2 fièvres et maladies infectieuses
● angine gangréneuse (Occ.- 2. Def.- synonyme de diphtérie, elle était autrefois pandémique. Elle était encore la plus grande cause de mortalité infantile à la fin du XIXe siècle avec des dizaines de milliers de cas chaque année (encore trois mille morts par an en France en 1924).
Cit.- c’est suite Ă une grave Ă©pidĂ©mie de diphtĂ©rie en Touraine en 1818, que Pierre Bretonneau publie en 1826 Ă Paris , « Des inflammations spĂ©ciales du tissu muqueux et en particulier de la diphtĂ©rite, ou inflammation pelliculaire, connue sous le nom de croup, d’angine maligne, d’angine gangrĂ©neuse, etc. », ouvrage contenant la première description complète de la maladie ( c’est Ă©galement Bretonneau qui utilisa le premier le nom de diphtĂ©rite. Voir aussi ci-après esquiancie/esquinancie ).
â—Ź antray ou le charbon anthrax (fièvre adynamique l’) (Occ.- 1. Def 1.- Anthrax Ă©tait le terme anglo-saxon donnĂ© Ă la  maladie du charbon qui forme des gros abcès ou furoncles cutanĂ©s Ă tendance nĂ©crosante, L’anthrax est une infection staphylococcique de l’appareil glandulaire pilo-sĂ©bacĂ©. Def 2.- En français, d’après le dictionnaire de MĂ©decine Flammarion, le terme anthrax est une « lĂ©sion infectieuse de l’appareil glandulaire pilosĂ©bacĂ©, d’origine staphylococcique, constituĂ© par l’agglomĂ©ration de plusieurs furoncles » ( 6ème Ă©dition, 1998). Il est donc diffĂ©rent du terme anthrax anglais qui signifie « maladie du charbon, charbon bactĂ©rien, charbon, maladie des trieurs de laine [1] » et qui est une maladie infectieuse provoquĂ©e par Bacillus Anthracis [Institut Pasteur]. Com- Je n’ai trouvĂ© aucune trace du mot « antray ».)
â—Ź chancre (maladie de) (Occ.- 1. Def.- maladie vĂ©nĂ©rienne caractĂ©risĂ©e par une ulcĂ©ration profonde remplie de pus, siĂ©geant habituellement sur le fourreau de la verge chez l’homme et aux grandes lèvres chez la femme.
Cit.- « les chancres vénériens qui viennent dans la bouche affectent plus particulierement les glandes amygdales & le voile du palais […] Ces chancres sont des symptomes de la vérole […] Il survient des chancres ou ulceres vénériens aux parties naturelles de l’un & l’autre sexe, à la suite d’un commerce impur [2]»).
â—Ź cocluche, coqueluche (Occ. 1- ; pour les occurrences enfants, voir en 1. Orth.- cocluche/coqueluche. Def.- infection respiratoire bactĂ©rienne, peu ou pas fĂ©brile, de l’arbre respiratoire infĂ©rieur, mais d’Ă©volution longue et hautement contagieuse. Deux bactĂ©ries du genre des Bordetella sont responsables des syndromes coquelucheux chez l’ĂŞtre humain [WikipĂ©dia].
Com.- La coqueluche ne semble pas avoir Ă©tĂ© connue en Europe dans l’AntiquitĂ©. Les premières descriptions apparaissent vers la fin du XVIème siècle avec celle de Guillaume de Baillou au cours d’une Ă©pidĂ©mie Ă Paris en 1578. Au XVIIème siècle, Willis et Sydenham dĂ©crivent le syndrome coquelucheux sous le nom de pertussis (Ă©tymologiquement : toux sĂ©vère). La coqueluche s’Ă©tend ensuite Ă toute l’Europe. Le XIXème a Ă©tĂ© riche de descriptions prĂ©cises et classiques, en particulier celle de Marquezy, mĂ©decin français [Institut Pasteur [3]]
Cit.- « coqueluche endémique, en latin cucullaris morbus, maladie épidémique & maligne qui regne de tems en tems en Europe, & qui y fait quelquefois de grands ravages […] Cette maladie qui paroît communément l’automne ou l’hyver, & dont les causes sont aussi inconnues qu’imprévûes, est une espece de fiévre catarrheuse, accompagnée de mal de tête, de foiblesse, d’oppression ou de difficulté de respiration, de toux, de douleur dans l’épine du dos, & autres symptomes plus ou moins graves ou variés suivant les tems, les lieux, & les personnes. […] ce mal épidemique paroît de tems en tems en Europe pour en moissonner les habitans. […] C’est cette même maladie, qui en 1732 & 1733 parcourut non-seulement l’Europe, mais encore […] On soupçonne avec raison que la cause de cette maladie épidémique consiste dans une matiere extrèmement subtile & caustique, qui se trouve répandue dans l’air, & qui s’insinuant par le moyen de l’inspiration par tout le corps, en infecte les humeurs [4]»).
â—Ź diathere asthĂ©nique scrophuleux, humeur scrophuleuse (Occ.- 1 (plus 1 enfant). Orth 1.- diathere/ diathèse. Def.- Disposition gĂ©nĂ©rale d’une personne Ă ĂŞtre souvent ou habituellement affectĂ©e de telle ou telle maladie. Mot dĂ©suet qui dĂ©signait dans le passĂ©, des affections survenant simultanĂ©ment ou successivement chez un patient. Ces affections se diffĂ©renciaient essentiellement par l’atteinte d’une rĂ©gion anatomique ou d’une autre et par leurs symptĂ´mes mais ayant en commun une nature identique.
Orth 2.- scrophuleux/scofuleux. Def.- toute infection chronique de la peau et des muqueuses ou inflammation des ganglions et des articulations, notamment dans les affections tuberculeuses ou syphilitiques : les scrofules sont les lĂ©sions diverses manifestant cette affection. Une maladie d’origine tuberculeuse provoquant des fistules purulentes appelĂ©es scrofules localisĂ©es sur les ganglions Ă©tait aussi appelĂ©e « écrouelles ». AsthĂ©nie : Def.- affaiblissement pathologique de l’Ă©tat gĂ©nĂ©ral).
â—Ź erysipèle phlegnoneux (Pour les occurrences, voir en 1 (enfants). Def.- variante sĂ©vère d’Ă©rysipèle caractĂ©risĂ©e par la formation d’abcès suivis ultĂ©rieurement d’une nĂ©crose. Cette pathologie est souvent induite par un staphylocoque dorĂ©).
â—Ź esquiancie (Pour les occurrences, voir en 1 (enfants).. Orth.- esquiancie/esquinancie.
Def.- angine, inflammation de la gorge. Peut-être une diphtérie ou un croup (voir Com.- en fin de paragraphe).
Cit.- « est le nom d’une maladie de la gorge, que les Latins appellent angina, angine, d’ango, je serre, parce qu’il se fait un resserrement dans le gosier, par les causes de l’esquinancie ; ainsi la signification générale du mot angina convient à toute sorte d’affection des parties du gosier, qui tend à former des obstacles dans les voies qui servent à la respiration & à la déglutition, sans que le thorax, les visceres qui y sont renfermés, & l’estomac, y soient intéressés essentiellement […] il vaut mieux la diviser, avec les modernes, 1° en légitime ou vraie, qui est celle dans laquelle le gosier est retréci par une inflammation ; & en fausse, dans laquelle la gorge est affectée dans quelques-unes de ses parties, par un oedeme ou par un skirrhe qui gêne le passage de l’air ou des alimens : 2° en suffocatoire & non suffocatoire : 3° en idiopathique & en sympathique : 4° en épidémique & sporadique. [5] ».
Com.- c’est suite Ă une grave Ă©pidĂ©mie de diphtĂ©rie en Touraine en 1818, que Pierre Bretonneau publie en 1826 Ă Paris , « Des inflammations spĂ©ciales du tissu muqueux et en particulier de la diphtĂ©rite, ou inflammation pelliculaire, connue sous le nom de croup, d’angine maligne, d’angine gangrĂ©neuse…etc. ». Si on note que les mots « diphtĂ©rie » et « croup » n’apparaissent nulle part dans l’EncyclopĂ©die de Diderot, on peut lĂ©gitimement supposer que cette maladie y Ă©tait dĂ©signĂ©e implicitement sous l’appellation d’ « angine gangrĂ©neuse » voir ci-dessus.).
â—Ź fièvre adĂ©namique, adĂ©namique rĂ©mittente, adinamique, maladie adĂ©namique, maladie adĂ©namique vermineuse (Occ.- 8. Orth.- adĂ©namique, adinamique/adynamique. Def.- Ă©tat morbide, Ă©tat d’extrĂŞme faiblesse musculaire qui accompagne certaines maladies).
● fièvre ataxique, fièvre rémittente ataxique (Occ.- 4. Def.- désordre morbide des fonctions nerveuses, caractérisé surtout par le manque de coordination des mouvements volontaires. Elle pouvait avoir des causes très diverses : tumeur cérébrale, syphilis, sclérose, infections variées. Rémittent(e), Def.- qui présente des poussées et des atténuations successives.
Cit.- « fièvre rĂ©mittente : fièvre se prĂ©sentant sous forme d’une sĂ©rie d’accès très rapprochĂ©s, entre chacun desquels la tempĂ©rature ne revient pas Ă la normale et ne prĂ©sente qu’une rĂ©mission plus ou moins marquĂ©e [Garnier-Del. 1958] »).
â—Ź fièvre billieuse, billienne, fièvre continue bilieuse, fièvre billeuse maligne (Occ.- 4. Orth.- billieuse, billienne/bilieuse complication survenant chez des individus ayant Ă©tĂ© atteints de malaria (ou paludisme) . Cette complication grave touche particulièrement les individus très fragilisĂ©s et affaiblis : fièvre Ă©levĂ©e, Ă©tat de choc avec prostration, ictère). Com.- le paludisme Ă©tait commun dans des endroits du monde oĂą il est inconnu maintenant, comme en Europe … En France mĂ©tropolitaine, la malaria n’a disparu que relativement rĂ©cemment. Elle Ă©tait encore prĂ©sente en 1931 dans le marais poitevin [Wikipedia]. La rĂ©gression du paludisme en Europe est principalement due Ă l’assèchement des marais et au drainage des zones humides.
Maligne : Cit.- « fievre accompagnée d’affections morbifiques tres-dangereuses, & dont la cause est difficile à dompter par la coction, ou à expulser par les excrétoires naturels, où à se déposer par éruption [6]»).
â—Ź fièvre etique, fièvre hĂ©tique, fièvre hĂ©tique catarrhale (Occ.- 1. Orth.- hĂ©tique/Ă©tique. Def.- Etique signifie maigre. Fièvre lente, longue et habituelle, qui dessèche tout le corps. Cit.- « fièvre chronique, continue, ou rĂ©mittente [voir ci-dessous fièvre lente], qui dans la durĂ©e de son cours croĂ®t en violence & en nombre de fâcheux symptĂ´mes, mine peu-Ă -peu tout le corps, consume les sucs, dĂ©truit les forces, & conduit ordinairement le malade au tombeau. des aphthes de mauvais prĂ©sages, le vertige, le dĂ©lire, la suffocation, l’enflĂ»re des piĂ©s, des sueurs perpĂ©tuelles & excessives, des diarrhĂ©es colliquatives, le hoquet, les convulsions, la mort [7]»).
â—Ź fièvre intermittente (Occ.- 1. Def.- fièvre se caractĂ©risant par la survenue d’accès espacĂ©s rĂ©gulièrement et sĂ©parĂ©s par des intervalles de tempĂ©rature corporelle normale. Ce terme Ă©tait gĂ©nĂ©ralement employĂ© pour dĂ©signer le paludisme. Com.- Jusqu’au XIXe siècle des Ă©pidĂ©mies de paludisme pouvaient se produire jusque dans le nord de l’Europe).
● fièvre lente, fièvre lente avec apauvrissement de sang (Occ.- 3. Orth.- apauvrissement / appauvrissement. Cit.- « febris chronica, lenta. febricula lenta, Fievre continue ou remittente, par laquelle la nature s’efforce lentement de se débarrasser de l’amas croupissant du sang ou des humeurs dans quelqu’un des principaux visceres, & de préserver cette partie du danger qui la menace [8]»).
● fièvre méningo-gastrique adinamique (Occ.- 1. Def.- nom donné aux affections appelées auparavant fièvres bilieuses voir ci-dessus) ou gastriques).
● fièvre muqueuse, fièvre muqueuse adénamique (Occ.- 1. Def.- Nom donné autrefois à certaines formes légères de la fièvre typhoïde. Voir aussi 4 diarrhée muqueuse).
â—Ź fièvre pĂ©riodique (Occ.- 1. Def- Le syndrome de fièvre pĂ©riodique comprend plusieurs maladies, gĂ©nĂ©tiques ou infectieuses, caractĂ©risĂ©es par des Ă©pisodes rĂ©currents de syndromes inflammatoires comprenant fièvre, arthralgies … [WikipĂ©dia]. Voir aussi ci-dessus fièvre intermittente.).
● fièvre putride, fièvre putride vermineuse (Occ.- 2. Def.- Qui est en état de putréfaction ou qui contient des matières putréfiées.
Cit.- « Si la dissolution putride des humeurs est excessive, les actions organiques sont si déréglées, & la corruption qu’elle communique aux solides est si rapide, qu’elle cause promptement la mort ; espèce de peste, & même de peste terrible & irrémédiable [9]»).).
â—Ź fièvre rĂ©mittente pernicieuse (Occ.- 1. Def.- fièvre se prĂ©sentant sous forme d’une sĂ©rie d’accès très rapprochĂ©s, entre chacun desquels la tempĂ©rature ne revient pas Ă la normale et ne prĂ©sente qu’une rĂ©mission plus ou moins marquĂ©e [Garnier-Del. 1958]. Voir aussi ci-dessus fièvre lente).
● phlegmon gangréneux (Occ.- 1).
Def.- Inflammation aiguĂ« ou subaiguĂ« du tissu conjonctif sous-cutanĂ© ou profond.  Un phlegmon, d’origine infectieuse, provoque la destruction des tissus et la formation de pus. Il peut rester diffus et continuer Ă s’Ă©tendre ou se transformer en abcès. Il en est de deux types :
1 phlegmon des gaines des tendons. Cette inflammation du tissu conjonctif autour des tendons touche le plus souvent les gaines des muscles flĂ©chisseurs du doigt. C’est le plus frĂ©quent des phlegmons. Il est dĂ» Ă l’infection d’une plaie par une bactĂ©rie.2 phlegmon de l’amygdale. complication frĂ©quente d’une angine mal soignĂ©e se manifeste par une contracture musculaire empĂŞchant d’ouvrir la bouche.
Def.- de gangrène : nécrose des tissus, causée par une obstruction artérielle par embolie, choc, infection ou par l’exposition à un froid intense. En l’absence d’apport d’oxygène, les tissus meurent, puis se putréfient).
â—Ź rougeole, rougeole (maladie dite la), suite de rougeole (Occ.- 1 (adulte) Voir en 1 les occurrences pour les enfants.
Def.- Ă©galement appelĂ©e 1re maladie, la rougeole est une infection virale Ă©ruptive aiguĂ«. Elle atteint essentiellement les enfants Ă partir de l’âge de 5-6 mois, et elle est dĂ©finitivement immunisante. Le nom de « première maladie » provient du fait qu’Ă l’Ă©poque oĂą l’on a voulu Ă©tablir une liste des maladies provoquant un exanthème infantile, elle a Ă©tĂ© la première Ă ĂŞtre Ă©numĂ©rĂ©e. La vaccination contre la rougeole, recommandĂ©e pour les enfants autour d’un an, vise surtout Ă Ă©viter les complications de l’infection, comme les encĂ©phalites, qui peuvent avoir des sĂ©quelles importantes voire lĂ©tales […] En Europe des Ă©pidĂ©mies sĂ©virent en 1840, 1860 et 1880 [WikipĂ©dia].
Cit.- «[…] est une maladie cutanée, qui consiste dans une éruption universelle de boutons non suppurans, & qui est accompagnée de fievre.Cette maladie paroît avoir beaucoup de ressemblance avec la petite vérole, les symptomes étant les mêmes à plusieurs égards, la cause à -peu-près la même, le régime & le traitement ne different pas [10] »).
Total des décès dus
à des maladies infectieuses : 32
[1] Ils étaient très nombreux à Vivonne, où s’était développé depuis un siècle un improtant artisanat du textile.
[2] Diderot D. & D’Alembert J.- Encyclopedie, 1ere edition tome 3.djvu/139
[3] http://www.pasteur.fr/recherche/unites/Bordetella/Histoire.html
[4] Diderot D. & D’Alembert J.- Encyclopedie, 1ere edition tome 4.djvu/187
[5] Diderot D. & D’Alembert J.- Encyclopedie, 1ere edition tome 5.djvu/1011
[6] Diderot D. & D’Alembert J.- Encyclopedie, 1ere édition, tome 9.djvu/946
[7] l’EncyclopĂ©die, ou Dictionnaire RaisonnĂ© des Sciences, des Arts et des MĂ©tiers de Diderot et d’Alembert.
[8] Diderot D. & D’Alembert J.- Encyclopedie, 1ere édition, tome 6, djvu/745
[9] Diderot D. & D’Alembert J.- Encyclopedie, 1ere édition, tome 6, djvu/746
[10] Diderot D. & D’Alembert J.- Encyclopedie, 1ere edition, tome 14.djvu/404


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