"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a Cent Ans…

- 1er Mars 1917 : Empire Ottoman / Introduction du calendrier Grégorien.
- 2 Mars 1917 : Le Congrès américain réforme "l'Organic Act" pour Porto Rico , qui devient territoire des Etats Unis, et fait de ses habitants des citoyens américains.
- 8 Mars 1917 : Décès du Comte ferdinand von Zeppelin, inventeur dudirigeable ( *8.7.1838).
- 10 Mars 1917 : Petrograd / Manifestations et soulèvements des ouvriers, rejointspar la population, contre la famine et la guerre . C'est le début de la révolution de Février (d'après le calendrier russe).
- 10 Mars 1917 : Les troupes britanniques prennent la ville de Bagdad.
- 11 Mars 1917 : Paris / à la Sorbonne se tient le premier congrès national du Livre.
- 12 Mars 1917 : Armement des bateaux de commerce américain.
- 14 Mars 1917 : Démission du Général Lyautey du ministère de la Guerre.
- 14 Mars 1917 : Rupture des relations diplomatqiues entre la Chine et l'Allemagne.
- 15 Mars 1917 : Russie / Formation d'un governement provisoire sous la présidence du prince Lvov.
- 15 Mars 1917 : Russie / Sous la pression de l'état major, Nicolas II abdique en favuerde son fère, le grand duc Michel.
- 16 Mars 1917 : Russie / Le grand duc Michel renoce au trône.
- 17 Mars 1917 : Naissance de Carlos Cassola, écrivain italien.
- 17 Mars 1917 : Paris / Démission du cabinet Briand.
- 20 Mars 1917 : Paris / Constitution du ministère Ribot.
- 21 Mars 1917 : Belgique / Séparation administrative : les Flamands à Bruxelles, les wallons à Namur.
- 23 Mars 1917 : l'empereur d'Autriche, Charles 1er, présente une offre de paix à Raymon Poincaré.

Source : « Chroniques du XXème siècle – Larousse..

L’église – 1ère partie

III

L’ÉGLISE

——–——

A quelle époque furent jetés les fondements de l’église actuelle de Taizé-Aizie? Il serait difficile de le préciser d’une façon absolue, car de la construction primitive, il ne reste plus aujourd’hui que les murailles latérales, bâties en moëllons taillés, et la base de la façade.

Ces antiques murailles furent bâties probablement vers le XIe siècle. Les petites fenêtres (retouchées depuis), ainsi que la porte qui subsiste encore dans le mur latéral situé au midi, sont du style roman le plus pur et le plus sévère; celui de l’époque où D. Fonteneau signale la « parochia de Taizec » comme faisant partie de la châtellenie de Civray, en 1100?

Qu’était l’église et la parochia de Taizec en ces temps reculés? Rien n’est venu nous fixer sur ce point.

Au XIIIe siècle l’église de Taizé était une dépendance de l’abbaye bénédictine de Nanteuil-en-Vallée; (a) (16) elle devint plus tard, probablement vers la fin du XIVe siècle, après le passage des Anglais, la propriété des chanoines de la Congrégation de France établis à la Réau (17) en Poitou; ceux-ci la gardèrent jusqu’à sa dévastation par les protestants, maîtres de Ruffec et des environs vers le milieu du XVIe siècle.

(a) M. l’abbé Nanglard: Pouillé historique du diocèse d’Angoulême, dit de l’abbaye de Nanteuil-en-Vallée:  » En 1293 elle possédait dans le diocèse de Poitiers, les églises de Ruffec, Verteuil, Villegast, Salles, Lonnes, Ligné, Charmé, les Adjots, La Faye, Nanteuil, Boisaugeay, Aizecq, Pougné, Condac, Vieux-Ruffec, Poursac, Taizé, Le Négrat. »

Lors de sa construction, notre église fut-elle voûtée? Il semble que non; si elle le fut, elle perdit ses voûtes quand les protestants (18) la dévastèrent vers le milieu du XVIe siècle. A cette époque maîtres de Ruffec, qui leur fut repris par le duc d’Anjou en 1569, ils étendirent leurs déprédations sur Taizé-Aizie.

En restaurant l’église on a pu établir d’une façon certaine que les vieilles murailles avaient autrefois subi les atteintes de l’incendie; il a même été établi qu’après avoir subi les atteintes du feu, elle étaient restées exposées aux intempéries, sans couverture aucune, assez longtemps pour qu’un arbuste ait pu pousser sur le sommet de la façade et y atteindre la grosseur de 0m32 de circonférence à sa base.

Le malheur qui frappa jadis notre église est sûrement antérieur au XVIIe siècle, puisqu’à partir de 1600 le culte y recommença et n’y fut plus interrompu qu’à la terreur.

Les proportions exiguës, la forme rectangulaire de la nef, l’absence totale d’un clocher primitif, portent à croire, qu’antérieurement à cette dévastation, notre église actuelle n’était qu’une simple chapelle. C’est elle évidemment que Dom Fonteneau (Tome XXV page 311) désigne sous le nom de chapelain Saint-Pierre, quand dans une nomenclature des prieurés et autres bénéfices de l’abbaye de la Réau, nomenclature datée de 1554, il cite :  » prieuré de N.D. d’Hésie, prieuré simple, du diocèse de Poitiers, entre Ruffec et Civrai, à la nomination de l’abbé pleno jure, (19) d’une valeur de 600 livres; le chapelain Saint-Pierre dudit lieu, l’abbé pleno jure.« 

Si les dates données par Dom Fonteneau sont exactes, en 1554 les protestants n’avaient pas encore détruit l’église du prieuré d’Aizie ni la chapelle Saint-Pierre qui dépendait de ce prieuré et qui, restaurée un peu plus tard, est devenue l’église paroissiale de Taizé.

Au synode général tenu dans l’église cathédrale de Poitiers par messire Geoffroy de Beslin, le 22 octobre 1598, on voit figurer le « rector de Taizec » (curé de Taizé) parmi les « rectores » de l’archiprêtré de Ruffec. Etait-ce un curé résidant à Taizé ou un curé simplement titulaire et qui remplissait en même temps d’autres fonctions ailleurs, à Ruffec par exemple, comme un peu plus tard François Touzalin, qui était simultanément chanoine de Ruffec et curé de Taizé? Il est probable que oui, car on voit après 1600 les vicaires (20) de Saint-Saturnin (21) de Condac faire pendant quelques années le service de Saint-Pierre de Taizé

Les registres de l’état religieux de Taizé-Aizie, actuellement à la mairie, témoignent qu’à partir de 1603, notre église avait été suffisamment restaurée pour être rendue au culte.

Que fût cette restauration faite vers 1600? elle consista à jeter sur les murailles échappées aux coups des protestants, la charpente un peu fruste mais solide et la toiture en tuiles creuses qui subsistaient encore récemment. Puis sur la vieille muraille de la façade, alors rasée au niveau des murailles latérales, on éleva en maçonnerie légère le campanile à double baie (22) qui a vécu trois siècles et dans la maçonnerie duquel on a trouvé une partie du tronc et les racines de l’arbuste qui avait poussé sur la muraille, pendant la dévastation du lieu saint, et que les maçons se contentèrent de couper au lieu de l’arracher, en établissant la base du campanile, vers 1600.

C’est à cette époque (vers 1600), que l’on ouvrit ou que l’on agrandit la porte d’entrée actuelle de l’église, dont le tympan (23) et le cintre (24) en maçonnerie paraissent postérieurs à la base primitive de la façade.

A cette même époque aussi on rapetissa la porte (aujourd’hui murée) de la façade latérale au midi et on perça du même côté la petite fenêtre gothique (également murée aujourd’hui) qui s’ouvrait près de l’autel de Saint-Joseph.

Les vicaires de Condac firent le service de Taizé pendant quelques années, comme en témoignent les anciens registres de l’Etat religieux.

Les plus anciens de ces registres datent de 1603, mais jusqu’en l’année 1682 ils sont incomplets et presque indéchiffrables, ils ne sont pas très explicites et ne contiennent que des actes de baptêmes.

De 1603 à 1610 ils sont dressés et signés par Le Cornu, prêtre vicaire de Condac. En l’année 1610, plusieurs baptêmes ont même été faits dans l’église Saint-Saturnin de Condac.

L’an 1611 est tellement mal écrit qu’on ne déchiffre à peu près rien; il n’y a d’ailleurs que sept ou huit baptêmes.

Les actes de l’année 1612, au nombre de quatorze, sont signés Demonclau, vicaire de Saint-Saturnin de Condac.

Les actes de l’année 1613 sont signés de même, et le 3 septembre 1614 un baptême est signé: Le Cornu, curé de Barro.

A la date du 6 janvier 1615, on lit parmi les actes de baptême la note suivante: « il a été donné à l’église Saint-Saturnin de Condac une nappe d’autel. »

Le 6 mai 1615 on lit un acte de baptême signé: Duqueroy, vicaire; il ne fut, d’après M. l’abbé Nanglard, vicaire de Condac qu’une année.

Les actes de 1616 et 1619 sont signés: Buisson, prêtre coadjuteur à Saint-Saturnin de Condac.

A partir de cette époque, jusqu’en 1682, les registres sont perdus.

Le Pouillé général du diocèse de Poitiers, imprimé en 1647, et dressé par Mgr Chasteigner de la Rochepozai, porte (page 8 ) la mention: Sancti Petri de Tayssec, abbas de Lesterps Lemovicensis diocesis.

M. l’abbé Nanglard, dans le Pouillé historique du diocèse d’Angoulême, a écrit au sujet de Taizé-Aizie:

« Paroisse Saint-Pierre de Taizé. Beati Petri de Teisico, sur la Charente, prieuré-cure, O. S. A. , dépendant de l’abbaye de Lesterps. (25)

« Les prieurés d’Aizie et d’Arcenezac ou Arsensac (Usseau) sont sur son territoire.

« Casuel et divers valant 3,200# (26) en 1790; charges décimales et divers, 650#.L’abbé de Lesterps nomme l’évêque institue les titulaires. »

Les seuls suivants sont connus:

François Touzalin, 1661 à 1681, simultanément chanoine de Ruffec (1663 à 1669). C’est lui qui était prieur de Taizé quand la cloche actuelle de Taizé-Aizie fut fondue et baptisée, en 1666.

Les registres de l’année 1666 étant perdus nous n’avons aucun détail sur la fonte et la bénédiction de cette cloche, qui pèse, poids net du métal: 140 kilogrammes; elle porte en relief:

Jesus, Maria, Joseph. – Sancte Petre ora pro nobis.

François Touzalin, prieur de céans,

Demoiselle Marie Poisson, marine, fille de François, sieur de Oisiolli.

1666. – Plus un blason dont les hachures manquent.

On y voit: au premier un poisson mis en pal la tête en haut; au second une étoile en chef soutenue d’un croissant en pointe; et un chef commun sur les deux.

La lacune des registres de l’Etat religieux fait que nous ne savons rien du ministère et de la mort de François Touzalin, décédé en 1681 (a).

(a) M. Favraud. – Notes rétrospectives sur Ruffec et ses environs, page 38, dit que les dragonades en mai 1681 amenèrent le nombre des conversions suivantes:  » Ruffec, 47. – Moutardon, 16. – Taizé, 12. – Les Adjots, 35. – Condac, 13. – Lizant, 14. « 

Il fut remplacé par Pierre Aumaitre, qui fut prieur de Taizé presque quarante ans, de janvier 1682 à 1720.

Les registres de l’année 1682, signés: Aumaitre, ne contiennent rien de saillant. De même pour l’année 1683, dont les registres paraissent avoir été refaits l’année suivante sur papier paraphé: sieur de la Poyade, écuyer, conseiller du roy, lieutenant en la sénéchaussée et siège présidial d’Angoumois.

Le 4 janvier 1687 les feuillets pour registres furent paraphés par Marc-René, le Voyer d’Argenson (b).

(b) Né en 1652, il fut tenu sur les fonts baptismaux par un délégué du Sénat de Venise, au nom de la République de Venise. Attiré plus tard à Paris par M. de Caumartin, il y fut nommé lieutenant général de police par Louis XIV.

A partir de cette époque, en plus des baptêmes, on nota les mariages et les sépultures sur les registres, ce qui n’avait pas encore été fait.

Le premier mariage inscrit porte la date de nov. 1688.

A la date du 11 septembre 1693, nous lisons l’acte: est décédée dame Esther Piorry dans la paroisse Saint-André de Ruffec et a été inhumée dans l’église de Taizé (a), conformément à son désir, par moi soussigné : Fuard.

(a) La coutume d’enterrer dans les églises était générale en France aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Elle fut supprimée par une Déclaration du Roi du 10 mars 1777.

La famille du défunt devait ouvrir et fermer la fosse à ses frais et payer une redevance à l’église.

A la date du 8 septembre 1719, a été enterrée dans l’église de Taizé: Jeanne…, femme de Claude Aumaitre, et ont signé: les curés de Bioussac, Saint-Martin, Les Adjots et Bernac.

Le 8 janvier 1720, à un mariage, à Taizé, entre Jean Felix Champdenille, de la paroisse de Chenommet, et Marguerite Aumaitre, on voit figurer Claude Léonard et Marie Aumaitre, ainsi qu’un Champdenille, sieur du Peux (b).

(b) M. Pierre Aumaitre, missionnaire mort pour la foi en Corée, le 30 mars 1866, était né au Peux, paroisse d’Aizecq; tout porte à croire que le prieur de Taizé, Pierre Aumaitre, mort en 1720, était de la même famille.

Pierre Aumaitre, mort en septembre 1720, à l’âge de 63 ou 64 ans, fut remplacé par Jean Serph, qui était vicaire de Taizé depuis 1718.

Ce fut pendant son court ministère qu’en vertu d’une permission spéciale de l’évêque de Poitiers, il fut procédé, en la chapelle de Boistillet, au mariage de messire Louis Frottier de Bagneux, avec demoiselle Suzanne Jourdain de Boistillet.

« Jean Seph, commendataire et curé de ladite paroisse, » mort en 1725, fut enterré « dans l’église de Taizé, en présence des curés de Ruffec, les Adjots, Saint-Macoul, de M. Jourdain de Boistillet, ainsi que de plusieurs autres, tant ecclésiastiques que laïques,  » disent les registres paroissiaux.

Dans l’église , une pierre tombale (dalle du pavé près du choeur) porte: Ici gît le corps de messire honorable Jean Serph, prieur de Saint-Pierre de Taizé-Aizie, décédé le 5 avril 1725, à l’âge de 27 ans. Priez Dieu pour le repos de son âme.

M. l’abbé Nanglard dit qu’il fut remplacé par….De Verné (c) qui, nommé en avril 1725, résigna en août et fut remplacé par Jean Allanauve, nommé en août de la même année.

(c) Aux archives de la Charente, ser: E. – On trouve à la date de 1725, parmi les minutes de Delhoume, notaire aux Robins, par des Adjots, un bail à ferme, des revenus du prieuré-cure de Taizé, par messire Louis Barbot, curé de Saint-André de Ruffec, porteur des ordres de messire Portras, curé de Saint-Germain de Poitiers, lui-même procureur de messire de Verné, prieur-curé de Taizé.

Le 23 janvier 1726, en vertu d’une permission spéciale de l’évêque de Poitiers, Jean Allanauve procéda dans la chapelle de Boistillet, au mariage de Jean-Pierre escuyer sieur d’Alocours, ci-devant capitaine au régiment de Louvignie et alors commissaire des guerres, avec Madeleine de Lagrange.

Le 6 mars 1721, il procéda à l’inhumation, dans l’église de Taizé, de René Jourdain, un seigneur de Boistillé, âgé de 40 ans.

Aux archives de la Vienne: (série G , n° 436), on trouve la déclaration suivante, fournie par le curé:

Déclaration que donne à MMgrs de l’assemblée générale du clergé de France et à MM. du bureau de Poitiers, Jean Allanauve, curé de Saint-Pierre de Taizé, des biens et revenus de ladite cure, pour satisfaire à la délibération de l’assemblée générale du clergé de France du 12 décembre 1726.

Ladite cure a pour patron Saint-Pierre de Taizé et pour collateur M. L’abbé de Lesterps, ordre de Saint-Augustin. Le revenu de ladite cure consiste en une petite partie de dixme, (27) attendu qu’il y a plusieurs décimateurs dans ladite paroisse, savoir: MM. les religieux de Nanteuil; M. le marquis d’Aubeterre, à cause de sa maison de Puipatrop; MM. les religieux de Laveau, à cause d’un prieuré qu’ils jouissent et possèdent; la veuve Damoncour, dame et seigneur de la Robertrie; M. le duc de Saint-Simon, à cause du marquisat; le chapelain d’Arsensac, dépendant de Nanteuil, qui possèdent tous ensemble les trois quarts des dixmes dans ma paroisse.

Pour ce qui regarde le revenu que je possède dans ladite paroisse, je l’ai affermé à la moitié à Michel Tesseron, marchand, demeurant au village d’Enfaye, paroisse de Lizant, en Poitou et pour cinq ans, par acte fait et passé au village des Robins, paroisse des Adjots, étude dudit J. Deloume, notaire, en présence de messire Pierre Gianot, ecuyer, sieur de Chauffour, demeurant en ladite paroisse de Taizé et de J. Gire laboureur, demeurant en la paroisse des Adjots et encore de Jacques Leschelle, texier en toile, demeurant en ladite paroisse de Taizé…Ont signé: Jean Allanauve, curé de Taizé, M. Tesseron, Jacques de Leschelle, Pierre Gianot et J. Deloume, notaire.

Le total du revenu de la cure se monte à 620 livres, dont il doit être fait déduction des charges suivantes:

1° En décimes, 70 livres pour l’entretien de l’église;

2° N’ayant point de fabrique, tant en luminaire, pain, vin pour la messe, que linge et

blanchissage : 26 livres;

3° Pour l’entretien de la maison presque en ruine et de l’église; 20 livres;

4° Pour le droit de luminaire (28) : 10 sols;

5° Pour un valet: 50 livres;

6° Pour l’entretien d’un cheval n’ayant point de pré: 50 livres;

7° Pour la visite de M. l’archidiacre (29) : 2 livres et 10 sols;

8° Pour l’abonnement des juges et courtages (30) étant en Angoumois: 3 livres.

Ladite paroisse n’a point de casuel. (31)

ALLANAUVE (a), prêtre-prieur.

(a) Le prieur Allanauve ne mentionna pas sur ses registres la fondation de forges métallurgiques à Aizie en 1730.

Le 3 février 1737, M. Allanauve signe: prêtre-curé de Montalembert, où il venait d’être transféré. Il fut remplacé par Nicolas Aubuchet de 1737 à 1742. Il était probablement des environs, car on lit dans les registres paroissiaux, à la date du 16 novembre 1739: inhumation dans l’église de Taizé de dame Marie Aubuchet, femme de Pierre Gianot, sieur de Chauffour, âgée d’environ 72 ans. Pendant son ministère, en 1740, l’église de Taizé reçut une visite canonique, comme l’indique une note trop courte des registres paroissiaux où on lit: « Vu, bon, Rolland commis par Monseigneur pour la visite de la paroisse, faite le 1° mai 1740. »

Le 19 avril 1742, il y eut une transaction entre Pierre Aumaitre et Nicolas Aubuchet, prêtre, prieur de Saint-Pierre ès-liens de Taizé.

Cette transaction, ainsi que l’acte de vente souscrit le 12 juillet 1777 par les héritiers de M. Pierre Aumaitre, au profit de M. Riza la Terrière et la dame Dubois, son épouse, furent invoqués par leur gendre Mimaud-Lafuie, le 2 février 1808, pour être mis en possession de deux chambres basses, d’un fournioux (32) avec grenier par dessus, touchant à la maison curiale. Au vu de ces pièces, le conseil municipal consentit à la mise en possession le 2 février 1808 (a).

(a) Lors de la construction du presbytère actuel, ces bâtiments furent démolis et l’emplacement incorporé au jardin de la cure.

A partir de 1742, les registres sont signés Pinoteau, qui fut curé de Taizé du 7 avril 1742 à 1747 et qui, le 31 août 1746, fut parrain de Jean Cailler, et a signé: Jean Armand Pinoteau, prêtre, prieur-curé de Taizé, parrain. Il ne fut curé de Taizé que cinq années, car à partir du 12 janvier 1747, les registres sont signés: Gimblet d’Intrauss. Pendant son ministère à Taizé, celui-ci perdit un de ses parents: Paul Gimblet, qui fut enterré dans l’église de Taizé le 21 septembre 1750, par Malapert, curé des Adjots.

Le 2 septembre 1751, il ondoya (33) Françoise D’Hémery, fille d’Ollivier-Mathurin D’Hémery, seigneur de Serné et de l’Abrégement, et de Marie de Massacré. Elle avait pour parrain Jean de Massacré de l’Abrégement et pour marraine demoiselle Françoise de Saluces.

Le dernier acte signé de Guimblet d’Intrauss date du 2 septembre 1753. A partir de cette époque les actes sont signés: Charrier, desservant de Taizé, que M. l’abbé Nanglard (Pouillé historique du diocèse) désigne comme vicaire amovible (34) de Taizé, de 1753 à 1755.

A partir du 14 août 1755, les registres sont signés: Chaigneau, qui fut prieur-curé de Taizé, de 1755 à 1767.

Le 6 octobre 1755, en présence de Chaigneau, prieur de Taizé, Malapert, prieur-curé des Adjots, bénit le mariage de Jean Chartron avec Jeanne Villeneuve; de même le 8 octobre 1755, Dalençon, curé de Moutardon, fit un enterrement et un baptême (loco rectoris).

Le 27 octobre 1755, l’église de Taizé reçut une visite canonique à la suite de laquelle fut dressé le procès verbal suivant, dont l’authentique est à Poitiers. (Il m’a été aimablement communiqué par M. l’abbé C…)

Procès-verbal de visite de la paroisse Saint-Pierre-ès-liens de Taizé, archiprêtré de Ruffec, par nous, André Bonnet, archiprêtre de Ruffec, curé de Bioussac, spécialement député par Mgr Jean-Louis de la Marthonie de Caussade, évêque de Poitiers.

Suite  de cet article :  L’église -2-

Les vicaires de Condac firent le service de Taizé pendant quelques années, comme en témoignent les anciens registres de l’Etat religieux.

Les plus anciens de ces registres datent de 1603, mais jusqu’en l’année 1682 ils sont incomplets et presque indéchiffrables, ils ne sont pas très explicites et ne contiennent que des actes de baptêmes.

De 1603 à 1610 ils sont dressés et signés par Le Cornu, prêtre vicaire de Condac. En l’année 1610, plusieurs baptêmes ont même été faits dans l’église Saint-Saturnin de Condac.

L’an 1611 est tellement mal écrit qu’on ne déchiffre à peu près rien; il n’y a d’ailleurs que sept ou huit baptêmes.

Les actes de l’année 1612, au nombre de quatorze, sont signés Demonclau, vicaire de Saint-Saturnin de Condac.

Les actes de l’année 1613 sont signés de même, et le 3 septembre 1614 un baptême est signé: Le Cornu, curé de Barro.

A la date du 6 janvier 1615, on lit parmi les actes de baptême la note suivante: « il a été donné à l’église Saint-Saturnin de Condac une nappe d’autel. »

Le 6 mai 1615 on lit un acte de baptême signé: Duqueroy, vicaire; il ne fut, d’après M. l’abbé Nanglard, vicaire de Condac qu’une année.

Les actes de 1616 et 1619 sont signés: Buisson, prêtre coadjuteur à Saint-Saturnin de Condac.

A partir de cette époque, jusqu’en 1682, les registres sont perdus.

Le Pouillé général du diocèse de Poitiers, imprimé en 1647, et dressé par Mgr Chasteigner de la Rochepozai, porte (page 8) la mention: Sancti Petri de Tayssec, abbas de Lesterps Lemovicensis diocesis.

M. l’abbé Nanglard, dans le Pouillé historique du diocèse d’Angoulême, a écrit au sujet de Taizé-Aizie:

« Paroisse Saint-Pierre de Taizé. Beati Petri de Teisico, sur la Charente, prieuré-cure, O. S. A. , dépendant de l’abbaye de Lesterps. (25)

« Les prieurés d’Aizie et d’Arcenezac ou Arsensac (Usseau) sont sur son territoire.

« Casuel et divers valant 3,200# (26) en 1790; charges décimales et divers, 650#.L’abbé de Lesterps nomme l’évêque institue les titulaires. »

Les seuls suivants sont connus:

François Touzalin, 1661 à 1681, simultanément chanoine de Ruffec (1663 à 1669). C’est lui qui était prieur de Taizé quand la cloche actuelle de Taizé-Aizie fut fondue et baptisée, en 1666.

Les registres de l’année 1666 étant perdus nous n’avons aucun détail sur la fonte et la bénédiction de cette cloche, qui pèse, poids net du métal: 140 kilogrammes; elle porte en relief:

Jesus, Maria, Joseph. – Sancte Petre ora pro nobis.

François Touzalin, prieur de céans,

Demoiselle Marie Poisson, marine, fille de François, sieur de Oisiolli.

1666. – Plus un blason dont les hachures manquent.

On y voit: au premier un poisson mis en pal la tête en haut; au second une étoile en chef soutenue d’un croissant en pointe; et un chef commun sur les deux.

La lacune des registres de l’Etat religieux fait que nous ne savons rien du ministère et de la mort de François Touzalin, décédé en 1681 (a).

(a) M. Favraud. – Notes rétrospectives sur Ruffec et ses environs, page 38, dit que les dragonades en mai 1681 amenèrent le nombre des conversions suivantes:  » Ruffec, 47. – Moutardon, 16. – Taizé, 12. – Les Adjots, 35. – Condac, 13. – Lizant, 14. « 

Il fut remplacé par Pierre Aumaitre, qui fut prieur de Taizé presque quarante ans, de janvier 1682 à 1720.

Les registres de l’année 1682, signés: Aumaitre, ne contiennent rien de saillant. De même pour l’année 1683, dont les registres paraissent avoir été refaits l’année suivante sur papier paraphé: sieur de la Poyade, écuyer, conseiller du roy, lieutenant en la sénéchaussée et siège présidial d’Angoumois.

Le 4 janvier 1687 les feuillets pour registres furent paraphés par Marc-René, le Voyer d’Argenson (b).

(b) Né en 1652, il fut tenu sur les fonts baptismaux par un délégué du Sénat de Venise, au nom de la République de Venise. Attiré plus tard à Paris par M. de Caumartin, il y fut nommé lieutenant général de police par Louis XIV.

A partir de cette époque, en plus des baptêmes, on nota les mariages et les sépultures sur les registres, ce qui n’avait pas encore été fait.

Le premier mariage inscrit porte la date de nov. 1688.

A la date du 11 septembre 1693, nous lisons l’acte: est décédée dame Esther Piorry dans la paroisse Saint-André de Ruffec et a été inhumée dans l’église de Taizé (a), conformément à son désir, par moi soussigné : Fuard.

(a) La coutume d’enterrer dans les églises était générale en France aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Elle fut supprimée par une Déclaration du Roi du 10 mars 1777.

La famille du défunt devait ouvrir et fermer la fosse à ses frais et payer une redevance à l’église.

A la date du 8 septembre 1719, a été enterrée dans l’église de Taizé: Jeanne…, femme de Claude Aumaitre, et ont signé: les curés de Bioussac, Saint-Martin, Les Adjots et Bernac.

Le 8 janvier 1720, à un mariage, à Taizé, entre Jean Felix Champdenille, de la paroisse de Chenommet, et Marguerite Aumaitre, on voit figurer Claude Léonard et Marie Aumaitre, ainsi qu’un Champdenille, sieur du Peux (b).

(b) M. Pierre Aumaitre, missionnaire mort pour la foi en Corée, le 30 mars 1866, était né au Peux, paroisse d’Aizecq; tout porte à croire que le prieur de Taizé, Pierre Aumaitre, mort en 1720, était de la même famille.

Pierre Aumaitre, mort en septembre 1720, à l’âge de 63 ou 64 ans, fut remplacé par Jean Serph, qui était vicaire de Taizé depuis 1718.

Ce fut pendant son court ministère qu’en vertu d’une permission spéciale de l’évêque de Poitiers, il fut procédé, en la chapelle de Boistillet, au mariage de messire Louis Frottier de Bagneux, avec demoiselle Suzanne Jourdain de Boistillet.

« Jean Seph, commendataire et curé de ladite paroisse, » mort en 1725, fut enterré « dans l’église de Taizé, en présence des curés de Ruffec, les Adjots, Saint-Macoul, de M. Jourdain de Boistillet, ainsi que de plusieurs autres, tant ecclésiastiques que laïques,  » disent les registres paroissiaux.

Dans l’église , une pierre tombale (dalle du pavé près du choeur) porte: Ici gît le corps de messire honorable Jean Serph, prieur de Saint-Pierre de Taizé-Aizie, décédé le 5 avril 1725, à l’âge de 27 ans. Priez Dieu pour le repos de son âme.

M. l’abbé Nanglard dit qu’il fut remplacé par….De Verné (c) qui, nommé en avril 1725, résigna en août et fut remplacé par Jean Allanauve, nommé en août de la même année.

(c) Aux archives de la Charente, ser: E. – On trouve à la date de 1725, parmi les minutes de Delhoume, notaire aux Robins, par des Adjots, un bail à ferme, des revenus du prieuré-cure de Taizé, par messire Louis Barbot, curé de Saint-André de Ruffec, porteur des ordres de messire Portras, curé de Saint-Germain de Poitiers, lui-même procureur de messire de Verné, prieur-curé de Taizé.

Le 23 janvier 1726, en vertu d’une permission spéciale de l’évêque de Poitiers, Jean Allanauve procéda dans la chapelle de Boistillet, au mariage de Jean-Pierre escuyer sieur d’Alocours, ci-devant capitaine au régiment de Louvignie et alors commissaire des guerres, avec Madeleine de Lagrange.

Le 6 mars 1721, il procéda à l’inhumation, dans l’église de Taizé, de René Jourdain, un seigneur de Boistillé, âgé de 40 ans.

Aux archives de la Vienne: (série G , n° 436), on trouve la déclaration suivante, fournie par le curé:

Déclaration que donne à MMgrs de l’assemblée générale du clergé de France et à MM. du bureau de Poitiers, Jean Allanauve, curé de Saint-Pierre de Taizé, des biens et revenus de ladite cure, pour satisfaire à la délibération de l’assemblée générale du clergé de France du 12 décembre 1726.

Ladite cure a pour patron Saint-Pierre de Taizé et pour collateur M. L’abbé de Lesterps, ordre de Saint-Augustin. Le revenu de ladite cure consiste en une petite partie de dixme, (27) attendu qu’il y a plusieurs décimateurs dans ladite paroisse, savoir: MM. les religieux de Nanteuil; M. le marquis d’Aubeterre, à cause de sa maison de Puipatrop; MM. les religieux de Laveau, à cause d’un prieuré qu’ils jouissent et possèdent; la veuve Damoncour, dame et seigneur de la Robertrie; M. le duc de Saint-Simon, à cause du marquisat; le chapelain d’Arsensac, dépendant de Nanteuil, qui possèdent tous ensemble les trois quarts des dixmes dans ma paroisse.

Pour ce qui regarde le revenu que je possède dans ladite paroisse, je l’ai affermé à la moitié à Michel Tesseron, marchand, demeurant au village d’Enfaye, paroisse de Lizant, en Poitou et pour cinq ans, par acte fait et passé au village des Robins, paroisse des Adjots, étude dudit J. Deloume, notaire, en présence de messire Pierre Gianot, ecuyer, sieur de Chauffour, demeurant en ladite paroisse de Taizé et de J. Gire laboureur, demeurant en la paroisse des Adjots et encore de Jacques Leschelle, texier en toile, demeurant en ladite paroisse de Taizé…Ont signé: Jean Allanauve, curé de Taizé, M. Tesseron, Jacques de Leschelle, Pierre Gianot et J. Deloume, notaire.

Le total du revenu de la cure se monte à 620 livres, dont il doit être fait déduction des charges suivantes:

1° En décimes, 70 livres pour l’entretien de l’église;

2° N’ayant point de fabrique, tant en luminaire, pain, vin pour la messe, que linge et

blanchissage : 26 livres;

3° Pour l’entretien de la maison presque en ruine et de l’église; 20 livres;

4° Pour le droit de luminaire (28) : 10 sols;

5° Pour un valet: 50 livres;

6° Pour l’entretien d’un cheval n’ayant point de pré: 50 livres;

7° Pour la visite de M. l’archidiacre (29) : 2 livres et 10 sols;

8° Pour l’abonnement des juges et courtages (30) étant en Angoumois: 3 livres.

Ladite paroisse n’a point de casuel. (31)

ALLANAUVE (a), prêtre-prieur.

(a) Le prieur Allanauve ne mentionna pas sur ses registres la fondation de forges métallurgiques à Aizie en 1730.

Le 3 février 1737, M. Allanauve signe: prêtre-curé de Montalembert, où il venait d’être transféré. Il fut remplacé par Nicolas Aubuchet de 1737 à 1742. Il était probablement des environs, car on lit dans les registres paroissiaux, à la date du 16 novembre 1739: inhumation dans l’église de Taizé de dame Marie Aubuchet, femme de Pierre Gianot, sieur de Chauffour, âgée d’environ 72 ans. Pendant son ministère, en 1740, l’église de Taizé reçut une visite canonique, comme l’indique une note trop courte des registres paroissiaux où on lit: « Vu, bon, Rolland commis par Monseigneur pour la visite de la paroisse, faite le 1° mai 1740. »

Le 19 avril 1742, il y eut une transaction entre Pierre Aumaitre et Nicolas Aubuchet, prêtre, prieur de Saint-Pierre ès-liens de Taizé.

Cette transaction, ainsi que l’acte de vente souscrit le 12 juillet 1777 par les héritiers de M. Pierre Aumaitre, au profit de M. Riza la Terrière et la dame Dubois, son épouse, furent invoqués par leur gendre Mimaud-Lafuie, le 2 février 1808, pour être mis en possession de deux chambres basses, d’un fournioux (32) avec grenier par dessus, touchant à la maison curiale. Au vu de ces pièces, le conseil municipal consentit à la mise en possession le 2 février 1808 (a).

(a) Lors de la construction du presbytère actuel, ces bâtiments furent démolis et l’emplacement incorporé au jardin de la cure.

A partir de 1742, les registres sont signés Pinoteau, qui fut curé de Taizé du 7 avril 1742 à 1747 et qui, le 31 août 1746, fut parrain de Jean Cailler, et a signé: Jean Armand Pinoteau, prêtre, prieur-curé de Taizé, parrain. Il ne fut curé de Taizé que cinq années, car à partir du 12 janvier 1747, les registres sont signés: Gimblet d’Intrauss. Pendant son ministère à Taizé, celui-ci perdit un de ses parents: Paul Gimblet, qui fut enterré dans l’église de Taizé le 21 septembre 1750, par Malapert, curé des Adjots.

Le 2 septembre 1751, il ondoya (33) Françoise D’Hémery, fille d’Ollivier-Mathurin D’Hémery, seigneur de Serné et de l’Abrégement, et de Marie de Massacré. Elle avait pour parrain Jean de Massacré de l’Abrégement et pour marraine demoiselle Françoise de Saluces.

Le dernier acte signé de Guimblet d’Intrauss date du 2 septembre 1753. A partir de cette époque les actes sont signés: Charrier, desservant de Taizé, que M. l’abbé Nanglard (Pouillé historique du diocèse) désigne comme vicaire amovible (34) de Taizé, de 1753 à 1755.

A partir du 14 août 1755, les registres sont signés: Chaigneau, qui fut prieur-curé de Taizé, de 1755 à 1767.

Le 6 octobre 1755, en présence de Chaigneau, prieur de Taizé, Malapert, prieur-curé des Adjots, bénit le mariage de Jean Chartron avec Jeanne Villeneuve; de même le 8 octobre 1755, Dalençon, curé de Moutardon, fit un enterrement et un baptême (loco rectoris).

Le 27 octobre 1755, l’église de Taizé reçut une visite canonique à la suite de laquelle fut dressé le procès verbal suivant, dont l’authentique est à Poitiers. (Il m’a été aimablement communiqué par M. l’abbé C…)

Procès-verbal de visite de la paroisse Saint-Pierre-ès-liens de Taizé, archiprêtré de Ruffec, par nous, André Bonnet, archiprêtre de Ruffec, curé de Bioussac, spécialement député par Mgr Jean-Louis de la Marthonie de Caussade, évêque de Poitiers.