs, avec tous ses deuils.

Soldat, je ne la crains pas, mais elle fait naître en moi de l’inquiétude au sujet des autres et surtout des miens.

La nouvelle est déjà connue de tous les habitants. Les cloches, du reste, sonnent à toute volée, la précisent. Un silence, lugubre, coupé par instants par des cris de femmes en larmes, règne sur tout le village. Les hommes, un instant surpris, s’efforcent de faire bonne contenance en chantant des airs guerriers.

Le premier train, un malheureux tortillard, à l’allure record de 10 kilomètres à l’heure, me reconduit à Jarnac, où par la grande ligne des Charentes, je puis arriver assez rapidement à Angoulême.

Ordre de réquisition

Lire la suite…


Sources :

  • ONACVG de la Charente, service départemental de l’Office National des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre
  • François BURDEYRON, préfet de la Charente
  • Le Conseil Général de la Charente
  • Le Capitaine Jean Lucien LAVIGNE, 21ème RI d’Angoulême
  • Mémoire des Hommes, ministère de la guerre
  • Pendant la guerre 1914 : l’institutrice Jeanne Suraud nous raconte

Origine des textes

Ces huit textes de Madame Jeanne Suraud, institutrice à Vindelle durant la guerre 1914 -1918, m’ont été remis il y a quelques années par un jeune étudiant de Balzac, Mickaël Giraud, à la suite de ses recherches aux Archives Départementales.

Je demande instamment que cette origine soit mentionnée lorsque ces textes seront ou utilisés par le biais d’un autre média, à des fins scolaires, pour un usage privé ou public.

À Vindelle le 21 septembre 2007,
Jacqueline Gois, adjointe au maire, en charge de la Communication.

  • Gallica BNF
  • Patrick ESTEVE, ancien combattant, président de l’union départementale des médaillés militaires
  • AD16
  • PORTEJOIE François
  • Jean-Jacques BECKER, historien français, spécialiste d’histoire contemporaine, en particulier de la première Guerre Mondiale
  • Sud-Ouest
  • Wikipédia
  • Mes villages par la presse

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