IX
BOISTILLÉ
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BoistillĂ© (on Ă©crit aussi Boistillet), que M. Favraud,(70) dans ses « Notes rĂ©trospectives sur Ruffec, » qualifie « Maison de plaisance » se compose actuellement d’un corps de bâtiments orientĂ© au midi, entourĂ© de pelouses et de massifs, créés il y a un peu plus d’un demi-siècle, Ă l’Ă©poque oĂą M. Mimaud-Grandchamps transforma l’ancienne maison noble en » maison de plaisance. »
Trois belles allĂ©es de charmilles sĂ©culaires aboutissent Ă cette habitation; un vieux tilleul, remarquable par sa taille et son antiquitĂ©, couvre de son ombrage l’intersection de ces trois allĂ©es, au levant de l’habitation.
Trois fermes qui en dépendent, entourent ce domaine: le Prioux, le Bourgneuf et la ferme du Chadeuil.
Depuis la transformation opĂ©rĂ©e il y a un demi-siècle, il est Ă peu près impossible de discerner ce qui reste de l’ancienne construction. D’après un vieux plan, sans date, la construction primitive comprenait deux corps de bâtiments, dont l’un a complètement disparu; l’autre a Ă©tĂ© mutilĂ© par la destruction de la chapelle, de deux tourelles qui, paraĂ®t-il, dĂ©coraient cette aile et dont les matĂ©riaux sont allĂ©s combler les anciens fossĂ©s.
On a remaniĂ© la distribution intĂ©rieure, la toiture et les ouvertures; on a recouvert d’enduit toute la maçonnerie, les caves seules n’ont pas Ă©tĂ© retouchĂ©es, elles sont peut-ĂŞtre la seule partie restĂ©e intacte de ce qu’avait Ă©difiĂ© jadis la famille de Brilhac, qui possĂ©dait ce fief au XVIe siècle.
Cette famille de Brilhac dite: de Brilhac de Nouzières, Ă©tait une famille noble de l’Ă©chevinage de Poitiers qui compte parmi ses membres plusieurs personnages remarquables, entre autres un premier prĂ©sident du Parlement de Bretagne au XVIIIe siècle et plusieurs commandeurs de Malte.
Ces de Brilhac de Nouzières portaient: « D’azur au chevron d’or chargĂ© de cinq roses de gueules, accompagnĂ© de trois molettes d’or (a) ».
(a) On trouve un blason de cette famille sur une pierre tombale servant de dalle de pavĂ© dans l’Ă©glise de TaizĂ©.
Ces armes étaient celles de Nouzières.
D’après les titres produits pour les preuves de Saint-Cyr en novembre 1697, il est dit positivement dans le contrat de mariage en date du 2 octobre 1527, de Jean de Brilhac, licenciĂ© ès-droits, fils de François de Brilhac et de Charlotte Brunet, qui forment le premier degrĂ© connu de la filiation, que le père donne Ă son fils l’hĂ´tel noble et la seigneurie de Nouzières, tels qu’ils les a acquis d’Antoine de Nouzières (Bibliothèque de Rouen, fonds Martainville, Ve Brilhac).
Ce François de Brilhac, seigneur de Nouzières, avait épousé Charlotte Brunet ou Bonnet en 1497. Leur succession fut, dit-on, partagée noblement en 1533.
Il y eut de ce mariage:
1° Jean de Brilhac, auteur de la branche des seigneurs de Nouzières et de la Riche (a).
(a) Jean de Brilhac, auteur de la branche de Nouzières et de la Riche, fut enquesteur Ă la sĂ©nĂ©chaussĂ©e de Poitiers en 1535, maire de Poitiers en 1536; chargĂ© de recevoir les hommages dus Ă la baronnie de Parthenay en mai 1549, de plus sĂ©neschal de Civray en 1553. Il est auteur d’un « Journal de famille », dont la sociĂ©tĂ© des archives du Poitou a publiĂ© quelques fragments (tome XV). Il eut trois fils:
1° François, qui fut aussi seigneur de la Riche et lieutenant criminel à la sénéchaussée de Poitiers et dont le fils Pierre fut maire de Poitiers en 1614 et reçut dans sa maison le roi Louis XIV. Le portrait de ce Pierre de Brilhac est au musée de la ville de Poitiers. Un de ses petits-fils, Claude de Brilhac, chevalier de Malte, fut commandeur de Villegast (Charente) en 1675 et fit dresser le papier terrier de cette commanderie en 1692;
2° Jean de Brilhac, chef de la branche des Roches de Choisy;
3° RenĂ© de Brilhac, chef de la branche du Parc, Ă©cuyer, seigneur du Parc et Boisvert, qui fut conseiller au prĂ©sidial de Poitiers en 1573 et tint comme son père un « Journal de famille ». Son fils, François de Brilhac, fut aussi Ă©cuyer, seigneur du Parc et de Boisvert, conseiller au prĂ©sidial et laissa un fils, Pierre, chevalier, seigneur du Parc et de Boisvert dont la fille, Marguerite dame du Parc et de Boisvert, Ă©pousa, en 1710, Jean Reveau de Putigny, lieutenant de vaisseau.
2° Nicolas de Brilhac, écuyer, qui fut seigneur de Boistillé; il vivait en 1555 et avait épousé Catherine Babignon, fille de Jean Babignon, juge prévost de Civray.
Il eut: Jean de Brilhac et Catherine de Brilhac.
Jean de Brilhac, écuyer, seigneur de Boistillé, fut, dit-on, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi.
Aux Archives de la Vienne (série H 3), on lit à la date du 29 juillet 1573, une sentence relative à une rente de quatre boisseaux de seigle, deux gélines, quatre sols et deux deniers, due sur des terres possédées par ce Jean de Brilhac, escuyer, seigneur de Boistillé.
Il Ă©pousa RenĂ©e de Parthenay, fille de N…, escuyer, seigneur de Maisonnais, dont il eut: 1° Florence; 2° Marie-Florence de Brilhac, dame de BoistillĂ©, mariĂ©e Ă Gabriel Jourdain, escuyer, seigneur de Traslebost ou Trallebault, le 7 fĂ©vrier 1608, dit d’Hosier, le 11 juillet 1618, disent des mĂ©moires domestiques; elle lui apporta en mariage la terre de BoistillĂ©, qui passa ainsi des Brilhac aux Jourdain, qui la possĂ©dèrent jusqu’Ă la veille de la RĂ©volution.
Ce Gabriel Jourdain, Ă©cuyer, seigneur de Trallebault et page du roi, descendait des Jourdain de Trallebault, une des nombreuses branches de la famille des Jourdain de Saintonge, seigneurs d’Embleville qui furent seigneurs de Forges. Les parchemins de cette antique famille furent brĂ»lĂ©s lors de la destruction de Forges le 7 aoĂ»t 1562.
La famille Jourdain portait: « d’argent au tau de gueules.
En 1430, Jean Jourdain Ă©tait seigneur de Trallebault, il Ă©pousa Denise Bonnin de Messignat. Leur fils, Pierre, seigneur de Trallebault, Ă©tait sous la sauvegarde du roi, suivant sentence rendue le 10 septembre 1481 par Philippe de Comynes, sĂ©neschal du Poitou. Le 17 aoĂ»t 1492, il Ă©pousa N…de Morel; leur fils Jean Jourdain, escuyer, se maria le 15 juin 1517 Ă Jeanne de Montfriand, dont il eut: Gabriel Jourdain, escuyer, seigneur de Trallebault, qui fut exemptĂ© de se trouver au ban de la Haute et Basse Marche, le 29 juillet 1577. Le 14 fĂ©vrier 1552, il avait Ă©pousĂ© Jeanne Guyot d’Asnières, dont Jean Jourdain, escuyer, seigneur de Trallebault, qui Ă©pousa, le 27 mars 1576, Marguerite de La Rochefoucauld, fille de François, seigneur de Bayers et d’Isabelle de La Rochechalais. Ce fut leur fils, Gabriel Jourdain, page du roi, qui Ă©pousa Florence de Brilhac, dame de BoistillĂ©, dont naquirent:
1° Pierre Jourdain; 2° René Jourdain (a).
Aux Archives de la Vienne (b) on trouve huit pièces, dont cinq hommages et trois aveux du fief de Boistillé, situé paroisse de Taizais, en Angoumois, fief ayant droit de moyenne et basse justice, relevant du château de Civray.
(a) RenĂ© Jourdain fut seigneur des Villenaires, les Aubuges, l’abbaye de Saint-Macou; il fut maintenu dans sa noblesse par barentine, du 7 septembre 1667.
(b) Liasse 16e des mouvances de Civray.
La plus ancienne de ces pièces, du 16 octobre 1635, est de Gabriel Jourdain, époux de Florence de Brilhac.
En voici la teneur (les autres sont à peu près semblables):
De vous, mon souverain seigneur et Roi Louis XIIIe, roi de France et de Navarre, je Gabriel Jourdain, escuyer, seigneur de BoistillĂ©, Maisonnay et de La Cour des Adjeaux, connais et confesse et avoue tenir de vous, mon souverain seigneur, Ă cause de votre château de Civray, en Poitou, Ă foy et hommage lige et au devoir de dix sols de chambelage payable Ă mutation de seigneur et d’homme, savoir: Mon hĂ´tel et maison de BoistillĂ©, ses appartenances et dĂ©pendances de cours, jardins, clostures, Ă©curies, fuie et autres aisances sis et situĂ©s en la paroisse de TaizĂ©, dans l’enclave de Lizant ès environs, avec tout droit de fossĂ©s, pontlevis, flanc, canonières, deffansable, fuye, garennes, deffances Ă connils avec droit de prison pour la moyenne et basse justice que j’ai Ă cause de ma dite maison, terre et seigneurie de BoistillĂ©, ainsi que lesdites choses se consistent, se tenant les unes aux autres et que mes prĂ©dĂ©cesseurs et moi en avons jouy….(Suit l’Ă©numĂ©ration des terres et des rentes).
Le fils aîné de Gabriel Jourdain et de Florence de Brilhac, Pierre Jourdain, écuyer, seigneur de Boistillé, du chef de sa mère rendit, à son tour, hommage au château de Civray, le 30 octobre 1635, pour son fief de Boistillé.
Seigneur de BoistillĂ© et de Maisonnais, il fut maintenu noble le 7 septembre 1667. Il avait Ă©pousĂ© le 13 juillet 16…Françoise Rousseau de Ponthieu, dont:
1° Achille, qui suit;
2° Elie, écuyer, seigneur de Maisonnais;
3° Angélique qui, le 27 juin 1684, partagea avec ses frères la succession de leur père; on trouve son enterrement à Taizé le 16 novembre 1692 (âgée de 22 ans), en présence de Marie-Anne de Rechignevoisin, sa belle-soeur;
4° Emmanuel, qui a formĂ© la branche des Jourdain de CrissĂ©, avait Ă©pousĂ© ThĂ©rèse de Villiers, fille d’Antoine de Villiers, Ă©cuyer, seigneur de Chante-merle.
Achille Jourdain (fils aîné de Pierre Jourdain et de Françoise Rousseau), escuyer, seigneur de Boistillé, La Cour des Adjots, Maisonnais, La Cour des Fontaines, épousa le 26 décembre 1671, Marie Foucauld, fille de Raymond, écuyer, seigneur de Montbazon; il fut maintenu noble par ordonnance du 18 mars 1699.
Il épousa (en seconde noces), le 8 octobre 1680, Marie-Anne de Rechignevoisin (a), fille de Gabriel, écuyer, seigneur de Guron et de Catherine Dupin.
(a) (Les Rechignevoisin portaient: « de gueules Ă la fleur de lys d’argent »).
De ce mariage, M. Beauchet-Filleau signale comme enfants:
1° Achille, chevalier, seigneur de Boistillé, capitaine au régiment de Nettancourt, qui épousa le 4 février 1700 Marie Aubineau;
2° René, seigneur de Maisonnais, qui épousa le 9 janvier 1709 Marie Bricault de Verneuil;
3° Marguerite-Catherine, qui Ă©pousa le 5 mai 1711 Pierre-François d’Orfeuil, seigneur de Foucault.
Le 20 juillet 1687, Marie-Anne de Rechignevoisin fut marraine à Taizé de Henri Larsier, fis de Nicolas Larsier et de Marie Mimaud.
Le 6 décembre 1697, son époux, Achille Jourdain, rendit hommage au château de Civray pour son fief de Boistillé.
Le 21 septembre 1691, dans l’Ă©glise de TaizĂ©, on enterrait Achille Jourdain et le 17 novembre de la mĂŞme annĂ©e son Ă©pouse, Marie-Anne de Rechignevoisin.
Leur fils aĂ®nĂ©, Achille Jourdain, chevalier seigneur de BoistillĂ©, capitaine au RĂ©giment de Nettancourt, rendit hommage au château de Civray pour son fief de BoistillĂ© le 24 dĂ©cembre 1703. Il avait Ă©pousĂ© le 4 fĂ©vrier 1700 Marie Aubineau, fille de Nicolas Aubineau, escuyer seigneur de RignĂ©-Montbrun et de Marie Pineau de Viennay, dont il eut (d’après M. Beauchet-Filleau):
1° Achille-Nicolas Jourdain, né le 4 mars 1703, reçut page de la grande écurie le 18 juin 1718, après avoir fait ses preuves de noblesse devant M. de Gallois de la Tour, le 13 octobre 1717;
2° Madeleine Jourdain, qui épousa Louis de Fleury, chevalier seigneur de la Raffinière, décédée le 21 août 1777;
3° Pierre Jourdain, escuyer, seigneur de BoistillĂ©, qui servait dans la 4e brigade de l’escadron de VassĂ© au ban convoquĂ© Ă Saint-Jean-D’Angely le 15 juin 1758;
4° Charlotte-Suzanne Jourdain, mariĂ©e en 1719 Ă LĂ©opold-Stanislas Frothier, escuyer, seigneur de l’Escocière.
Achille Jourdain, Ă©poux de Marie Aubineau, n’habita que peu de temps BoistillĂ© avec sa femme; officier du rĂ©giment de Nettancourt, il suivit son rĂ©giment et mourut jeune.
Marie Aubineau, sa veuve, et Achille-Nicolas, Marie-Charlotte et Suzanne Jourdain, ses enfants, pour prouver leur noblesse, produisirent le contrat de mariage de leur père Achille Jourdain avec Marie Aubineau, en date du 4 février 1700, et signé Rullier et Ribault, notaires à Ruffec, et trois extraits de baptêmes, le premier de Marie-Charlotte, baptisée le 21 novembre 1700 par le curé de Taizé, et les deux autres délivrés par le curé de Saint-Hilaire de la Celle, où Achille-Nicolas et Suzanne avaient été baptisés.
Durant la minoritĂ© des enfants d’Achille Jourdain et de Marie Aubineau, Delhoume, notaire royal aux Robins, dressa plusieurs actes se rapportant Ă leurs biens, entre autres: Procès-verbal, Ă la requĂŞte de messire Gabriel de Rechignevoisin, chevalier seigneur de Guron, prieur du prieurĂ© Saint-Nicolas de Civray,curateur des enfants mineurs du seigneur de BoistillĂ©, au sujet des dĂ©gâts commis dans les bois de la seigneurie de la Croix, appartenant auxdits mineurs (1713).
Vers 1715, une opposition Ă la requĂŞte de Jacques Collin, sieur de la Touche, sur des blĂ©s saisis Ă la poursuite de dame Marie Aubineau, veuve d’Achille Jourdain, seigneur de BoistillĂ©.
A cette Ă©poque, BoistillĂ© Ă©tait habitĂ© par un frère cadet de Achille Jourdain, par RenĂ© (alias Pierre) Jourdain, qui avait Ă©pousĂ© le 9 janvier 1709 Marie-Jacquette Bricault, fille de Charles Bricault, sieur de Verneuil, cinquième descendant d’une ancienne famille originaire de Charroux et qui a donnĂ© un grand nombre de magistrats au siège de Civray (a).
(a) Voici la filiation de cette famille Bricault:
Bricault Etienne achetait le 26 décembre 1573 et le 4 janvier 1574 divers domaines sis paroisse de Chapelle-Bâton;
Bricault Mathurin, son fils, épousa vers 1580 Catherine Gombault;
Bricault Gabriel, sieur de Verneuil, juge sĂ©nĂ©chal de Rochemeau et de la terre et seigneurie de l’aumĂ´nerie rĂ©gulière de l’abbaye de Charroux, Ă©pousa le 22 janvier 1610, Charlotte Gascougnolles, puis le 27 novembre 1626, Esther Robert dont naquit Bricault Charles, sieur de Verneuil, baptisĂ© le 31 mars 1630 et qui eut plusieurs enfants, parmi lesquels: a) Bricault Charles, sieur de Verneuil, beau-père de RenĂ© jourdain; b) et Marguerite Bricault, religieuse bĂ©nĂ©dictine qui fut prieure de Montazais.
En 1715, ce RenĂ© Jourdain donnait par bail Ă moitiĂ© des fruits une mĂ©tairie sise au village d’Aizie.
Le 3 août 1716, ce même René Jourdain rendait hommage au château de Civray pour le fief de Boistillé.
Le 12 juin 1721, avec la permission spĂ©ciale de l’Ă©vĂŞque de Poitiers, il fut procĂ©dĂ© dans la chapelle de BoistillĂ©, au mariage de Louis Frottier, seigneur de Bagneux, fils de haut et puissant seigneur Louis Frottier, seigneur de Lescocière, avec demoiselle Suzanne Jourdain, fille de dĂ©funt Achille Jourdain, chevalier, seigneur de BoistillĂ©, et de dame Marie Aubineau, de la paroisse Saint-Porchaire de Poitiers. Parmi les signatures de ce mariage on lit: Catherine Jourdain, un Boitillet, Rocfeuil de Foucault, Gabriel de Rechignevoisin, un Maisonnais, Gabriel de Rechignevoisin de Guron, prieur de Civray, Frère Bernard de PouchiĂ©, prieur capucin, et plusieurs autres signatures en partie effacĂ©es.
Le 23 janvier 1726, avec la permission spĂ©ciale de l’Ă©vĂŞque de Poitiers, on procĂ©da dans la chapelle de BoistillĂ©, au mariage de Jean-Pierre Jean , Ă©cuyer, sieur d’Allocourt, actuellement commissaire des guerres et ci-devant capitaine au rĂ©giment de Louvignie, de la paroisse Saint-Nicolas de Civray, avec dame Madeleine de la Grange, veuve de Charles Bricault.
Vers 1726, Delhoume dressait un acte de bail à ferme par René Jourdain (chevalier, seigneur de Boistillé, La Croix en Fontaine, Montenais et autres lieux), de la métairie de la Brenne, paroisse de Moutardon.
René Jourdain décéda le 4 mars 1727 à Boistillé, âgé de 40 ans.
En 1727, Louis Frottier et sa femme, Suzanne Jourdain, donnaient procuration à maître René Baudouin, notaire à Poitiers, pour satisfaire à une sentence arbitrale rendue entre lesdits sieurs et M. et Mme de Foucault et Mme Marie Bricault, veuve de René Jourdain.
Le 28 fĂ©vrier 1729, on procĂ©da au mariage, Ă TaizĂ©, de Jean-Louis de Fleury, Ă©cuyer, sieur de la Raffinière et des Minières, avec Madeleine Jourdain, fille mineure de dĂ©funt RenĂ© Jourdain et de Marie Bricault. Etaient prĂ©sents: Françoise Tessereau, grand’mère du mariĂ©, Marie Bricault, mère de la mariĂ©e, Joachin de Fleury, RenĂ©-Charles de Brouilhac, Ă©cuyer, seigneur de la Mothe-de-Gençay, oncle et beau-frère du mariĂ©, Charles Bricault de Verneuil, conseiller du Roi et lieutenant gĂ©nĂ©ral de police au siège royal de Civray, Jacques Tessereau, sieur de MarignĂ©, Pierre Jourdain, frère de la mariĂ©e. Ce Pierre Jourdain fit, au château de Civray, hommage de son fief de BoistillĂ©, le 17 aoĂ»t 1740; « Ă cause de son hostel et maison noble de BoistillĂ©, » est-il dit dans cet hommage.
Vers cette Ă©poque se place l’alliance entre la famille Jourdain et la famille D’HĂ©mery. Un Jourdain Ă©pousa Marie D’HĂ©mery, qui devint dame de Boistillet. On la trouve marraine, le 19 juillet 1740, de Marie Dexmier, fille de François Dexmier, baptisĂ©e Ă TaizĂ©.
Le 18 aoĂ»t 1745, Marie D’HĂ©mery, dame de Boistillet, tint sur les fonts baptismaux, avec François Montreuil, intendant des affaires et de la maison de Saint-Simon, Marie Aubart, fille d’un contrĂ´leur de la forge.
Le 18 dĂ©cembre 1746, un fils Aubart eut pour parrain: Pierre Jourdain, escuyer, seigneur de Boistillet, et pour marraine: Marie D’HĂ©mery, dame de Boistillet. On les trouve plusieurs fois Ă cette Ă©poque parrain et marraine Ă divers baptĂŞmes.
A son baptĂŞme, Ă TaizĂ©, en 1751, Françoise D’HĂ©mery, fille d’Ollivier-Mathurin D’HĂ©mery, chevalier, seigneur de SernĂ© et de l’AbrĂ©gement, commissaire ordinaire d’artillerie, et de Marie de MassacrĂ©, eut pour parrain: Jean de MassacrĂ©, de l’Abrègement, et pour marraine: Françoise de Saluces. On trouve parmi les tĂ©moins de ce baptĂŞme: Suzanne Jourdain, Ollivier d’HĂ©mery, Marie de MassacrĂ©, Catherine D’HĂ©mery, Marie D’HĂ©mery, l’abbĂ© de Saluces, abbĂ© de Saint-Amant. (Morte Ă cinq mois, elle fut enterrĂ©e Ă TaizĂ©).
En 1752, au baptême de Pierre Thomas, le parrain Pierre Jourdain de Boistillet est qualifié escuyer, seigneur dudit lieu et de Saint-Avaine.
Le 27 juillet 1757, en vertu d’une permission spĂ©ciale de l’Ă©vĂŞque de Poitiers, eut lieu dans la chapelle de Boistillet, le mariage de Charles-Colas Dexmier, seigneur de la Roquière, la Bonninière, Domezac et autres lieux, avec demoiselle Julie-Madeleine de Fleury, fille mineure de feu Louis de Fleury et sous l’autoritĂ© de dame Madeleine Jourdain de Boistillet, sa mère, demeurant paroisse de Brux, ledit seigneur Dexmier de la paroisse de Saint-Gourson. On lit parmi les signatures de ce mariage:
Madeleine de Fleury, C. C. Dexmier, Philippe de Fleury, Anne-Charlotte Dexmier, de Messignat, Madeleine Jourdain, veuve Raffinière, Pierre Jourdain de Boistillet, Marie d’HĂ©mery, Marie Dexmier, Charlotte Dexmier, Françoise-Radegonde Dexmier, Marguerite de Fleury, CĂ©sar D’HĂ©mery, Charles-Marie Bricault de Verneuil, Pressac de la Motte, Louis Dexmier de Trio…., LĂ©riget de Grandbois.
Le jeudi 8 dĂ©cembre 1758, fut inhumĂ© dans l’Ă©glise de TaizĂ©, aux sĂ©pultures de la maison, « messire Pierre Jourdain, escuyer, seigneur de Boistillet et autres places, ancien officier au rĂ©giment de Navarre, âgĂ© de 47 ou 48 ans. Sa probitĂ©, la candeur de ses moeurs, les sentiments nobles de son coeur, son amour pour Dieu et pour la religion, l’ont fait gĂ©nĂ©ralement regretter; Ă laquelle inhumation ont assistĂ© les curĂ©s de Lizant, Moutardon, Condac, Barro, Bioussac, les Adjots, TaizĂ©, et toute la noblesse du canton », disent les registres.
A un baptĂŞme, en 1764, Charles Jourdain est qualifiĂ©: escuyer, seigneur de Boistillet, capitaine au rĂ©giment de Brabant-Nallon, au service de sa majestĂ© le roi d’Espagne, tandis que le 19 septembre 1766, ce mĂŞme Charles Jourdain est qualifiĂ©: escuyer, seigneur de Boistillet, chevalier de l’ordre noble militaire de Saint-Jacques en Espagne, lieutenant-colonel au service de sa MajestĂ© catholique, et gentilhomme d’ambassade Ă la cour de Versailles.
Le 8 août 1768, au baptême de Julie-Charlotte, fille de Pierre Eternon, bourgeois de Paris, et de Marie-Anne Pouchou, actuellement à Boistillet, on trouve encore comme parrain: Charles-Louis Jourdain de Boistillet, et comme marraine: dame Julie Des Ruaux (a), son épouse, nouvellement arrivée à Boistillet.
(a) Originaire de Rouffiac-Plassac, près Blanzac (Charente).
Le 5 avril 1769, ils firent Ă leur tour baptiser une fille Julie-Charlotte-Geneviève Françoise. Elle eut pour parrain: Haut et puissant seigneur Charles-François, comte de Broglie, marquis de Ruffec, baron des baronnies d’Aizie, Martreuil et EmpurĂ©, reprĂ©sentĂ© par Pierre Durousseau, seigneur de Fayolles, et pour marraine: Geneviève-Françoise Jourdain, Ă©pouse de François Garnier, seigneur de Ballons.
Le 1er décembre 1770, un autre de leurs enfants: René-Achille-Charles Jourdain, eut pour parrain: René de Galard, marquis de Brassac, et pour marraine: Suzanne Jourdain, marquise de Bagneux. Il mourut le 31 mars 1775, âgé de 4 ans.
Le 3 avril 1772, on baptisa une fille des prĂ©cĂ©dents: AmĂ©lie-Pauline, qui eut pour parrain Jean Chevalier, seigneur de Foucault et marquis d’Orfeuil et pour marraine Julie Gandillaud de Suzay.
Le 28 avril 1773, ils firent baptiser une autre fille: Geneviève-Charlotte-CĂ©lestine Jourdain, qui eut pour parrain: RenĂ©-Achille-Charles Jourdain de Boistillet, et pour marraine: Geneviève-Julie-Charlotte-Françoise Jourdain, « reprĂ©sentĂ©s par Pierre Sicaud et Marguerite Barraud, domestiques du château », disent les registres.
Le 8 octobre 1774 fut inhumĂ©e dans l’Ă©glise de TaizĂ©, Julie-DorothĂ©e Des Ruaux, Ă©pouse de Charles-Louis Jourdain, chevalier, comte de Rouffiac, seigneur de Boistillet, âgĂ©e de 41 ans.
A partir de cette Ă©poque, les registres de l’Etat religieux de TaizĂ© ne contiennent plus aucune mention des Jourdain de Boistillet; mais dans les parchemins de Boistillet on retrouve les actes de plusieurs achats, postĂ©rieurs Ă 1775 et effectuĂ©s par Charles-Louis Jourdain. C’est ainsi que « par devant les notaires de la ville et marquisat de Ruffec, en Angoumois, Gabriel Guillemot, laboureur, demeurant au village de Puipatrop, paroisse de TaizĂ©-Aizie, enclave de Lizant….a vendu, cĂ©dĂ©, quittĂ©, dĂ©laissĂ© et transportĂ© avec promesse de garantie de tout trouble, Ă©viction et empĂŞchement quelconque….Ă messire Charles-Louis Jourdain, escuyer, seigneur de Boistillet, BrĂŞmes et autres lieux, servant actuellement en qualitĂ© de capitaine sa MajestĂ© chrĂ©tienne, demeurant ordinairement en son logis de Boistillet….deux pièces de terre labourable et deux petits morceaux de terre en bois taillis, situĂ©s près la garenne dudit sieur de Boistillet, au lieu appelĂ© les Groies, en ladite paroisse de TaizĂ©.
Après la mort de Madeleine-Julie Des Ruaux, la prospérité matérielle ne dura pas longtemps chez les Jourdain. Bientôt, Charles-Louis Jourdain hypothéqua ses biens qui furent saisis en 1785, comme en témoignent les pièces suivantes des archives de Boistillet:
Par devant les conseillers de Roi, notaires au châtelet de Paris, fut prĂ©sent messire Charles-Louis Jourdain, chevalier, seigneur de Boistillet, comte de Rouffiac, chevalier de l’ordre royal, noble et militaire de saint Jacques, colonel au service de sa MajestĂ© catholique, en son nom et comme père et loyal administrateur de ses enfants mineurs et (des biens) de Madeleine Julie des Ruaux, son Ă©pouse dĂ©cĂ©dĂ©e;….lequel a fait et constituĂ© son procureur gĂ©nĂ©ral et spĂ©cial, M. Claude-Madeleine Vitteau, fĂ©odiste, demeurant au château de Bric, près Aulnay, en Poitou, auquel il donne pouvoir de prendre les arrangements qui paraĂ®tront les plus convenables au dit sieur Vitteau, avec les crĂ©anciers de mon dit sieur constituant et de la succession de ma dite dame, son Ă©pouse dĂ©cĂ©dĂ©e; et pour parvenir Ă la libĂ©ration desdits crĂ©anciers, vendre jusqu’Ă due concurrence, le tout ou partie de la dite terre de Boistillet; dĂ©lĂ©guer lesdits crĂ©anciers pour ce qui leur sera dĂ» lĂ©gitimement en principaux intĂ©rĂŞts et ce faire sur le prix des objets qui auront Ă©tĂ© vendus, demander par suite l’homologation partout oĂą besoin sera des contrats de vente qui auront Ă©tĂ© passĂ©s, procĂ©der Ă toutes liquidations et partages avec les reprĂ©sentants de messire Charles Jourdain, frère de mon dit sieur constituant, faire et accepter tous lots et actes de partage, rĂ©gler sur tout comptes et dĂ©bats respectifs, retirer tous titres, tant concernant cette succession que tous autres, des mains de toutes les personnes qui pourraient en ĂŞtre chargĂ©es, leur en donner toute quittance et dĂ©charge valables.
Et relativement aux affaires personnelles de mon dit sieur constituant, faire ce que les circonstances exigeront, faire Ă©voquer en la Cour du parlement de Paris la saisie rĂ©elle, actuellement subsistante, de la terre de Boistillet, en interjetter tout appel en ladite Cour et gĂ©nĂ©ralement faire Ă cet Ă©gard tout ce qui sera nĂ©cessaire, requĂ©rir aussi toutes mains levĂ©es de la part des crĂ©anciers qui auront Ă©tĂ© payĂ©s, faire rayer ladite saisie rĂ©elle…., faire lever la saisie qui a Ă©tĂ© faite entre les mains des fermiers de la dite terre de Rouffiac, leur faire vider les mains après l’apurement des comptes, faire procĂ©der Ă la visite de la dite terre après l’expiration du bail actuel, renouveler ledit bail ou mettre la dite terre en règie, suivant qu’il sera plus convenable aux intĂ©rĂŞts de mondit sieur constituant.
Fait et passé à Paris le 14 décembre 1785; signés: Boulard et Trutat, notaires.
En vertu de cette dĂ©lĂ©gation par devant les notaires du marquisat de Ruffec: Balland et Pinoteau, le sieur Claude Vitteau vendit, cĂ©da, livra, quitta, dĂ©laissa et transporta avec promesse de garanties Ă perpĂ©tuitĂ© de toutes dettes, charges, hypothèques, Ă©victions, etc., Ă maĂ®tre Jean-Baptiste Thorel, avocat en parlement, juge assesseur du marquisat dudit Ruffec, et Ă dame Marguerite-Pierrette Gauthier, son Ă©pouse….et Ă maĂ®tre Gabriel Larsier, docteur en mĂ©decine, veuf de dame Marie Gauthier, tant en son nom personnel que comme père et lĂ©gal administrateur de Marie Larsier, leur fille et de laquelle il se fait fort et promet de lui faire approuver et ratifier les prĂ©sentes Ă peine de tous dĂ©pens; lequel dit sieur Larsier dĂ©clare faire tant pour lui que pour sieur Claude-Joseph Giraud, commissaire de la marine et dame Françoise Gaultier, son Ă©pouse, et desquels il se fait fort Ă peine de tous dĂ©pens….
La petite mĂ©tairie du Chadeuil, consistant en bâtiments, terres labourables et non labourables…., plus la petite borderie nommĂ©e de la Glaye, situĂ©e au lieu dit le Bourgneuf, en quoi qu’elle puisse consister et sans rĂ©serve, plus une partie de terre renfermĂ©e actuellement dans la basse garenne de Boistillet, quoi ledit seigneur de Boistillet a acquis de diffĂ©rents particuliers et gĂ©nĂ©ralement toutes les acquisitions et rĂ©unions que ledit seigneur de Boistillet a faites, dont quoi les sieur et dame Thorel et ledit sieur Larsier ont dĂ©clarĂ© bien connaĂ®tre.
Relevant les objets vendus du château de Ruffec Ă un boisseau de seigle de rente noble que les sieurs acquĂ©reurs payeront Ă l’avenir….
Fait et passé à Ruffec le 25 mai 1786.
Dans le compte que rend Ă la Nation, en 1790, J.-B. Thorel, comptable du marquisat de Ruffec, au chapitre: Frais de procĂ©dure dans les affaires civiles, criminelles et de police, on lit: « En 1787, la somme de quatre livres quinze sols par lui (le comptable) payĂ©e pour les frais d’une opposition faite Ă la requĂŞte des hĂ©ritiers de M. de Broglie, au sceau des lettres de ratification de la vente de la ci-devant seigneurie de BoistillĂ©. »
Comme on va le voir plus loin, ces crĂ©anciers, acquĂ©reurs des biens des Jourdain de BoistillĂ©, n’Ă©taient pas des Ă©trangers, mais des cohĂ©ritiers.
Entre 1660 et 1685, trois frères Jourdain paraissent avoir eu des droits à peu près égaux à Boistillet:
1° Charles Jourdain, mort sans postérité.
2° Charles-Louis Jourdain, époux de Julie-Dorothée Des Ruaux.
3° Suzanne Jourdain, leur soeur, qui avait Ă©pousĂ© Jacques-François Gaultier, capitaine de cavalerie et chevalier de l’ordre royal de Saint-Louis, qui dĂ©cĂ©da le 5 aoĂ»t 1785, Ă Limoges.
Du mariage Jacques-François Gaultier avec Susanne Jourdain étaient nées trois filles:
1° Marguerite-Pierrette, qui épousa J.-B. Thorel.
2° Françoise, qui épousa Claude-Joseph Girault.
3° Marie, qui épousa Gabriel Larsier.
Cette dernière, morte jeune, n’eut qu’une fille, Marie Larsier.
En 1785, tous ces cohéritiers, ayant des droits sur la seigneurie de Boistillet, en firent opérer la saisie entre les mains de Charles-Louis Jourdain, pour faire liquider leurs droits.
Après divers arrangements entre eux, ces cohĂ©ritiers passèrent et signèrent Ă Ruffec l’acte suivant (a), le 17 aoĂ»t 1787:
(a) Il m’a Ă©tĂ© gracieusement communiquĂ© par M. J. M  , descendant d’une de ces familles, qui possède l’original ainsi que divers autres papiers tels que l’acte de partage fait le 20 avril 1779, par Jacques-François Gaultier, et son testament olographe fait le 1er avril 1781.
Entre les soussignés:
Me Jean-Baptiste Thorel, avocat en parlement, assesseur du marquisat de Ruffec, et Marguerite Pierrette Gautier, son Ă©pouse, qu’il autorise Ă l’effet des prĂ©sentes, demeurant en la ville de Ruffec; sieur Claude-Joseph Giraud, commissaire aux classes de la marine et dame Françoise Gaultier, son Ă©pouse, qu’il autorise Ă l’effet des prĂ©sentes, demeurant Ă Auvillars; et sieur Gabriel Larsier, docteur en mĂ©decine, tant en son nom personnel que comme père et lĂ©gal administrateur de demoiselle Marie Larsier, fille mineure de lui et de dame Marie Gaultier, son Ă©pouse, dĂ©cĂ©dĂ©e, demeurant en la ville de Ruffec.
Les dites dames Thorel, Girault et demoiselle Marie Larsier, héritières chacune pour un tiers du sieur Jacques-François Gaultier, leur père et grand père, et de dame Suzanne Jourdain, leur mère et grande mère et pour un quart au total de Charles Jourdain, leur oncle et grand oncle.
A Ă©tĂ© dit que par acte du 20 avril 1779 ledit sieur Gaultier a partagĂ© entre lesdites dames Thorel et Girault et demoiselle Marie Larsier, ses filles et petite fille, les biens Ă lui appartenant Ă l’exception de ses meubles, meubles meublant, linge, argenterie, bijoux et effets, desquels il s’est rĂ©servĂ© la libre disposition;
Que le premier lot, qu’il a attribuĂ© Ă Marie Larsier, sa petite fille, s’Ă©lève pour la totalitĂ© Ă trente mille livres, Ă©gal en cela Ă chacun des deux autres.
(Suit l’Ă©numĂ©ration dĂ©taillĂ©e des biens et des revenus qui constituent chacun de ces lots. Dans la 3e part attribuĂ©e Ă madame Girault, figure une somme de trois mille livres due par Louis-Charles Jourdain de BoistillĂ© Ă Jacques-François Gaultier; et celle de cinq mille livres constituĂ©e en dot par ledit sieur Gaultier Ă ladite dame Girault et Ă laquelle il a Ă©valuĂ© tous les droits appartenant Ă ses filles et petite fille, dans la succession de Suzanne Jourdain, leur mère et grand mère et dans celle de Charles Jourdain, leur oncle).
Que par acte du 20 avril et du 1er mai de la dite année 1779, lesdits sieur et dame Thorel et lesdits sieur et dame Girault et ledit sieur Larsier, tant en son nom personnel, que comme légal administrateur de sa fille mineure, ont acquiescé audit partage;
Que ledit sieur Gaultier est décédé le 5 août 1785;
Que par acte sous signature privĂ©e, du 18 octobre suivant, lesdites parties ont consenti chacune Ă leur Ă©gard, tant Ă l’exĂ©cution du dit partage, qu’Ă celle du testament dudit sieur Gaultier du 1er avril 1781, par lequel il a disposĂ© en faveur de ses hĂ©ritiers qui acquiesceraient audit partage de la totalitĂ© de ses meubles, meubles meublant, et effets dont il s’Ă©tait rĂ©servĂ© la disposition (a);
(a) Dans ce partage, après décès, des meubles, argenterie, bijoux et effets de G. F. Gaultier, on voit figurer une boîte en or avec des orangers qui furent estimés ensemble 600 livres; ces orangers, devenus la propriété de Larsier Marie, furent portés à Boistillé; la famille Mimaud-Granchamps les a vendus il y a quelques années.
Qu’une sentence de la sĂ©nĂ©chaussĂ©e de Civray, confirmĂ©e par arrĂŞt du parlement, a condamnĂ© Louis-Charles Jourdain, seigneur de BoistillĂ©, Ă payer aux sieur et dame Thorel, sieur et dame Girault et demoiselle Marie Larsier, la somme de 4600 livres, avec les intĂ©rĂŞts Ă compter du 14 mai 1774; et a ordonnĂ© qu’il serait procĂ©dĂ© a l’estimation, tant de la seigneurie de BoistillĂ©, que des jouissances que ledit sieur Louis-Charles Jourdain avait perçues de la portion affĂ©rente Ă Charles Jourdain dans la dite seigneurie, pour en ĂŞtre dĂ©laissĂ© et restituĂ© aux dites dames Thorel, Girault et Ă demoiselle Marie Larsier, la portion pour laquelle elles y Ă©taient fondĂ©es.
Que depuis cet arrĂŞt les parties ont traitĂ© et composĂ© avec le sieur Vitteau, fondĂ© de la procuration de Monsieur de BoistillĂ©; Ă la somme de 2054 livres pour tous les droits Ă elles appartenant dans la succession de Charles Jourdain, tant en principal qu’en jouissance;
Enfin, que par les actes passĂ©s devant Pinoteau, notaire Ă Ruffec, le 25 mai dernier, lesdits sieur et dame Thorel et ledit sieur Larsier, tant en leur nom que comme se faisant et portant fort desdits sieur et dame Girault, ont acquis dudit sieur Vitteau audit nom, tant purement et simplement qu’Ă titre de licitation et de partage, LA TOTALITE DE LADITE SEIGNEURIE DE BOISTILLE.
(Suit l’Ă©numĂ©ration des arrangements spĂ©ciaux par lesquels le sieur Claude Girault et sa femme cèdent leur part de BoistillĂ© au scieur J.-B. Thorel, Ă sa femme et Ă Gabriel Larsier, agissant pour sa fille mineure.)
Un peu plus tard, les Thorel vendirent Ă leur tour la part qui leur revenait sur BoistillĂ© aux Larsier et Marie-Pauline Larsier, qui mourut sans enfants et fut enterrĂ©e Ă TaizĂ© (a) le 13 aoĂ»t 1815, laissa par testament le domaine de BoistillĂ© Ă son mari, M. Mimaud-Grandchamps, le grand’père des propriĂ©taires actuels.
(a) Sa tombe se trouvait au chevet de l’Ă©glise; lors du transfert du cimetière, la famille Mimaud-Grandchamps fit exhumer ses restes et les fit transporter dans le nouveau cimetière oĂą ils reposent maintenant, sous leur mĂŞme pierre tombale.


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