"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a Cent Ans…

- 1er février 1917 : Allemagne / début de la guerre sous-marine à outrance, sans restriction et sans avertissement, avec la mise en service de 150 sous-marins allemands.
- 3 février 1917 : Torpillage après sommation du bateau américain "Housatonic". Le président américain Woodrow Wilson, rompt les relations diplomatiques avec l'Allemagne.
- 3 février 1917 : Berlin / la crise du charbon entraîne la réglementation de la consommation de ce produit.
- 4 février 1917 : Bruxelles / création du Conseil flamand par un groupe d'activistes.
- 5 février 1917 : Rupture des relations diplomatiques entre les États-Unis et l'Autriche-Hongrie.
- 10 février 1917 : Londres / début des négociations entre l'Organisation sioniste mondiale représentée par - Chaïm Weizmann, et le gouvernement britannique en vue de l'installation d'un foyer juif de Palestine.
- 17 février 1917 : France / la Chambre vote l'attribution d'un franc par jour aux soldats des tranchées.
- 17 février 1917 : Décès d'Octave Mirbeau, écrivain français (* 16.2.1848).
- 18 février 1917 : Le commandement suprême de l'armée allemande reprend l'offensive contre la Russie.
- 19 février 1917 : Décès de Charles Émile Auguste Durand, dit Carolus Duran, peintre français (* 4.7.1837).
- 21 février 1917 : En 3 semaines, 134 bateaux alliés et non-belligérants sont coulés par les forces allemandes. C'est le premier bilan de la guerre sous-marine à outrance.
- 24 février 1917 : Méditerranée / Le navire "Dorothea", transportant des troupes britanniques est coulé par un sous-marin allemand.
- 24 Féveier1917 : Les Américains prennent connaissance du télégramme d'Arthur Zimmermann, secrétaire d’État allemand aux Affaires extérieures, qui demande au Mexique d'entrer en guerre contre les États-Unis.

Source : « Chroniques du XXe siècle – Larousse.

Additifs

XII

Additifs

Les chapitres comportant un titre en caractères gras sont de Jean-François COMTE.

——— ——

¨          (1)1,481 hectares : convention d’écriture de l’auteur, voire de l’époque; lire 1481   hectares. A la place de la virgule nous mettrions maintenant un point ou   laisserions un espace.

¨          (2) – Saint-Pierre-ès-Liens : allusion aux chaînes qui entravaient l’apôtre pendant      sa détention à Rome.

¨          (3)Amé et féal : vieux français, lire “aimé et loyal”.

¨          (4)Les Pictavi ou Pictaves :

Peuplade Celte. La citation de Picton est donnée la première fois par Jules           César. Ci-dessous: carte de l’Etat Picton.

CARTE

Le Poitou antique                               A  limites du plus ancien diocèse de Poitiers.

B  limites du département de la Vienne.

C  Zones recouvertes par la mer dans l’Antiquité.

D  Termes-frontières en Equoranda/Ewiranda.

E  Limite approximative du territoire picton vers l’ouest avant la                                                             conquête romaine.

Référence de la carte: Antiquités Romaines et Mérovingiennes, Association des     Professeurs d’Histoire et de Géographie – Régionale de Poitiers, 1980, page 2.

¨          (5)H. Beauchet-Filleau et P. Beauchet-Filleau.:

De Ruffec à Niort en chemin de fer, Notes de voyage, Imprimerie et Librairie        Picat, 1885, 160 pages. Membre de la Société des Antiquaires de l’Ouest, de           nombreuses autres publications qui font référence encore aujourd’hui.    Dictionnaire historique et généalogique des Familles du Poitou, 2ème édition,      Poitiers 1891-1965. L’Abbé Jacques doit beaucoup à ce prédécesseur.
Le bibliophile averti qui possède dans sa bibliothèque ce petit livre rare et bien     documenté peut s’en flatter.

¨          (6)Les vestiges d’une arche de pont :

Une première mention en est faite dans le répertoire de F. Marvaud, 1862, page 134, 44 ans avant l’Abbé Jacques. Elle est encore mentionnée sur la carte      I.G.N., 1/25 000ème de Ruffec, 1730 Est. Le vestige existe toujours en 1996.        Dans le bois des Groussies, près du village du Peux, se trouve aussi un indice de la voie qui empruntait le pont en cause.

¨          (7)Dom Fonteneau :

Moine bénédictin, (ordre de Saint-Benoît), érudit du XVIII ème siècle et copiste     des Chartres des Abbayes Poitevines, dont Nanteuil en Vallée et bien d’autres…

¨          (8)Limonum Pictonum: Poitiers, capitale des Pictons. On peut dire aussi     Lemonum.

¨          (9)Mediolanum Santonum: Saintes, capitale des Santons.

¨          (10)Concordat de 1802:

En réalité, signé le 15 juillet 1801. Du latin concordare, s’accorder. Accord conclu entre le Saint-Siège et un Etat, portant sur la discipline et l’organisation ecclésiastique, à l’exclusion de toute question relative à la foi et aux dogmes. Il est destiné à régler les rapports entre les deux autorités. Le Concordat que mentionne l’Abbé Jacques fut signé entre Pie VII et Napoléon Bonaparte. Il met fin au schisme provoqué par la Constitution Civile du Clergé. L’église Catholique renonce aux propriétés confisquées durant la Révolution Française, ce qui rassure les acquéreurs des Biens Nationaux. Elle accepte que le catholicisme ne soit plus “religion d’état” mais “religion de la majorité des citoyens français” Les Evêques sont alors nommés par Bonaparte et lui prêtent serment de fidélité, mais c’est le Pape qui leur confère l’investiture canonique, c’est à dire la consécration religieuse qui les autorise à exercer leur ministère. Cet accord s’accompagne entre autres d’un remaniement géographique dont fait mention l’abbé Jacques. L’Ancien Archiprêtré de Ruffec relevait du Diocèse de Poitiers, d’où le nom de Charente Poitevine que certains n’hésitent pas à donner à cette zone. Les influences sont plus complexes et variées cependant…

¨           (11) – Douze cents pieds :

Ancienne mesure de longueur qui était divisée en 12 pouces et dont la valeur        était variable selon les lieux et les époques. Le pied français ou “pied du Roi”    valait 0 m 324. Le pouce=2,706 cm en 12 lignes, la ligne valant 0,22 cm.

¨          (12) – Montazais :

A 3 kms à l’est de Civray par D.103, Montazais est un Prieuré conventuel dépendant de l’ordre de FONTEVRAULD (15 kms de Saumur, se visite de 9 h à 19 h, de Font-Evraut: la fontaine Evraud, aujourd’hui FONTEVRAUD).-Henri II Plantagenêt, Aliénor d’Aquitaine- Les Plantagenets s’y firent enterrer et bien plus tard les filles de Louis XV y furent éduquées. L’Abbaye bénéficiait d’une protection royale et papale.

Robert d’Arbrissel, (vers 1045-1116) moine breton, s’était fait un renom de théologien à Paris lorsque l’évêque de Rennes l’appela à ses côtés (1089) pour réformer l’Eglise du diocèse, ce qui lui suscita beaucoup d’ennemis. Retiré comme ermite dans la forêt de Craon, en Anjou, il fut chargé par le Pape Urbain VI de prêcher la seconde croisade dans cette province; il exhorta, ceux qui ne pouvaient partir, à mener la vie monastique. En 1099, il fonda l’Abbaye double – hommes et nouveauté, femmes – de Fontevraud dans le Maine et Loire, placée sous la règle de Saint Benoît et le patronage de la Vierge. En l’honneur de celle-ci, Robert donna à cette abbaye la particularité unique, de grouper sous l’autorité d’une Abbesse, une communauté d’hommes et trois communautés de femmes (mères de coeur, pécheresses converties, lépreuses). L’ordre se répandit alors rapidement en France, en Espagne et en Angleterre. Il fut supprimé en 1790. Deux prieurés ont été fondés dans la mouvance de la châtellenie de Civray et de Ruffec: Montazais et Tusson.

Le prieuré conventuel de Montazais fut fondé autour de 1117 et 1119, donc  au tout début du XII ème siècle. Il bénéficia de très nombreux dons de terres et de biens et connut un essor qui inquiéta quelque peu les très anciennes abbayes Bénédictines de Charroux et de Nanteuil-en-Vallée… Il fut vendu comme bien national le 2 août 1791 à Charles Gabriel Cressant Dexmier. L’Abbaye de Fontevraud, devenue pénitencière en 1804, sous Napoléon, a fait l’objet depuis 1963 d’importants travaux de restauration et accueille les artistes du Centre culturel de l’Ouest.

¨          (13) Deux quartiers de pré :

Ancienne mesure qui vaut un quart d’arpent. L’arpent, ancienne unité de mesure agraire, valait 34 ares 19 à Paris et 51 ares 07 pour les eaux et forêts.    Un quartier équivalait approximativement à 8 ares.

¨          (14)Pouillé: livre terrier d’un évêché ou d’une abbaye faisant mention de tous les    bénéfices.

¨          (15) – L’église appartient à des Réguliers:

Ordre monastique qui obéit à une règle, par opposition au clergé séculier .Le       clergé régulier regroupe l’ensemble des Moines et des Religieuses qui vivent au        sein de Communautés, diversifiées par leur origine, leur genre de vie, leur        orientation spirituelle et n’interviennent pas directement dans la vie des     diocèses et celles des paroisses: les Bénédictins appartiennent à un ordre             régulier, relevant en l’occurrence de Saint-Benoît. L’Abbaye de Lesterps en        terre limousine, dont fait mention plus loin l’Abbé Jacques et qui possédait             l’Eglise de Taizé, relevait de l’ordre de Saint-Augustin.

¨          (16) L’Abbaye Bénédictine de Nanteuil-en-Vallée:

Située à l’est de Ruffec et Taizé-Aizie, sur la rive droite de l’Argentor, l’Abbaye, selon la tradition, aurait été fondée par Charlemagne lors de son séjour à Chasseneuil en Poitou en 778. Aucun document ne l’atteste aujourd’hui, mais les nombreux Mémoires ou procès postérieurs le rappellent sans cesse. La première mention littéraire date de 858 lorsque le Monastère fut donné à Saint André de Bordeaux. Détruite lors de l’invasion des Normands, dans la seconde moitié du IXème siècle, l’Abbaye fut protégée par les Vicomtes d’Angoulême d’où est issu le lignage de Ruffec et donc de Taizé-Aizie. En qualité d’avoués -laïcs chargés de la gestion et protection d’une abbaye- ces derniers la dotent et la reconstruisent à partir de 1046. Il ne subsiste aujourd’hui qu’un imposant Trésor qui avait été édifié pour l’abriter ainsi que le reste des Archives. Située non loin d’une frontière linguistique, son détroit (ou ses possessions) est constitué de nombreux prieurés conventuels qui attestent de sa puissance au début du XIIème siècle. Elle passe un accord d’alliance avec l’abbaye de Charroux, sa grande rivale bénédictine, et la Commanderie de Villegats. Elle reçoit par une Bulle du 30 septembre 1305 du pape Clément V, une exemption de la juridiction épiscopale et des avantages aux fidèles qui la visiteront le dimanche de Quasimodo. Elle sert d’étape au chemin de Saint Jacques de Compostelle entre Charroux et Cellefrouin. La guerre de Cent Ans constitue avec la modification des rapports de forces, un premier coup d’arrêt à son expansion. En 1430, il n’y a plus que 25 religieux; et malgré une renaissance notable au XVème siècle , les Guerres de Religion en précipitent le déclin. Elle connaît alors le système de commende. début XVIème siècle. En 1675, la communauté est réduite à 9 moines qui vivent séparés. Un siècle plus tard, le 10 novembre 1770, elle est supprimée et rattachée au séminaire Saint-Charles de Poitiers.(Cf: Châteaux, Manoirs et logis de la Charente, Collection Association Promotion Patrimoine, article Nanteuil, page 332, oct 1993.)

¨          (17)Abbaye de la Réau :

Etymologiquement la Royale. (St Martin l’Ars, ouverte au public) Fondation royale des Chanoines de Saint-Augustin sous le règne d’Aliénor d’Aquitaine, l’abbaye de la Réau fut endommagée durant la guerre de Cent ans et fortifiée sous Charles V. Au XVII ème siècle, sous l’Abbé de la Rochefoucauld, elle accueillit la réforme génovéfaine: Ordre de chanoines obéissant à la règle de Saint-Augustin. Les génovéfains ou Congrégation de France avaient été fondés en 1147. Ils furent réformés à la suite du séisme des Guerres de Religion en 1621. L’église abbatiale romane est l’élément majeur de l’ensemble. On visite également les vestiges du cloître et les fortifications du XV ème siècle dont une grosse tour baignant dans la rivière. Aux XVIIème et XVIIIème siècles, les bâtiments furent remaniés mais la salle capitulaire d’époque romane a conservé sa clef de voûte à rinceaux.

¨          (18)Les Protestants:

En 1996, on peut considérer qu’il y a un véritable renouvellement de la question sur les Protestants et le Protestantisme en Charente, (Cf: bibliographie) même si des études plus approfondies sont encore attendues. Dans le Nord-Charente, trois foyers classiques du Protestantisme ont été décrits: Villefagnan, Verteuil et Champagne- Mouton. Du même coup, Ruffec et Taizé-Aizie apparaissent comme des îles catholiques. L’appréciation numérique est plus périlleuse et aléatoire. Les registres de catholicité faisant état de baptêmes d’anciens de la “R.P.R.”, “Religion Prétendue Réformée”, ne suffisent pas pour apprécier. La clandestinité oblige à cacher, voire détruire, les documents où figuraient les répertoires des familles et des Pasteurs surtout au moment des Dragonnades. L’édit de Fontainebleau – 15 octobre 1685 -révoque l’Edit de Nantes de 1598, et met fin à l’existence légale du protestantisme. La guerre civile religieuse s’est traduite par la destruction des vitraux, voûtes et mobiliers des Eglises, par les Protestants. L’onde de choc retour a été conduite sans ménagement par les Catholiques. L’envoi de régiments ou dragonnades a été une pression non négligeable. (consiste à loger chez l’habitant protestant des soldats). Ces méthodes sévères ont été dénoncées par dépositions notamment à Villefagnan. La fondation des hôpitaux comme l’Hôpital royal Notre-Dame des Anges – de Ruffec a été l’occasion d’expulser les Pasteurs et de détruire les Temples, de fermer les petites écoles réformées, de confisquer les biens des petites collectivités et des familles. Cette politique conduite par Louis XIV, a eu pour fondement d’asseoir les ressources de la structure d’assistance. Les situations varient cependant d’une paroisse à une autre. Néanmoins subsistent des foyers du Protestantisme à la veille de la Révolution, comme à la Chévrerie, illustrant par là, la profondeur de la révolution culturelle de Calvin.

Bibliographie: Cf. bulletins et Mémoires de la Société Archéologique et Historique de la Charente et de la Société des Antiquaires de l’Ouest pour Poitiers. L’ouvrage de référence est le catalogue de l’exposition nationale organisée par la Direction des Archives de France en l’Hôtel de Rohan: les Huguenots, octobre 1985, janvier 1986, 223 pages.

¨          (19) – l’abbé pleno jure: de plein droit, c’est à dire sans réserve.

¨          (20)Vicaire:

Prêtre chargé d’aider un curé dans son ministère paroissial. Il est généralement   choisi par le curé lui-même, mais doit recevoir l’approbation de l’Evêque           diocésain. On le dit amovible: sa présence ne dépendant que du bon vouloir des           curés. Le recrutement local est un autre trait aujourd’hui connu.

¨          (21)Saint-Saturnin: : Ier vocable de la cathédrale d’Angoulême, avant le VIème      siècle.

¨          (22) Campanile à double baie: petit clocher à deux ouvertures.

¨          (23)Tympan: désigne un fronton cintré, partie supérieure d’un portail d’Eglise        Romane par exemple.

¨          (24)Cintre: le mot désigne ici la courbure d’un arc ou d’une voûte.

¨          (25)Abbaye de Lesterps:

Pourquoi l’église de Taizé-Aizie, dépendait-elle de l’abbaye de Lesterps,qui a donné naissance à la lointaine commune de Charente Limousine ?

Dom J. Becquet, érudit bénédictin, pense que l’abbaye de Lesterps s’est établie vers 975 dans cette partie du Limousin qui m’est chère. La Chapelle de Stirpis – ce qui signifie “les Essarts” ou défrichements – avait été offerte par Jourdain Ier de Chabanais à des Chanoines réguliers de l’ordre de Saint-Augustin. Cette protection limousine perdure, puisqu’en 1032, Gautier, fils de Raymond, un miles, chef militaire installé temporairement au château de Confolens par le Comte de Chabanais et son épouse Gualburge de noblesse franque, devient le supérieur de ce couvent. L’abbaye connut un essor considérable dans la seconde moitié du XIème siècle et surtout début XIIème siècle sous l’Abbé Ramnulphe (1105-1135) dont on peut lire l’épitaphe dans le mur nord de la nef. Son rayonnement s’affirme enfin sous les abbatiats d’Itier et de Boson de Matha (1179) avant de tomber sous le régime de commende avec Guillaume III dès 1394. (Ier Abbé non résident sur place, rappelons-le).

Début XIIème siècle, elle possède une soixantaine d’Eglises dont celle de Taizé. Les possessions des abbayes ne sont pas homogènes sur le plan géographique. Ainsi, une abbaye comme celle d’Obazine en bas-limousin, près de Brive, possédait une grange à la Maurinière dans l’Ile d’Oléron. C’est le cas de toutes les grandes abbayes. La guerre féodale entre les Ruffec et les Chabanais et le Comte de la Marche est à l’origine de cette possession… cf. bibliographie.

¨          (26) – 3,200 # : lire 3200 livres. Une livre tournois comprend 20 sous ou sols ou 240 deniers. soit 1 sol = 12 deniers. La livre fut Parisis (Paris) puis Tournoy (de     Tours).

¨          (27)Dixme:

Décime 1/10ème de la récolte prélevée par le seigneur laïc ou ecclésiastique         concernant les fruits de la terre et des jardins, produits du bétail, profits de la pêche et des moulins à eau et à vent, bénéfices de la chasse. On désignait 3      types de dîmes: fruits des arbres, appelées aussi vertes dîmes. Les dîmes de           charnage sur le croît des animaux. Très impopulaire à la veille de la        Révolution. Les décimateurs étaient les personnes chargées de prélever ces     dîmes.

¨          (28) – Droit de luminaire :

Ensemble des lampes et cierges qui doivent canoniquement se trouver dans une   église. Leur fourniture, qui incombait soit au gros décimateur, soit à la fabrique, soit à certains corps de métiers, donnait lieu à de nombreuses             querelles, d’où mention dans de nombreux documents.

¨          (29) – Visite de l’archidiacre:

Ecclésiastique qui tantôt assistait l’évêque comme une sorte de vicaire général,    tantôt était responsable d’une subdivision du diocèse, l’archidiacrie. On      possède plusieurs visites des paroisses de la châtellenie de Ruffec ou mieux de    l’archiprêtré de Ruffec dont dépendait Taizé-Aizie. Plusieurs documents, à            plusieurs titres sur le culte, mais qui nécessitent une analyse critique.

¨           (30)Abonnement des juges et courtages :

Réglement des Juges itinérants pour petits faits de justice.

¨         (31)Casuel :

Offrande versée aux curés et aux fabriques à l’occasion de certaines         cérémonies religieuses: messes, baptêmes, mariages et sépultures. Laissée    théoriquement à l’appréciation des fidèles, elle est en réalité imposée pendant           longtemps par les curés. Au XVIIIème siècle, fixé assez souvent par les Evêques.

¨          (32)Fournioux : Petit four. Par extension, le local où était cuite la “beurnée des      gorets” : (pâtée des cochons.)

¨          (33)Ondoya :

Du verbe ondoyer: administrer le sacrement du baptême, sans observer les           cérémonies ordinaires, ce qui se fait en cas de nécessité, par exemple quand un           enfant nouveau-né est en danger de mort.

¨          (34) Vicaire amovible : opposé à inamovible. Exerçant la charge de vicaire    temporairement.

¨          (35)Baillis:

En matière de police, les baillis font publier les ordonnances royales et      s’occupent des foires et marchés. Créée à la fin du XIIème siècle, l’institution tend à tomber en désuétude à la fin de l’ancien régime.

¨          (36) : Fabricien: de Fabrique = temporel d’une paroisse, c’est à dire ses biens et       ses revenus. Le fabricien est donc le titulaire de la fabrique.

¨          (37)Constitutionnel et assermenté: obligation de prêter serment à la Constitution     Civile du Clergé, à l’origine de la fracture religieuse. Sous la Révolution       Française, ceux qui refusaient s’appelaient réfractaires.

¨          (38)Temple de la raison et salle décadaire:

Les églises furent très souvent transformées durant la Révolution Française en      Temple de la Raison. Elles deviennent le lieu de culte révolutionnaire et le lieu de réunion toutes les décades (dix jours, calendrier de Fabre d’Eglantine.) ou          selon les rythmes imposés par les sociétés populaires.

¨          (39)Société populaire et montagnarde de Ruffec:

Nom donné à une association d’hommes chargés d’appliquer et de vérifier l’esprit révolutionnaire. La société populaire et montagnarde de Ruffec fut ainsi mise en place le 12 pluviose an 2. Ces séances furent tumultueuses et consignées sur un livre disponible aux archives municipales de Ruffec. Il y avait parallèlement une Société de Femmes. Les registres de ces deux sociétés ont été présentés lors du 1er Biblion en 1984 et celui de 1989.

J.F. Comte.

¨          (40)Concile de Trente: (1545-1563)

Réunion des Evêques en vue de préciser les références officielles de l’Eglise         face aux grandes questions. Celui de Trente fut important par rapport au            Protestantisme. Le Concile de Trente fut oecuménique, c’est à dire en présence         de tous les Evêques convoqués par le Pape, qui les préside.

¨          (41)Clergé séculier :

1er ordre du royaume, avant la Noblesse. Faut-il le rappeler, le Clergé Séculier   est constitué de tous ceux qui, au milieu du monde et dans les églises   cathédrales ou paroissiales, exercent une fonction de service. Distinct de Clergé             régulier. cf additif 15.

¨          (42)Droits d’agriers – Droits pour le Seigneur de prélever après la dîme, une          partie de la récolte.

¨          (43)Fondations: Dons nouveaux octroyés par une famille voire un donateur en       vue de créer une chapelle, une église…

¨          (44)Journal: ancienne mesure agraire, correspondant à la surface de terrain          qu’un homme pouvait labourer en un jour. En règle générale, on peut retenir que 3 journaux étaient équivalents à un hectare.

¨          (45)Boisselée: de boisseau. Comme le setier, la mine, le raseau, le résal, c’est une mesure de capacité généralement pour les grains, dont la valeur change d’un         lieu à l’autre; elle est toujours en rapport avec une mesure de surface: la       boisselée en est une dans l’ouest, la mine, la seterée.?

¨          (46)Novales: Les dîmes novales portent en règle générale sur les nouvelles terres,   les nouveaux fruits: par exemple les noyers dans notre région.

¨          (47)Boisseau comble ou ras: Généralement le boisseau de seigle et de froment        était ras, alors que celui de l’avoine était comble. Le débat portait sur le fait            qu’il pouvait exister une différence d’1/3 entre les deux et parfois plus!

¨          (48)Le Prioux: N’était pas, contrairement à la légende, un ancien prieuré, mais la métairie d’un prieuré, en l’occurrence celui d’Aizie.

¨          (49)Les pontons:

La Révolution Française eut ses heures de lumière, mais connut des heures sombres. La politique anticléricale de la Convention vise les prêtres Réfractaires. A partir de mars 1794, on déporte vers la Guyane. Auparavant, ils sont concentrés à Rochefort sur deux navires “Les Deux Associés” et le “Washington” bloqués dans l’estuaire de la Charente par la flotte anglaise. Le long calvaire commence pour plus de 800 prêtres. Les 2/3 meurent à bord ou sur l’Ile Madame, parmi eux Jacques-Morel Dupas, vicaire de Saint-André de Ruffec, proclamé depuis avec 3 de ses frères, Bienheureux. La note biographique sur Jacques-Morel Dupas dans le Bulletin et Mémoires de la Société Archéologique de la Charente, 1995, pages 171 à 178 est tout à fait remarquable et à lire. Un des 20 panneaux de présentation de l’Eglise Saint-André mis en place par l’Office de Tourisme du Ruffécois sous la direction du Pays du ruffécois et de la promotion du Patrimoine lui sera consacré. L’auteur de cette notice y travaille.

¨          (50) Aizie:

Presque un siècle sépare cette réédition annotée de l’oeuvre première de l’Abbé Jacques. La recherche en histoire a avancé.

Il ne subsiste pratiquement plus rien d’une fortification importante située à 5 kms au nord du donjon de Ruffec; son site est cependant essentiel puisqu’il constitue la partie avancée de la frontière de l’Angoumois avec le Poitou, en vis à vis de la fortification de Civray et de la Marche centrée sur Charroux. Sa première mention littéraire est de 1111, mais l’existence d’un castrum antérieur à cette date n’est pas à exclure. Il se développe sur la rive gauche de la Charente dominant le confluent de la Lizonne par un promontoire situé à 123 mètres. Il était entouré de douves au sud. Il ne subsiste aujourd’hui au nord qu’un mur de 8 mètres de hauteur, en petits moellons et des vestiges d’une chapelle. Contrairement à ce qu’a écrit l’Abbé Jacques en 1906, le château d’Aizie est le résultat d’une partition ou division de la Terre ou du fief de Ruffec. A la mort d’Hilduin le Vieux, le partage se fait entre les trois fils: Hilduin le Jeune, en réalité l’aîné, reçoit Ruffec. Guillaume Ier Chenin reçoit Aizie avant de partir en croisade. Le plus jeune Châlon entre en qualité de chanoine au chapitre Saint-Etienne de Limoges. Ainsi est né un lignage qui essaime en plusieurs branches en Poitou et qui s’éteint au XVIème siècle. Le premier possesseur d’Aizie possède la ville de Ruffec en partie avec son frère. Le conflit est constant par la suite lorsque le château change de lignage. Gauvaigne ou Germain Chenin vend en 1394 la Seigneurie d’Aizie à Ithier de Martreuil. Jean de Martreuil son successeur a une fille, seule héritière, qui épouse en première noce Antoine de Vivonne et, en 1427, se remarie avec Aymar de la Rochefoucauld, lui apportant en dot la terre d’Aizie. En mars 1468, Jean de Voluyre, possesseur du château de Ruffec, alors Chambellan du Duc de Guyenne, frère du Roi, suit ce dernier et entre en rébellion contre Louis XI. Le dernier fait raser et démolir le château de Ruffec en partie et autorise les Sieurs de Torcy, Seigneurs Châtelains d’Aizie et en partie Ruffec, à fortifier la ville de Ruffec alors close. L’opposition interne entre les deux lignages a donc donné naissance paradoxalement aux remparts de Ruffec. Anne de Daillon avait bien raison aux dépens de l’abbé Jacques!

Suite : Origine du lignage d’Aizie