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"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a Cent Ans…

DÉCEMBRE 1917

– 6. Russie : Nicolas II et la famille impériale sont faits prisonniers a Tobolsk.

– 7. Les États-Unis déclarent la guerre à l’Autriche-Hongrie..

– 7. Début d’une suspension des hostilités de 10 jours entre la Russie et L’Autriche-Hongrie.

– 8. Russie : défaite électorale des bolcheviks.

– 9. Les soldats anglais occupent Jérusalem que les Turcs ont abandonné.

– 9. Portugal : les républicains renversent le gouvernement d’Alfonso Costa. Sidonio Pais prend la tête du gouvernement provisoire.

– 9. La Finlande exige l’évacuation totale des troupes russes.

-10. Le Comité international de la Croix-Rouge obtient le prix Nobel de la paix.

-12. France : mise en accusation de J. Caillaux. dans une affaire d’espionnage.

– l5. Premier anniversaire de la victoire de Verdun.

– l5. Armistice prolongé entre les puissances centrales et la Russie.

– l5. Paris: la Chambre lève l’immunité parlementaire de J. Calllaux.

– 22. Brest-Litovsk : début des pourparlers pour la paix entre les puissances centrales et les représentants du gouvernements des soviets.

– 23. France : la censure autorise Ia presse révélé au public qu’il fait –11° à Paris.

– 30. 9356000 tonnes: c’est le tonnage brut correspondant aux bateaux coulés par les sous-marins allemands en 1917.

– 31. L’interdiction de l’ordre des jésuites est levée en Allemagne.

NAISSANCES

– 9. Kirk Douglas. Acteur américain

– 21. Heinrich Böll écrivain allemand († 16.7. l985)

 

Chronique du XXe siècle – Édition Larousse

La Municipalité

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X

LA MUNICIPALITÉ

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L’assemblée nationale avait décrété, le 14 décembre 1789, l’abolition des anciennes municipalités et l’organisation d’une municipalité dans chacune des communes nouvellement créées en France. La commune ou communauté de Taizé-Aizie organisa son conseil municipal, par l’élection qu’elle fit de ses officiers municipaux, le 8 février 1790, ainsi qu’il appert des pièces suivantes des archives:

Procès verbal d’élection des officiers municipaux et notables de la paroisse Saint-Pierre ès-liens de Taizé-Aizie, située en Angoumois, diocèse de Poitiers.

Jean Martineau, maréchal au bourg de Taizé, nous ayant représenté qu’il avait pour cette année 1790, affiché à la porte de notre église, dimanche dernier, les lettres patentes du Roy, avec un décret de l’Assemblée nationale qui nous ordonne de nous assembler dans huitaine, pour procéder à la nomination d’un maire, officiers municipaux, procureur-syndic et notables. Pour procéder à ces nominations il a fallu préalablement tirer un compte exact de tous les individus mâles et femelles existants dans ladite paroisse, et faire un compte exact, en suivant les articles du rôle, de tous les citoyens actifs, éligibles et votants. Après avoir tiré le compte des individus, nous avons trouvé qu’ils se réduisent à 457 mâles et femelles de tout âge, et après avoir suivi les articles du rôle, nous avons trouvé 40 citoyens éligibles et 14 votants absents….

En conséquence, nous nous sommes assemblés le 7 du présent mois, huit jours après l’affiche faite des lettres patentes, au son de la cloche, en la maison accoutumée, dans la salle du sieur Folquier, prêtre, chanoine régulier, notre prieur-curé, pour procéder à la nomination de trois scrutateurs des plus âgés et qui savent signer, qui sont: Michel Bouillon, Pierre Albert et Pierre Drouhaud, lesquels ont accepté leur commission de scrutateurs et ont prêté serment devant tous les éligibles et votants, de s’en acquitter dignement et d’être fidèles à la nation, à la loy et au Roy, et ont signé.

De là, nous avons procédé à la nomination d’un président. Au premier scrutin individuel Jean Bouyer a eu plus de voix que les autres, et au second tour, il a été nommé président à la majorité absolue moins deux voix, lequel a accepté et prêté serment.

De là, nous avons procédé à la nomination d’un secrétaire; au premier scrutin a été nommé à la majorité de 24 voix contre 16, Pierre Favre, fondeur, lequel a accepté sa commission et prêté serment.

Alors, les trois scrutateurs nommés s’étant retirés, nous avons procédé à la nomination de trois scrutateurs nouveaux; au premier scrutin individuel ont été nommés: Pierre Bouillon (22 voix contre 18); Jean Hilger (23 voix contre 17); Jean Bonnet (24 voix contre 16); lesquels ont accepté leur commission et prêté serment.

De là, nous avons procédé à la nomination du maire, premier officier municipal; au premier scrutin individuel a été nommé Pierre Favre, d’Aizie (37 voix contre 3), lequel a accepté la dignité de maire et prêté serment.

De là, nous avons procédé à la nomination du second officier municipal; au premier scrutin individuel a été nommé Pierre Bouillon, d’Aizie (35 voix contre 5), lequel a accepté cette dignité et prêté serment.

De là, nous avons procédé à la nomination d’un troisième officier municipal; au premier scrutin individuel a été nommé Pierre Albert, de Chantemerle (25 voix contre 15), lequel a accepté et prêté serment.

La première journée de vote n’ayant pas suffi pour faire une élection complète, on continua le lendemain. Aussi le procès-verbal de cette élection continue-t-il:

Le 8 du même mois, au matin, l’assemblée ouverte, il ne s’est trouvé que dix-neuf citoyens actifs, tant éligibles que votants. On a procédé à la nomination du procureur-syndic par scrutin individuel; a été nommé au premier scrutin M. Folquier, prêtre-prieur de Taizé (15 voix contre 4), lequel a accepté et prêté serment.

De là, on a procédé à la nomination de six notables par scrutin de liste double. On été nommés: Michel Bouillon, d’Aizie (15 voix contre 4); Lavaud, meunier au moulin de l’Isle (14 voix contre 5); Jean Gourgeau, du Chadeuil (13 voix contre 6); Jean Hilger, fermier à la Boissière (12 voix contre 7); Pierre Drouhaud, du Chadeuil (12 voix contre 7), et enfin N…, lesquels ont accepté, prêté serment et signé.

Tous lesquels se sont trouvés remplir les conditions d’éligibilité exigées par les décrets. Jean Martineau, syndic désigné sur le tableau, ayant été requis de signer tous les actes de ces différentes nominations, a déclaré ne savoir signer.

Fait et clos ledit procès-verbal, le 8 février 1790, à dix heures du matin. Ont signé: le président du scrutin, les scrutateurs, les officiers municipaux et les notables.

Le procès-verbal de nomination (élection) étant clos et signé, nous, maire, officiers municipaux et syndic, avons nommé greffier de la municipalité Jean Bouyer, de Chantemerle, lequel a accepté sa nomination et prêté serment.

Cette élection ne fut le fait que de la portion des habitants qui se trouvaient sur le territoire primitif de l’ancienne commune; mais les habitants d’une portion du territoire actuel, désignée à cette époque sous le nom d’enclave de Lizant, et qui se trouvaient alors dépendre du département de la Vienne, élevèrent « leurs protestations contre l’ordre de choses existant. » Ils optèrent pour Taizé et firent les démarches nécessaires pour arriver à ce but.

Nous lisons aux archives, à la date du 7 novembre 1790:

Nous, officiers municipaux de la paroisse de Taizé-Aizie, étant assemblés au lieu ordinaire de nos séances, sont entrés les habitants des villages du Bourgneuf, Puipatrop, Usseau, Chez-Larreau, Boistillet, tous lesquels villages font partie de cette paroisse et sont enclavés dans celle de Lizant, district de Civray (Vienne), ci-devant province du Poitou; lesquels nous ont exposé que depuis longtemps, ils désiraient ardemment se réunir au surplus des habitants de cette paroisse pour ne former à l’avenir qu’une seule et même commune…

Espérant que la concorde et une bonne harmonie régneront toujours entre eux et nous, qu’il ne leur restera rien à désirer s’ils sont assez heureux pour être aussi favorablement accueillis par le département de la Charente et le district de Ruffec que par la communauté de Taizé-Aizie, etc…

Cette adjonction fut adoptée par le département et par le district et donna lieu, le 14 novembre 1790, à de nouvelles élections, comme en témoigne le procès-verbal suivant de nos archives:

Le 14 novembre 1790, les citoyens actifs de la paroisse de Taizé-Aizie, tant ceux de la ci-devant province d’Angoumois que ceux ci-devant enclavés dans celle du Poitou, légalement convoqués et assemblés sur la réquisition du procureur-syndic de la commune, en exécution de l’article 45 du décret de l’assemblée nationale sur l’organisation des municipalités, la séance étant ouverte et Pierre Favre, maire, ayant dit que l’objet de la convocation était le renouvellement des officiers municipaux et notables, on y a procédé comme il suit:

Les officiers municipaux ayant tiré au sort, par l’avènement d’icelui Pierre Albert se trouve déchu de sa dignité. Les notables ayant aussi tiré au sort, Pierre Drouhaud et Jean Lavaud, ainsi que Michel Bouillon, actuellement demeurant dans la paroisse des Adjots, se sont trouvés déchus de leur place.

Attendu la réunion de la partie de cette paroisse, ci-devant enclavée dans le Poitou, au surplus d’icelle, opérée par acte du 7 de ce mois (ce qui augmente de plus d’un tiers le nombre d’individus qui la composent), l’assemblée, sous la présidence de Pierre Chaignaud, le plus ancien d’âge, s’est proposée et a arrêté d’augmenter à proportion le nombre des officiers municipaux et notables.

Alors, il a été procédé à la nomination de trois scrutateurs: Pierre Albert, Pierre Bouillon et Pierre Favre, métayer à Boistillet, ont été nommés à la pluralité relative des voix….

Pierre Favre, absent pour cause de maladie, par la disposition des articles 42 et 43 du décret de l’assemblée nationale, étant resté maire, et Pierre Bouillon étant aussi resté, par le sort, premier officier municipal, on procéda par scrutin à l’élection de quatre officiers municipaux: Pierre Debenêt, Pierre Martin, Pierre Drouhaud et Jean Bouyer; et on maintint comme procureur-syndic, le sieur Folquier, prieur-curé, qui accepta.

Pour remplacer Jean Bouyer, devenu officier municipal, on nomma greffier Bouïn Beaupré (a), bien qu’il n’eut pas l’âge requis. Il accepta. Il habitait au Bourgneuf.

(a) Ce Bouïn Beaupré ou Bouïn de Beaupré (on trouve l’un et l’autre), appartenait à une famille originaire de Ruffec, aujourd’hui éteinte, qui portait: « d’azur au chevron d’or accompagné de deux étoiles de même en chef, et en pointe d’un mouton (alias un chien ou un âne) d’argent passant sur une terrasse d’or ».

Dans les registres de Ruffec, on trouve à la date du 12 février 1753, une adjuration publique faite à Ruffec de l’hérésie de Calvin, par un Pierre Bouïn de Beaupré.

Un autre François Bouïn, sieur de Beaupré, fut maître de poste à Ruffec en 1760, il avait épousé Madeleine Deléchelle; vers cette époque, on trouve des Deléchelle à Taizé; peut-être Bouïn Beaupré qui fut greffier de la municipalité en 1790, descendait-il de ce maître de poste.

On trouve aussi un François Bouïn , sieur de Beaupré, de la paroisse de Taizé-Aizie, fils de Jean Bouïn et de Suzanne Jolly, marié le 18 janvier 1762 à Marie-Madeleine Charpentier.

Le 23 janvier 1791, conformément aux décrets de l’assemblée nationale sanctionnés par le roi le 1er décembre 1790, la municipalité procéda au partage en six sections de la commune de Taizé-Aizie; puis on désigna les limites de chaque section pour que, dit le procès verbal, cette division ne puisse être exposée à des variations qui apporteraient la confusion dans les opérations dont elle doit être la base.

Voici cette division:

La 1re section, dite de Puipatrop, est limitée, au nord par les terres dépendantes de Lizant (Vienne), au couchant par le fleuve la Charente, et au midi par le chemin qui conduit de l’ancien pont de Taizé au carrefour du poteau d’Usseau.

La IIe section, dite d’Usseau, est limitée, au levant par les terres dépendantes de Moutardon et Lizant, au nord par ledit chemin qui conduit de l’ancien pont de Taizé audit carrefour du poteau d’Usseau, au couchant par la Charente, et au midi par la petite eau de Bioussac et les terres de Bioussac.

La IIIe section, dite d’Aizie, est limitée, au levant par la petite eau de Bioussac, au nord par ledit cours de la petite eau de Bioussac et par le fleuve Charente, et au midi par les terres de Bioussac.

La IVe section, dite de Taizé, est limitée, au levant par le fleuve Charente, au nord par le chemin qui conduit de l’ancien pont de Taizé à la grande route de Paris-Bordeaux, au couchant par les terres des Adjots, et au midi par celles de Condac.

La ve section, dite de Chauffour, est limitée, au levant par le fleuve Charente, au nord par le chemin appelé Chemin-des-Anes, qui conduit du moulin de l’Isle aux Adjots, au couchant par les terres des Adjots, et au midi par ledit chemin qui conduit de la route Paris-Bordeaux à l’ancien pont de Taizé.

La VIe section, dite de l’Isle, est limitée, au levant et au nord par le fleuve Charente, au couchant par le chemin qui conduit du gué de Bouthiers au puits de Roissette, d’ici au lieu de la Robertrie par les terres de Voulême (Vienne) et des Adjots, au midi par le susdit chemin appelé Chemin-des-Anes, qui conduit du bourg des Adjots au moulin de l’Isle.

Cette division territoriale a servi de base à l’établissement du plan cadastral de la commune, dressée en 1819.

Après l’établissement de cette division territoriale de notre commune, il resta encore quelques difficultés de démarcation, car le 15 vendémiaire an IV, le directoire du district de Ruffec invite les officiers municipaux de Taizé à se trouver le 3 brumaire sur le territoire en litige, entre Taizé, Moutardon et le district de Civray, pour déterminer les limites jusque-là confuses de la commune de Taizé.

Le 13 novembre 1791, on procéda à une réélection partielle des officiers municipaux.

On élut maire: Bouïn Beaupré; officiers municipaux: Pierre Favre, ci-devant maire, Jean Hilger et Jean Brothier, ci-devant notables; notables: François Brothier, André Brothier, Jean Lavaud l’aîné, Pierre Bouillon, Jean Bonnet et Jean Favre.

Nous ne possédons aux archives qu’une partie des délibérations de cette municipalité. Dans un registre sans reliure commencé le 22 juillet 1792, on ne voit guère que des délibérations sans intérêt jusqu’au 8 décembre 1792, où se fit le renouvellement de l’assemblée municipale. A cette date, Charles Bouïn Beaupré fut réélu maire; Pierre Debenais, Pierre Favre (d’Aizie), Jean Hilger, Pierre Martin et Jean Brothier furent élus ou réélus officiers municipaux et on élut ou réélut comme notables: Pierre Favre (de Boistillet), François Thomas, Pierre Albert, Pierre Bouillon, Jean Charpentier, François Brothier, Jean Lavaud l’aîné, Jean Bonnet, Jean Favre, François Saulnier, Pierre Trouvé et Jean Pelletier.

Cette municipalité, dont les pouvoirs se prolongèrent pendant plusieurs années, fut obligée de faire face à de bien lourdes charges.

La présence sur son territoire de la forge d’Aizie, nationalisée, séquestrée et mise en régie, fut pour elle une source de tracas. D’abord, dès le début il lui fallut enquêter, pendant plusieurs séances, sur les prétendues dilapidations du régisseur Lenoble; et le 12 avril 1793, le comité de la sûreté générale décida que l’assemblée municipale de Taizé prendrait un arrêté par lequel, sur le champ, le capitaine des gardes nationales de cette commune sera requis de commander un piquet de fusiliers (!!!) pour faire conduire à Ruffec le citoyen Lenoble…Il sera enjoint au citoyen officier de la garde nationale de laisser, pendant la nuit, des gardes nationaux de cette commune pour surveiller et empêcher l’évasion dudit Lenoble.

Au mois d’avril 1793, la Convention nationale ayant ordonné une levée de 300.000 hommes,(70) les enrôlements ne se firent pas à Taizé avec l’enthousiasme que se plaisent à décrire certains historiens. C’est ainsi que le 15 avril, la commune de Taizé étant dans l’obligation de fournir trois jeunes gens, pour complément du contingent déjà levé, l’assemblée municipale fut troublée par des jeunes gens « troublés par le vin » et qui en vinrent à des voies de fait, dit le procès-verbal des délibérations; la séance fut levée et l’on invita le Directoire du district à forcer les jeunes gens du contingent à se réunir à Ruffec; ce qui fut fait d’ailleurs, comme le constate le procès-verbal de la séance municipale du 29 avril.

Une nouvelle levée de jeunes gens de 18 à 25 ans ayant été ordonnée, le 29 septembre 1793 les jeunes gens de Taizé-Aizie se réunirent, mais des difficultés s’élevèrent encore. L’assemblée « les a exhortés, en leur rappelant la loi, à partir sans hésiter; ils ont persisté dans leur façon de voir et se sont retirés… » L’assemblée a arrêté qu’elle informera dans la journée l’administration du district de ces faits et qu’elle lui demandera si elle veut que le corps municipal fasse rendre, conformément au voeu des jeunes gens de la réquisition, ceux qui n’en sont point, c’est à dire tous les jeunes gens non mariés et au dessus de 25 ans d’âge.

Bientôt après, une réquisition d’armes, prescrite par la Convention, préoccupa l’assemblée municipale, qui constata que plusieurs habitants de cette commune avaient versé leurs armes, mais qu’un certain nombre d’autres n’avaient pas obéi et avaient gardé celles qu’ils possédaient.

Le 4 frimaire an 1, l’assemblée municipale constate l’envoi d’un arrêté du département de la Charente donnant des ordres exprès aux municipalités pour qu’elles aient, sous leur responsabilité, à faire partir de suite tous les citoyens de la dernière réquisition qui sont revenus dans leurs foyers, sans y être authentiquement autorisés. La municipalité arrêta que « les jeunes gens seront publiquement requis, à l’issue de la messe qui sera célébrée aujourd’hui, d’avoir à rejoindre promptement leurs bataillons; faute par eux de le faire, la gendarmerie sera requise de les y conduire. » Le lendemain, 5 frimaire, l’assemblée municipale, encore réunie en séance, constate que son invitation a été de nul effet et arrête que la gendarmerie de la ville de Ruffec sera requise, dans le plus bref délai, pour faire rejoindre les citoyens dont la liste sera fournie.

A cette date (4 frimaire an I), Bouquet, suppléant du procureur-syndic du district, prévient la municipalité que la loi qui surseoit à la rénovation des municipalités n’a pu être réimprimée par le surcroît de travail des imprimeurs. (Quel encombrement ne devait-il pas y avoir pour que les documents officiels de l’époque ne puissent être imprimés)!

La municipalité se réunissait deux fois la semaine et tenait quelquefois deux séances le même jour, et encore ne réussissait-elle pas à mettre toutes les affaires à jour. Le procureur-syndic du district, Mouroux, lui faisant reproche de son retard, elle répond: « Effectivement nous n’avons point encore lu la loi dont vous nous parlez, car les travaux relatifs aux contributions absorbent tous nos instants…. »

Un peu plus tard, les réquisitions ne se bornèrent plus à des hommes et à des armes. On réquisitionna les couvertures de laine. On reconnut que le citoyen Folquier et le citoyen Guimberteau étaient les seuls à en posséder; ils les versèrent. On réquisitionna les chevaux aussi, et bientôt on déclara qu’il n’en restait plus sur le territoire de la commune.

Mais ce fut surtout pour les grains que les réquisitions se succédèrent, avec un désordre et un enchevêtrement dignes de l’époque. On fut obligé de fournir du blé aux districts de Limoges et de Saint-Junien (Haute-Vienne), à ceux d’Angoulême, La Rochefoucault, Vars, et le 23 germinal, le district de Ruffec décrète une nouvelle contribution que la municipalité de Taizé égalisa comme il suit, le 24 germinal an I :

Pierre Debenais, 750 (a); – Jean Hilger, 1,424; – Jean Mazarat, 1,690, – Pierre Portejoie, 1,338; – François Vergnaud, 1,388; – Pierre Migaud, 1,258; – André Jollit, 114; – François Tribot, 242; – François Prat, 885; – Gabriel Sabouraud, 299; – Pierre Billaudeau, 382; – Pierre Bouyer, 524; – François Perrein, 1,210; – Jean Grenet, 184; – André Guillaud, 1,011; – Jean Bigot, 2,309; – Louis Pintureau, 722; – Charles Raffoux, 1,482; – Jean Machet, 4,240; – Pierre Colas, 635; – François Saulnier, 795; – Louis Parpin, 474; – Françoise Guillemot, 274; – François Pressac, 187; – Pierre Machet, 746; – François Léchelle, 164; – Etienne Peinet, 142; – Jean Repain, 2,043; – André Gagnaire, 152; – Veuve Gaillard, 667; – Charpentier Navarre, 530; – Antoine Marchand, 490; – Pierre trouvé, 1,274; – Pierre Albert, 2,663; – Jean Machet, 58; – Jean Brumaud, 473; – Pierre Martin, 158; – Puipastrop, 322; – Pierre Favre, 1,214; – Larsier, 240; – Pierre Bouillon, 606; – Jean Charpentier, 116; – Jean Thomas, 1913; – Pierre Thomas, 288; – Jean Bonnet, 1,325; – François Gavaslet, 207; – Antoine Brothier, 398; – Guimberteau, 1,173; – Jean Brothier, 198; – Veuve Tabaud, 46; – André Brothier, 259; – François Brumaud, 362; – Gabriel Debenais, 963; – Jean Gourdon, 202; – Jean Martineau, 275; – Pierre Favre, 1,320; – Veuve Jussaume, 96; – Marie et Charles Bouïn-Beaupré, 674; – Pierre Jacquet, 204; – Françoise Ravaud, 306; – Louis Moreau, 1,380; – Charles Brumaud, 773; – Jean Gaultier, 98; – Louis Dechambe, 139; – Pierre Dechambe, 82; – André Peinet, 1,949; – Jean Rouffaud, 626; – François Beau, 7; – Veuve Boulard, 466; – Gire veuve Bigot, 18; – Jean Perrein, 244; – Jean Trillaud, 187; – François Michaud, 742; – Jean Guiard, 747; – Jacques Morin, 274; – François Brothier, 173; – François Machet, 161; – Pierre Coudert, 992; – François Lafond, 378; – Jean Pelletier, 1,245; – Pierre Biraud, 360; – Jean Pelladeau, 1,028; – Pierre Chaigneau, 1,290; – Pierre Bardeau, 1,672; – Pierre Maudet, 542; – Jean Vigier, 558; – Jean Bouyer, 878; – Veuve Brisson, 33; – Pierre Sanso, 290; – Jeoffroy, 2,315; – Jean Lavaud (l’aîné), 370; – Jean Lavaud (jeune), 632.

(a) Les chiffres expriment le nombre de livres de grains à fournir.

Ces réquisitions, pour les besoins généraux de la France, pleuvaient sur la commune; et la municipalité était chargée de les organiser. Le régisseur de la forge, Dreux, pour y faire régner « l’activité révolutionnaire » prescrite par le délégué du représentant du peuple Romme, sommait de son côté la municipalité de lui fournir les hommes, les grains, les chevaux et les fourrages dont il avait besoin. Toutefois, le 5 prairial, un membre de l’assemblée municipale trouvait encore le temps de faire observer que: « l’arbre de la liberté a été planté et croit dans toutes les communes voisines; qu’il serait temps d’en planter un dans celle-ci et de célébrer l’inauguration du temple de la Raison ». L’assemblée, considérant que l’arbre de la liberté ne devant jamais dépérir sur le sol français (!!!) il convenait d’attendre une saison plus favorable pour le planter, d’autant mieux que l’assemblée a procédé à la plantation de celui qui existe dans la cour de la forge nationale de cette commune. En conséquence, arrête qu’il sera fait des préparatifs pour la célébration de la fête sus-énoncée, et qu’il sera procédé à la plantation de l’arbre de la liberté en brumaire ou frimaire prochain.

Le registre des délibérations de cette municipalité se termine le 20 thermidor, 2e année de la République, par une séance où l’on enregistre l’ordre du district de lui envoyer le rôle du don patriotique de la commune de Taizé-Aizie.

Un arrêté (encore aux archives), signé à Limoges le 29 thermidor, an III par le représentant du peuple, J.-A. Pénières, donne le tableau suivant des citoyens qui doivent composer la municipalité et le conseil général de la commune de Taizé-Aizie:

Bouïn-Beaupré, maire.

Officiers municipaux: Pierre Debenay, Pierre Favre, Jean Hilger, Pierre Martin, Jean Brothier.

Notables: Pierre Favre, François Thomas, Pierre Albert, Pierre Bouillon, Jean Charpentier, François Brothier, Jean Lavaud (l’aîné), Jean-Pierre Trouvé, François Ravaud, Bonnet, Jean Favre, François Saulnier.

Procureur-syndic: Jean Bouyer.

Greffier: André Brothier.

A partir du 20 thermidor an III, les registres des délibérations municipales manquent. Les archives, sous le premier empire, ne contiennent conséquemment rien d’intéressant que l’établissement des budgets annuels. Ils sont d’une brièveté déconcertante.

Un arrêté du préfet de la Charente, en date du 18 octobre 1822, fixe ainsi la composition du conseil municipal de Taizé-Aizie:

Debenais Pierre, Repain Pierre, Brothier Jean, Thomas François, Mimaud Pierre, Bouyer Jean, Guilhaud Pierre, Larüe Chataigner, Trouvé Pierre, Bernard Louis.

Pour les registres, on les retrouve après 1830 et on y lit, à la date du 20 avril 1833, qu’après délibération, le conseil municipal présente au comité d’enseignement de l’arrondissement de Ruffec, à l’effet d’être nommé instituteur communal de Taizé, « Billochon François, né à Condac, muni d’un certificat de capacité du 3e degré; comme il exerce dans cette commune depuis plus de sept ans, il doit être considéré comme instituteur communal, puisqu’il jouissait d’une indemnité de logement que la commune lui donnait pour instruire les enfants indigents. »

A la session du 15 mai 1833, on remarque les signatures de: Mimaud, Laboissière, Salmon, Brothier, Gallais, Léchelle, Marchive, Clerville (sous-préfet), Geoffroy, Bouyer, Bernard, Marsat fils pour son père, F.-P. D’Hémery et Mimaud-Lafuie, maire, comme plus fort imposés de la commune de Taizé.

Le 16 juin 1834, le conseil municipal propose des modifications au tarif de péage que veut établir l’administration au pont qu’elle est décidée à construire au village de l’Isle.

Le 5 juin 1836, ce même conseil municipal reconnaît que, pour le classement des chemins vicinaux de grande communication, le chemin de grande vicinalité de Ruffec à Civray, passant au centre de ladite commune, est le plus pratiqué (a). On bâtit le pont de l’Isle peu après, mais il n’y eut pas de droit de péage.

(a) Ce chemin avait été ouvert en 1740 et on y avait employé dans la Vienne une grande partie des pierres de l’ancien château de Civray, qui était en ruines à cette époque. A la Révolution, on dispersa les derniers vestiges de ce château.

Une délibération, approuvant la création de la ligne Paris-Bordeaux, dut faire l’objet d’une vive discussion, car elle ne paraît avoir que quelques signatures; mais un avis favorable fut plus tard unanimement donné pour la création d’une gare à Ruffec.

En septembre 1846, vu l’incapacité notoire du sieur Billochon à remplir les fonctions de régent (instituteur), on demande la permission de le remplacer, et ce fut René Brothier qui le remplaça, en 1847. Mimaud-Lafuie était encore maire de Taizé-Aizie à cette époque. Les événements de 1848 amenèrent son remplacement par M. Perrein, qui signa presque aussitôt la révocation de Jean Boisson, comme garde-champêtre, lequel fut remplacé par P. Michaud.

En 1849, on vota 200 fr. pour achever la restauration du pont de la Moulinatte et pour planter les arbres actuels du communal de Chauffour.

Le registre des délibérations municipales, sous le second Empire, ne se trouve pas aux archives communales; ce n’est qu’à partir de 1869 qu’on retrouve la suite des délibérations de nos assemblées municipales, pour l’histoire locale.

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