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"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a Cent Ans…

DÉCEMBRE 1917

– 6. Russie : Nicolas II et la famille impériale sont faits prisonniers a Tobolsk.

– 7. Les États-Unis déclarent la guerre à l’Autriche-Hongrie..

– 7. Début d’une suspension des hostilités de 10 jours entre la Russie et L’Autriche-Hongrie.

– 8. Russie : défaite électorale des bolcheviks.

– 9. Les soldats anglais occupent Jérusalem que les Turcs ont abandonné.

– 9. Portugal : les républicains renversent le gouvernement d’Alfonso Costa. Sidonio Pais prend la tête du gouvernement provisoire.

– 9. La Finlande exige l’évacuation totale des troupes russes.

-10. Le Comité international de la Croix-Rouge obtient le prix Nobel de la paix.

-12. France : mise en accusation de J. Caillaux. dans une affaire d’espionnage.

– l5. Premier anniversaire de la victoire de Verdun.

– l5. Armistice prolongé entre les puissances centrales et la Russie.

– l5. Paris: la Chambre lève l’immunité parlementaire de J. Calllaux.

– 22. Brest-Litovsk : début des pourparlers pour la paix entre les puissances centrales et les représentants du gouvernements des soviets.

– 23. France : la censure autorise Ia presse révélé au public qu’il fait –11° à Paris.

– 30. 9356000 tonnes: c’est le tonnage brut correspondant aux bateaux coulés par les sous-marins allemands en 1917.

– 31. L’interdiction de l’ordre des jésuites est levée en Allemagne.

NAISSANCES

– 9. Kirk Douglas. Acteur américain

– 21. Heinrich Böll écrivain allemand († 16.7. l985)

 

Chronique du XXe siècle – Édition Larousse

Boistillé

J'aime, donc je partage...

IX

BOISTILLÉ

—————-

Boistillé (on écrit aussi Boistillet), que M. Favraud,(70) dans ses « Notes rétrospectives sur Ruffec, » qualifie « Maison de plaisance » se compose actuellement d’un corps de bâtiments orienté au midi, entouré de pelouses et de massifs, créés il y a un peu plus d’un demi-siècle, à l’époque où M. Mimaud-Grandchamps transforma l’ancienne maison noble en  » maison de plaisance. »

Trois belles allées de charmilles séculaires aboutissent à cette habitation; un vieux tilleul, remarquable par sa taille et son antiquité, couvre de son ombrage l’intersection de ces trois allées, au levant de l’habitation.

Trois fermes qui en dépendent, entourent ce domaine: le Prioux, le Bourgneuf et la ferme du Chadeuil.

Depuis la transformation opérée il y a un demi-siècle, il est à peu près impossible de discerner ce qui reste de l’ancienne construction. D’après un vieux plan, sans date, la construction primitive comprenait deux corps de bâtiments, dont l’un a complètement disparu; l’autre a été mutilé par la destruction de la chapelle, de deux tourelles qui, paraît-il, décoraient cette aile et dont les matériaux sont allés combler les anciens fossés.

On a remanié la distribution intérieure, la toiture et les ouvertures; on a recouvert d’enduit toute la maçonnerie, les caves seules n’ont pas été retouchées, elles sont peut-être la seule partie restée intacte de ce qu’avait édifié jadis la famille de Brilhac, qui possédait ce fief au XVIe siècle.

Cette famille de Brilhac dite: de Brilhac de Nouzières, était une famille noble de l’échevinage de Poitiers qui compte parmi ses membres plusieurs personnages remarquables, entre autres un premier président du Parlement de Bretagne au XVIIIe siècle et plusieurs commandeurs de Malte.

Ces de Brilhac de Nouzières portaient: « D’azur au chevron d’or chargé de cinq roses de gueules, accompagné de trois molettes d’or (a) ».

(a) On trouve un blason de cette famille sur une pierre tombale servant de dalle de pavé dans l’église de Taizé.

Ces armes étaient celles de Nouzières.

D’après les titres produits pour les preuves de Saint-Cyr en novembre 1697, il est dit positivement dans le contrat de mariage en date du 2 octobre 1527, de Jean de Brilhac, licencié ès-droits, fils de François de Brilhac et de Charlotte Brunet, qui forment le premier degré connu de la filiation, que le père donne à son fils l’hôtel noble et la seigneurie de Nouzières, tels qu’ils les a acquis d’Antoine de Nouzières (Bibliothèque de Rouen, fonds Martainville, Ve Brilhac).

Ce François de Brilhac, seigneur de Nouzières, avait épousé Charlotte Brunet ou Bonnet en 1497. Leur succession fut, dit-on, partagée noblement en 1533.

Il y eut de ce mariage:

Jean de Brilhac, auteur de la branche des seigneurs de Nouzières et de la Riche (a).

(a) Jean de Brilhac, auteur de la branche de Nouzières et de la Riche, fut enquesteur à la sénéchaussée de Poitiers en 1535, maire de Poitiers en 1536; chargé de recevoir les hommages dus à la baronnie de Parthenay en mai 1549, de plus séneschal de Civray en 1553. Il est auteur d’un « Journal de famille », dont la société des archives du Poitou a publié quelques fragments (tome XV). Il eut trois fils:

1° François, qui fut aussi seigneur de la Riche et lieutenant criminel à la sénéchaussée de Poitiers et dont le fils Pierre fut maire de Poitiers en 1614 et reçut dans sa maison  le roi Louis XIV. Le portrait de ce Pierre de Brilhac est au musée de la ville de Poitiers. Un de ses petits-fils, Claude de Brilhac, chevalier de Malte, fut commandeur de Villegast (Charente) en 1675 et fit dresser le papier terrier de cette commanderie en 1692;

2° Jean de Brilhac, chef de la branche des Roches de Choisy;

3° René de Brilhac, chef de la branche du Parc, écuyer, seigneur du Parc et Boisvert, qui fut conseiller au présidial de Poitiers en 1573 et tint comme son père un « Journal de famille ». Son fils, François de Brilhac, fut aussi écuyer, seigneur du Parc et de Boisvert, conseiller au présidial et laissa un fils, Pierre, chevalier, seigneur du Parc et de Boisvert dont la fille, Marguerite dame du Parc et de Boisvert, épousa, en 1710, Jean Reveau de Putigny, lieutenant de vaisseau.

Nicolas de Brilhac, écuyer, qui fut seigneur de Boistillé; il vivait en 1555 et avait épousé Catherine Babignon, fille de Jean Babignon, juge prévost de Civray.

Il eut: Jean de Brilhac et Catherine de Brilhac.

Jean de Brilhac, écuyer, seigneur de Boistillé, fut, dit-on, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi.

Aux Archives de la Vienne (série H 3), on lit à la date du 29 juillet 1573, une sentence relative à une rente de quatre boisseaux de seigle, deux gélines, quatre sols et deux deniers, due sur des terres possédées par ce Jean de Brilhac, escuyer, seigneur de Boistillé.

Il épousa Renée de Parthenay, fille de N…, escuyer, seigneur de Maisonnais, dont il eut: 1° Florence; 2° Marie-Florence de Brilhac, dame de Boistillé, mariée à Gabriel Jourdain, escuyer, seigneur de Traslebost ou Trallebault, le 7 février 1608, dit d’Hosier, le 11 juillet 1618, disent des mémoires domestiques; elle lui apporta en mariage la terre de Boistillé, qui passa ainsi des Brilhac aux Jourdain, qui la possédèrent jusqu’à la veille de la Révolution.

Ce Gabriel Jourdain, écuyer, seigneur de Trallebault et page du roi, descendait des Jourdain de Trallebault, une des nombreuses branches de la famille des Jourdain de Saintonge, seigneurs d’Embleville qui furent seigneurs de Forges. Les parchemins de cette antique famille furent brûlés lors de la destruction de Forges le 7 août 1562.

La famille Jourdain portait: « d’argent au tau de gueules.

En 1430, Jean Jourdain était seigneur de Trallebault, il épousa Denise Bonnin de Messignat. Leur fils, Pierre, seigneur de Trallebault, était sous la sauvegarde du roi, suivant sentence rendue le 10 septembre 1481 par Philippe de Comynes, séneschal du Poitou. Le 17 août 1492, il épousa N…de Morel; leur fils Jean Jourdain, escuyer, se maria le 15 juin 1517 à Jeanne de Montfriand, dont il eut: Gabriel Jourdain, escuyer, seigneur de Trallebault, qui fut exempté de se trouver au ban de la Haute et Basse Marche, le 29 juillet 1577. Le 14 février 1552, il avait épousé Jeanne Guyot d’Asnières, dont Jean Jourdain, escuyer, seigneur de Trallebault, qui épousa, le 27 mars 1576, Marguerite de La Rochefoucauld, fille de François, seigneur de Bayers et d’Isabelle de La Rochechalais. Ce fut leur fils, Gabriel Jourdain, page du roi, qui épousa Florence de Brilhac, dame de Boistillé, dont naquirent:

1° Pierre Jourdain; 2° René Jourdain (a).

Aux Archives de la Vienne (b) on trouve huit pièces, dont cinq hommages et trois aveux du fief de Boistillé, situé paroisse de Taizais, en Angoumois, fief ayant droit de moyenne et basse justice, relevant du château de Civray.

(a) René Jourdain fut seigneur des Villenaires, les Aubuges, l’abbaye de Saint-Macou; il fut maintenu dans sa noblesse par barentine, du 7 septembre 1667.

(b) Liasse 16e des mouvances de Civray.

La plus ancienne de ces pièces, du 16 octobre 1635, est de Gabriel Jourdain, époux de Florence de Brilhac.

En voici la teneur (les autres sont à peu près semblables):

De vous, mon souverain seigneur et Roi Louis XIIIe, roi de France et de Navarre, je Gabriel Jourdain, escuyer, seigneur de Boistillé, Maisonnay et de La Cour des Adjeaux, connais et confesse et avoue tenir de vous, mon souverain seigneur, à cause de votre château de Civray, en Poitou, à foy et hommage lige et au devoir de dix sols de chambelage payable à mutation de seigneur et d’homme, savoir: Mon hôtel et maison de Boistillé, ses appartenances et dépendances de cours, jardins, clostures, écuries, fuie et autres aisances sis et situés en la paroisse de Taizé, dans l’enclave de Lizant ès environs, avec tout droit de fossés, pontlevis, flanc, canonières, deffansable, fuye, garennes, deffances à connils avec droit de prison pour la moyenne et basse justice que j’ai à cause de ma dite maison, terre et seigneurie de Boistillé, ainsi que lesdites choses se consistent, se tenant les unes aux autres et que mes prédécesseurs et moi en avons jouy….(Suit l’énumération des terres et des rentes).

Le fils aîné de Gabriel Jourdain et de Florence de Brilhac, Pierre Jourdain, écuyer, seigneur de Boistillé, du chef de sa mère rendit, à son tour, hommage au château de Civray, le 30 octobre 1635, pour son fief de Boistillé.

Seigneur de Boistillé et de Maisonnais, il fut maintenu noble le 7 septembre 1667. Il avait épousé le 13 juillet 16…Françoise Rousseau de Ponthieu, dont:

1° Achille, qui suit;

2° Elie, écuyer, seigneur de Maisonnais;

3° Angélique qui, le 27 juin 1684, partagea avec ses frères la succession de leur père; on trouve son enterrement à Taizé le 16 novembre 1692 (âgée de 22 ans), en présence de Marie-Anne de Rechignevoisin, sa belle-soeur;

4° Emmanuel, qui a formé la branche des Jourdain de Crissé, avait épousé Thérèse de Villiers, fille d’Antoine de Villiers, écuyer, seigneur de Chante-merle.

Achille Jourdain (fils aîné de Pierre Jourdain et de Françoise Rousseau), escuyer, seigneur de Boistillé, La Cour des Adjots, Maisonnais, La Cour des Fontaines, épousa le 26 décembre 1671, Marie Foucauld, fille de Raymond, écuyer, seigneur de Montbazon; il fut maintenu noble par ordonnance du 18 mars 1699.

Il épousa (en seconde noces), le 8 octobre 1680, Marie-Anne de Rechignevoisin (a), fille de Gabriel, écuyer, seigneur de Guron et de Catherine Dupin.

(a) (Les Rechignevoisin portaient: « de gueules à la fleur de lys d’argent »).

De ce mariage, M. Beauchet-Filleau signale comme enfants:

1° Achille, chevalier, seigneur de Boistillé, capitaine au régiment de Nettancourt, qui épousa le 4 février 1700 Marie Aubineau;

2° René, seigneur de Maisonnais, qui épousa le 9 janvier 1709 Marie Bricault de Verneuil;

3° Marguerite-Catherine, qui épousa le 5 mai 1711 Pierre-François d’Orfeuil, seigneur de Foucault.

Le 20 juillet 1687, Marie-Anne de Rechignevoisin fut marraine à Taizé de Henri Larsier, fis de Nicolas Larsier et de Marie Mimaud.

Le 6 décembre 1697, son époux, Achille Jourdain, rendit hommage au château de Civray pour son fief de Boistillé.

Le 21 septembre 1691, dans l’église de Taizé, on enterrait Achille Jourdain et le 17 novembre de la même année son épouse, Marie-Anne de Rechignevoisin.

Leur fils aîné, Achille Jourdain, chevalier seigneur de Boistillé, capitaine au Régiment de Nettancourt, rendit hommage au château de Civray pour son fief de Boistillé le 24 décembre 1703. Il avait épousé le 4 février 1700 Marie Aubineau, fille de Nicolas Aubineau, escuyer seigneur de Rigné-Montbrun et de Marie Pineau de Viennay, dont il eut (d’après M. Beauchet-Filleau):

1° Achille-Nicolas Jourdain, né le 4 mars 1703, reçut page de la grande écurie le 18 juin 1718, après avoir fait ses preuves de noblesse devant M. de Gallois de la Tour, le 13 octobre 1717;

2° Madeleine Jourdain, qui épousa Louis de Fleury, chevalier seigneur de la Raffinière, décédée le 21 août 1777;

3° Pierre Jourdain, escuyer, seigneur de Boistillé, qui servait dans la 4e brigade de l’escadron de Vassé au ban convoqué à Saint-Jean-D’Angely le 15 juin 1758;

4° Charlotte-Suzanne Jourdain, mariée en 1719 à Léopold-Stanislas Frothier, escuyer, seigneur de l’Escocière.

Achille Jourdain, époux de Marie Aubineau, n’habita que peu de temps Boistillé avec sa femme; officier du régiment de Nettancourt, il suivit son régiment et mourut jeune.

Marie Aubineau, sa veuve, et Achille-Nicolas, Marie-Charlotte et Suzanne Jourdain, ses enfants, pour prouver leur noblesse, produisirent le contrat de mariage de leur père Achille Jourdain avec Marie Aubineau, en date du 4 février 1700, et signé Rullier et Ribault, notaires à Ruffec, et trois extraits de baptêmes, le premier de Marie-Charlotte, baptisée le 21 novembre 1700 par le curé de Taizé, et les deux autres délivrés par le curé de Saint-Hilaire de la Celle, où Achille-Nicolas et Suzanne avaient été baptisés.

Durant la minorité des enfants d’Achille Jourdain et de Marie Aubineau, Delhoume, notaire royal aux Robins, dressa plusieurs actes se rapportant à leurs biens, entre autres: Procès-verbal, à la requête de messire Gabriel de Rechignevoisin, chevalier seigneur de Guron, prieur du prieuré Saint-Nicolas de Civray,curateur des enfants mineurs du seigneur de Boistillé, au sujet des dégâts commis dans les bois de la seigneurie de la Croix, appartenant auxdits mineurs (1713).

Vers 1715, une opposition à la requête de Jacques Collin, sieur de la Touche, sur des blés saisis à la poursuite de dame Marie Aubineau, veuve d’Achille Jourdain, seigneur de Boistillé.

A cette époque, Boistillé était habité par un frère cadet de Achille Jourdain, par René (alias Pierre) Jourdain, qui avait épousé le 9 janvier 1709 Marie-Jacquette Bricault, fille de Charles Bricault, sieur de Verneuil, cinquième descendant d’une ancienne famille originaire de Charroux et qui a donné un grand nombre de magistrats au siège de Civray (a).

(a) Voici la filiation de cette famille Bricault:

Bricault Etienne achetait le 26 décembre 1573 et le 4 janvier 1574 divers domaines sis paroisse de Chapelle-Bâton;

Bricault Mathurin, son fils, épousa vers 1580 Catherine Gombault;

Bricault Gabriel, sieur de Verneuil, juge sénéchal de Rochemeau et de la terre et seigneurie de l’aumônerie régulière de l’abbaye de Charroux, épousa le 22 janvier 1610, Charlotte Gascougnolles, puis le 27 novembre 1626, Esther Robert dont naquit Bricault Charles, sieur de Verneuil, baptisé le 31 mars 1630 et qui eut plusieurs enfants, parmi lesquels: a) Bricault Charles, sieur de Verneuil, beau-père de René jourdain; b) et Marguerite Bricault, religieuse bénédictine qui fut prieure de Montazais.

En 1715, ce René Jourdain donnait par bail à moitié des fruits une métairie sise au village d’Aizie.

Le 3 août 1716, ce même René Jourdain rendait hommage au château de Civray pour le fief de Boistillé.

Le 12 juin 1721, avec la permission spéciale de l’évêque de Poitiers, il fut procédé dans la chapelle de Boistillé, au mariage de Louis Frottier, seigneur de Bagneux, fils de haut et puissant seigneur Louis Frottier, seigneur de Lescocière, avec demoiselle Suzanne Jourdain, fille de défunt Achille Jourdain, chevalier, seigneur de Boistillé, et de dame Marie Aubineau, de la paroisse Saint-Porchaire de Poitiers. Parmi les signatures de ce mariage on lit: Catherine Jourdain, un Boitillet, Rocfeuil de Foucault, Gabriel de Rechignevoisin, un Maisonnais, Gabriel de Rechignevoisin de Guron, prieur de Civray, Frère Bernard de Pouchié, prieur capucin, et plusieurs autres signatures en partie effacées.

Le 23 janvier 1726, avec la permission spéciale de l’évêque de Poitiers, on procéda dans la chapelle de Boistillé, au mariage de Jean-Pierre Jean , écuyer, sieur d’Allocourt, actuellement commissaire des guerres et ci-devant capitaine au régiment de Louvignie, de la paroisse Saint-Nicolas de Civray, avec dame Madeleine de la Grange, veuve de Charles Bricault.

Vers 1726, Delhoume dressait un acte de bail à ferme par René Jourdain (chevalier, seigneur de Boistillé, La Croix en Fontaine, Montenais et autres lieux), de la métairie de la Brenne, paroisse de Moutardon.

René Jourdain décéda le 4 mars 1727 à Boistillé, âgé de 40 ans.

En 1727, Louis Frottier et sa femme, Suzanne Jourdain, donnaient procuration à maître René Baudouin, notaire à Poitiers, pour satisfaire à une sentence arbitrale rendue entre lesdits sieurs et M. et Mme de Foucault et Mme Marie Bricault, veuve de René Jourdain.

Le 28 février 1729, on procéda au mariage, à Taizé, de Jean-Louis de Fleury, écuyer, sieur de la Raffinière et des Minières, avec Madeleine Jourdain, fille mineure de défunt René Jourdain et de Marie Bricault. Etaient présents: Françoise Tessereau, grand’mère du marié, Marie Bricault, mère de la mariée, Joachin de Fleury, René-Charles de Brouilhac, écuyer, seigneur de la Mothe-de-Gençay, oncle et beau-frère du marié, Charles Bricault de Verneuil, conseiller du Roi et lieutenant général de police au siège royal de Civray, Jacques Tessereau, sieur de Marigné, Pierre Jourdain, frère de la mariée. Ce Pierre Jourdain fit, au château de Civray, hommage de son fief de Boistillé, le 17 août 1740; « à cause de son hostel et maison noble de Boistillé, » est-il dit dans cet hommage.

Vers cette époque se place l’alliance entre la famille Jourdain et la famille D’Hémery. Un Jourdain épousa Marie D’Hémery, qui devint dame de Boistillet. On la trouve marraine, le 19 juillet 1740, de Marie Dexmier, fille de François Dexmier, baptisée à Taizé.

Le 18 août 1745, Marie D’Hémery, dame de Boistillet, tint sur les fonts baptismaux, avec François Montreuil, intendant des affaires et de la maison de Saint-Simon, Marie Aubart, fille d’un contrôleur de la forge.

Le 18 décembre 1746, un fils Aubart eut pour parrain: Pierre Jourdain, escuyer, seigneur de Boistillet, et pour marraine: Marie D’Hémery, dame de Boistillet. On les trouve plusieurs fois à cette époque parrain et marraine à divers baptêmes.

A son baptême, à Taizé, en 1751, Françoise D’Hémery, fille d’Ollivier-Mathurin D’Hémery, chevalier, seigneur de Serné et de l’Abrégement, commissaire ordinaire d’artillerie, et de Marie de Massacré, eut pour parrain: Jean de Massacré, de l’Abrègement, et pour marraine: Françoise de Saluces. On trouve parmi les témoins de ce baptême: Suzanne Jourdain, Ollivier d’Hémery, Marie de Massacré, Catherine D’Hémery, Marie D’Hémery, l’abbé de Saluces, abbé de Saint-Amant. (Morte à cinq mois, elle fut enterrée à Taizé).

En 1752, au baptême de Pierre Thomas, le parrain Pierre Jourdain de Boistillet est qualifié escuyer, seigneur dudit lieu et de Saint-Avaine.

Le 27 juillet 1757, en vertu d’une permission spéciale de l’évêque de Poitiers, eut lieu dans la chapelle de Boistillet, le mariage de Charles-Colas Dexmier, seigneur de la Roquière, la Bonninière, Domezac et autres lieux, avec demoiselle Julie-Madeleine de Fleury, fille mineure de feu Louis de Fleury et sous l’autorité de dame Madeleine Jourdain de Boistillet, sa mère, demeurant paroisse de Brux, ledit seigneur Dexmier de la paroisse de Saint-Gourson. On lit parmi les signatures de ce mariage:

Madeleine de Fleury, C. C. Dexmier, Philippe de Fleury, Anne-Charlotte Dexmier, de Messignat, Madeleine Jourdain, veuve Raffinière, Pierre Jourdain de Boistillet, Marie d’Hémery, Marie Dexmier, Charlotte Dexmier, Françoise-Radegonde Dexmier, Marguerite de Fleury, César D’Hémery, Charles-Marie Bricault de Verneuil, Pressac de la Motte, Louis Dexmier de Trio…., Lériget de Grandbois.

Le jeudi 8 décembre 1758, fut inhumé dans l’église de Taizé, aux sépultures de la maison, « messire Pierre Jourdain, escuyer, seigneur de Boistillet et autres places, ancien officier au régiment de Navarre, âgé de 47 ou 48 ans. Sa probité, la candeur de ses moeurs, les sentiments nobles de son coeur, son amour pour Dieu et pour la religion, l’ont fait généralement regretter; à laquelle inhumation ont assisté les curés de Lizant, Moutardon, Condac, Barro, Bioussac, les Adjots, Taizé, et toute la noblesse du canton », disent les registres.

A un baptême, en 1764, Charles Jourdain est qualifié: escuyer, seigneur de Boistillet, capitaine au régiment de Brabant-Nallon, au service de sa majesté le roi d’Espagne, tandis que le 19 septembre 1766, ce même Charles Jourdain est qualifié: escuyer, seigneur de Boistillet, chevalier de l’ordre noble militaire de Saint-Jacques en Espagne, lieutenant-colonel au service de sa Majesté catholique, et gentilhomme d’ambassade à la cour de Versailles.

Le 8 août 1768, au baptême de Julie-Charlotte, fille de Pierre Eternon, bourgeois de Paris, et de Marie-Anne Pouchou, actuellement à Boistillet, on trouve encore comme parrain: Charles-Louis Jourdain de Boistillet, et comme marraine: dame Julie Des Ruaux (a), son épouse, nouvellement arrivée à Boistillet.

(a) Originaire de Rouffiac-Plassac, près Blanzac (Charente).

Le 5 avril 1769, ils firent à leur tour baptiser une fille Julie-Charlotte-Geneviève Françoise. Elle eut pour parrain: Haut et puissant seigneur Charles-François, comte de Broglie, marquis de Ruffec, baron des baronnies d’Aizie, Martreuil et Empuré, représenté par Pierre Durousseau, seigneur de Fayolles, et pour marraine: Geneviève-Françoise Jourdain, épouse de François Garnier, seigneur de Ballons.

Le 1er décembre 1770, un autre de leurs enfants: René-Achille-Charles Jourdain, eut pour parrain: René de Galard, marquis de Brassac, et pour marraine: Suzanne Jourdain, marquise de Bagneux. Il mourut le 31 mars 1775, âgé de 4 ans.

Le 3 avril 1772, on baptisa une fille des précédents: Amélie-Pauline, qui eut pour parrain Jean Chevalier, seigneur de Foucault et marquis d’Orfeuil et pour marraine Julie Gandillaud de Suzay.

Le 28 avril 1773, ils firent baptiser une autre fille: Geneviève-Charlotte-Célestine Jourdain, qui eut pour parrain: René-Achille-Charles Jourdain de Boistillet, et pour marraine: Geneviève-Julie-Charlotte-Françoise Jourdain, « représentés par Pierre Sicaud et Marguerite Barraud, domestiques du château », disent les registres.

Le 8 octobre 1774 fut inhumée dans l’église de Taizé, Julie-Dorothée Des Ruaux, épouse de Charles-Louis Jourdain, chevalier, comte de Rouffiac, seigneur de Boistillet, âgée de 41 ans.

A partir de cette époque, les registres de l’Etat religieux de Taizé ne contiennent plus aucune mention des Jourdain de Boistillet; mais dans les parchemins de Boistillet on retrouve les actes de plusieurs achats, postérieurs à 1775 et effectués par Charles-Louis Jourdain. C’est ainsi que « par devant les notaires de la ville et marquisat de Ruffec, en Angoumois, Gabriel Guillemot, laboureur, demeurant au village de Puipatrop, paroisse de Taizé-Aizie, enclave de Lizant….a vendu, cédé, quitté, délaissé et transporté avec promesse de garantie de tout trouble, éviction et empêchement quelconque….à messire Charles-Louis Jourdain, escuyer, seigneur de Boistillet, Brêmes et autres lieux, servant actuellement en qualité de capitaine sa Majesté chrétienne, demeurant ordinairement en son logis de Boistillet….deux pièces de terre labourable et deux petits morceaux de terre en bois taillis, situés près la garenne dudit sieur de Boistillet, au lieu appelé les Groies, en ladite paroisse de Taizé.

Après la mort de Madeleine-Julie Des Ruaux, la prospérité matérielle ne dura pas longtemps chez les Jourdain. Bientôt, Charles-Louis Jourdain hypothéqua ses biens qui furent saisis en 1785, comme en témoignent les pièces suivantes des archives de Boistillet:

Par devant les conseillers de Roi, notaires au châtelet de Paris, fut présent messire Charles-Louis Jourdain, chevalier, seigneur de Boistillet, comte de Rouffiac, chevalier de l’ordre royal, noble et militaire de saint Jacques, colonel au service de sa Majesté catholique, en son nom et comme père et loyal administrateur de ses enfants mineurs et (des biens) de Madeleine Julie des Ruaux, son épouse décédée;….lequel a fait et constitué son procureur général et spécial, M. Claude-Madeleine Vitteau, féodiste, demeurant au château de Bric, près Aulnay, en Poitou, auquel il donne pouvoir de prendre les arrangements qui paraîtront les plus convenables au dit sieur Vitteau, avec les créanciers de mon dit sieur constituant et de la succession de ma dite dame, son épouse décédée; et pour parvenir à la libération desdits créanciers, vendre jusqu’à due concurrence, le tout ou partie de la dite terre de Boistillet; déléguer lesdits créanciers pour ce qui leur sera dû légitimement en principaux intérêts et ce faire sur le prix des objets qui auront été vendus, demander par suite l’homologation partout où besoin sera des contrats de vente qui auront été passés, procéder à toutes liquidations et partages avec les représentants de messire Charles Jourdain, frère de mon dit sieur constituant, faire et accepter tous lots et actes de partage, régler sur tout comptes et débats respectifs, retirer tous titres, tant concernant cette succession que tous autres, des mains de toutes les personnes qui pourraient en être chargées, leur en donner toute quittance et décharge valables.

Et relativement aux affaires personnelles de mon dit sieur constituant, faire ce que les circonstances exigeront, faire évoquer en la Cour du parlement de Paris la saisie réelle, actuellement subsistante, de la terre de Boistillet, en interjetter tout appel en ladite Cour et généralement faire à cet égard tout ce qui sera nécessaire, requérir aussi toutes mains levées de la part des créanciers qui auront été payés, faire rayer ladite saisie réelle…., faire lever la saisie qui a été faite entre les mains des fermiers de la dite terre de Rouffiac, leur faire vider les mains après l’apurement des comptes, faire procéder à la visite de la dite terre après l’expiration du bail actuel, renouveler ledit bail ou mettre la dite terre en règie, suivant qu’il sera plus convenable aux intérêts de mondit sieur constituant.

Fait et passé à Paris le 14 décembre 1785; signés: Boulard et Trutat, notaires.

En vertu de cette délégation par devant les notaires du marquisat de Ruffec: Balland et Pinoteau, le sieur Claude Vitteau vendit, céda, livra, quitta, délaissa et transporta avec promesse de garanties à perpétuité de toutes dettes, charges, hypothèques, évictions, etc., à maître Jean-Baptiste Thorel, avocat en parlement, juge assesseur du marquisat dudit Ruffec, et à dame Marguerite-Pierrette Gauthier, son épouse….et à maître Gabriel Larsier, docteur en médecine, veuf de dame Marie Gauthier, tant en son nom personnel que comme père et légal administrateur de Marie Larsier, leur fille et de laquelle il se fait fort et promet de lui faire approuver et ratifier les présentes à peine de tous dépens; lequel dit sieur Larsier déclare faire tant pour lui que pour sieur Claude-Joseph Giraud, commissaire de la marine et dame Françoise Gaultier, son épouse, et desquels il se fait fort à peine de tous dépens….

La petite métairie du Chadeuil, consistant en bâtiments, terres labourables et non labourables…., plus la petite borderie nommée de la Glaye, située au lieu dit le Bourgneuf, en quoi qu’elle puisse consister et sans réserve, plus une partie de terre renfermée actuellement dans la basse garenne de Boistillet, quoi ledit seigneur de Boistillet a acquis de différents particuliers et généralement toutes les acquisitions et réunions que ledit seigneur de Boistillet a faites, dont quoi les sieur et dame Thorel et ledit sieur Larsier ont déclaré bien connaître.

Relevant les objets vendus du château de Ruffec à un boisseau de seigle de rente noble que les sieurs acquéreurs payeront à l’avenir….

Fait et passé à Ruffec le 25 mai 1786.

Dans le compte que rend à la Nation, en 1790, J.-B. Thorel, comptable du marquisat de Ruffec, au chapitre: Frais de procédure dans les affaires civiles, criminelles et de police, on lit: « En 1787, la somme de quatre livres quinze sols par lui (le comptable) payée pour les frais d’une opposition faite à la requête des héritiers de M. de Broglie, au sceau des lettres de ratification de la vente de la ci-devant seigneurie de Boistillé. »

Comme on va le voir plus loin, ces créanciers, acquéreurs des biens des Jourdain de Boistillé, n’étaient pas des étrangers, mais des cohéritiers.

Entre 1660 et 1685, trois frères Jourdain paraissent avoir eu des droits à peu près égaux à Boistillet:

1° Charles Jourdain, mort sans postérité.

2° Charles-Louis Jourdain, époux de Julie-Dorothée Des Ruaux.

3° Suzanne Jourdain, leur soeur, qui avait épousé Jacques-François Gaultier, capitaine de cavalerie et chevalier de l’ordre royal de Saint-Louis, qui décéda le 5 août 1785, à Limoges.

Du mariage Jacques-François Gaultier avec Susanne Jourdain étaient nées trois filles:

1° Marguerite-Pierrette, qui épousa J.-B. Thorel.

2° Françoise, qui épousa Claude-Joseph Girault.

3° Marie, qui épousa Gabriel Larsier.

Cette dernière, morte jeune, n’eut qu’une fille, Marie Larsier.

En 1785, tous ces cohéritiers, ayant des droits sur la seigneurie de Boistillet, en firent opérer la saisie entre les mains de Charles-Louis Jourdain, pour faire liquider leurs droits.

Après divers arrangements entre eux, ces cohéritiers passèrent et signèrent à Ruffec l’acte suivant (a), le 17 août 1787:

(a) Il m’a été gracieusement communiqué par M. J. M   , descendant d’une de ces familles, qui possède l’original ainsi que divers autres papiers tels que l’acte de partage fait le 20 avril 1779, par Jacques-François Gaultier, et son testament olographe fait le 1er avril 1781.

Entre les soussignés:

Me Jean-Baptiste Thorel, avocat en parlement, assesseur du marquisat de Ruffec, et Marguerite Pierrette Gautier, son épouse, qu’il autorise à l’effet des présentes, demeurant en la ville de Ruffec; sieur Claude-Joseph Giraud, commissaire aux classes de la marine et dame Françoise Gaultier, son épouse, qu’il autorise à l’effet des présentes, demeurant à Auvillars; et sieur Gabriel Larsier, docteur en médecine, tant en son nom personnel que comme père et légal administrateur de demoiselle Marie Larsier, fille mineure de lui et de dame Marie Gaultier, son épouse, décédée, demeurant en la ville de Ruffec.

Les dites dames Thorel, Girault et demoiselle Marie Larsier, héritières chacune pour un tiers du sieur Jacques-François Gaultier, leur père et grand père, et de dame Suzanne Jourdain, leur mère et grande mère et pour un quart au total de Charles Jourdain, leur oncle et grand oncle.

A été dit que par acte du 20 avril 1779 ledit sieur Gaultier a partagé entre lesdites dames Thorel et Girault et demoiselle Marie Larsier, ses filles et petite fille, les biens à lui appartenant à l’exception de ses meubles, meubles meublant, linge, argenterie, bijoux et effets, desquels il s’est réservé la libre disposition;

Que le premier lot, qu’il a attribué à Marie Larsier, sa petite fille, s’élève pour la totalité à trente mille livres, égal en cela à chacun des deux autres.

(Suit l’énumération détaillée des biens et des revenus qui constituent chacun de ces lots. Dans la 3e part attribuée à madame Girault, figure une somme de trois mille livres due par Louis-Charles Jourdain de Boistillé à Jacques-François Gaultier; et celle de cinq mille livres constituée en dot par ledit sieur Gaultier à ladite dame Girault et à laquelle il a évalué tous les droits appartenant à ses filles et petite fille, dans la succession de Suzanne Jourdain, leur mère et grand mère et dans celle de Charles Jourdain, leur oncle).

Que par acte du 20 avril et du 1er mai de la dite année 1779, lesdits sieur et dame Thorel et lesdits sieur et dame Girault et ledit sieur Larsier, tant en son nom personnel, que comme légal administrateur de sa fille mineure, ont acquiescé audit partage;

Que ledit sieur Gaultier est décédé le 5 août 1785;

Que par acte sous signature privée, du 18 octobre suivant, lesdites parties ont consenti chacune à leur égard, tant à l’exécution du dit partage, qu’à celle du testament dudit sieur Gaultier du 1er avril 1781, par lequel il a disposé en faveur de ses héritiers qui acquiesceraient audit partage de la totalité de ses meubles, meubles meublant, et effets dont il s’était réservé la disposition (a);

(a) Dans ce partage, après décès, des meubles, argenterie, bijoux et effets de G. F. Gaultier, on voit figurer une boîte en or avec des orangers qui furent estimés ensemble 600 livres; ces orangers, devenus la propriété de Larsier Marie, furent portés à Boistillé; la famille Mimaud-Granchamps les a vendus il y a quelques années.

Qu’une sentence de la sénéchaussée de Civray, confirmée par arrêt du parlement, a condamné Louis-Charles Jourdain, seigneur de Boistillé, à payer aux sieur et dame Thorel, sieur et dame Girault et demoiselle Marie Larsier, la somme de 4600 livres, avec les intérêts à compter du 14 mai 1774; et a ordonné qu’il serait procédé a l’estimation, tant de la seigneurie de Boistillé, que des jouissances que ledit sieur Louis-Charles Jourdain avait perçues de la portion afférente à Charles Jourdain dans la dite seigneurie, pour en être délaissé et restitué aux dites dames Thorel, Girault et à demoiselle Marie Larsier, la portion pour laquelle elles y étaient fondées.

Que depuis cet arrêt les parties ont traité et composé avec le sieur Vitteau, fondé de la procuration de Monsieur de Boistillé; à la somme de 2054 livres pour tous les droits à elles appartenant dans la succession de Charles Jourdain, tant en principal qu’en jouissance;

Enfin, que par les actes passés devant Pinoteau, notaire à Ruffec, le 25 mai dernier, lesdits sieur et dame Thorel et ledit sieur Larsier, tant en leur nom que comme se faisant et portant fort desdits sieur et dame Girault, ont acquis dudit sieur Vitteau audit nom, tant purement et simplement qu’à titre de licitation et de partage, LA TOTALITE DE LADITE SEIGNEURIE DE BOISTILLE.

(Suit l’énumération des arrangements spéciaux par lesquels le sieur Claude Girault et sa femme cèdent leur part de Boistillé au scieur J.-B. Thorel, à sa femme et à Gabriel Larsier, agissant pour sa fille mineure.)

Un peu plus tard, les Thorel vendirent à leur tour la part qui leur revenait sur Boistillé aux Larsier et Marie-Pauline Larsier, qui mourut sans enfants et fut enterrée à Taizé (a) le 13 août 1815, laissa par testament le domaine de Boistillé à son mari, M. Mimaud-Grandchamps, le grand’père des propriétaires actuels.

(a) Sa tombe se trouvait au chevet de l’église; lors du transfert du cimetière, la famille Mimaud-Grandchamps fit exhumer ses restes et les fit transporter dans le nouveau cimetière où ils reposent maintenant, sous leur même pierre tombale.

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