"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a Cent Ans…

- 1er février 1917 : Allemagne / début de la guerre sous-marine à outrance, sans restriction et sans avertissement, avec la mise en service de 150 sous-marins allemands.
- 3 février 1917 : Torpillage après sommation du bateau américain "Housatonic". Le président américain Woodrow Wilson, rompt les relations diplomatiques avec l'Allemagne.
- 3 février 1917 : Berlin / la crise du charbon entraîne la réglementation de la consommation de ce produit.
- 4 février 1917 : Bruxelles / création du Conseil flamand par un groupe d'activistes.
- 5 février 1917 : Rupture des relations diplomatiques entre les États-Unis et l'Autriche-Hongrie.
- 10 février 1917 : Londres / début des négociations entre l'Organisation sioniste mondiale représentée par - Chaïm Weizmann, et le gouvernement britannique en vue de l'installation d'un foyer juif de Palestine.
- 17 février 1917 : France / la Chambre vote l'attribution d'un franc par jour aux soldats des tranchées.
- 17 février 1917 : Décès d'Octave Mirbeau, écrivain français (* 16.2.1848).
- 18 février 1917 : Le commandement suprême de l'armée allemande reprend l'offensive contre la Russie.
- 19 février 1917 : Décès de Charles Émile Auguste Durand, dit Carolus Duran, peintre français (* 4.7.1837).
- 21 février 1917 : En 3 semaines, 134 bateaux alliés et non-belligérants sont coulés par les forces allemandes. C'est le premier bilan de la guerre sous-marine à outrance.
- 24 février 1917 : Méditerranée / Le navire "Dorothea", transportant des troupes britanniques est coulé par un sous-marin allemand.
- 24 Féveier1917 : Les Américains prennent connaissance du télégramme d'Arthur Zimmermann, secrétaire d’État allemand aux Affaires extérieures, qui demande au Mexique d'entrer en guerre contre les États-Unis.

Source : « Chroniques du XXe siècle – Larousse.

GLOSSAIRE DU CATHARISME

GLOSSAIRE DU CATHARISME

Albigeois

Habitants de la ville d’Albi (département du Tarn). Cette ville était considérée comme un foyer hérétique depuis que Saint Bernard y avait été reçu par un charivari. Le terme Albigeois (Albigenses) signifie aujourd’hui tous les cathares du midi de la France. Ils sont aujourd’hui distincts des cathares italiens (Albanenses).

Apareilement ou Aparelhament

Rite mensuel s’apparentant à une confession publique et solennelle. Jean Duvernoy réserve ce rituel aux parfaits. C. Schmidt destine cependant celui-ci aux croyants et parfaits. Cadré par le rituel cathare, l’aparelhament était une véritable cérémonie qui pouvait cependant donner lieu à des punitions allant des oraisons accompagnée de génuflexions, aux jeûnes. L’absolution était donnée en masse.

Baiser de paix ou Caretas

Pratique courante au moyen-âge.

«Cela fait nous reçumes la paix de ces parfaits, en les baisant deux fois sur la bouche en travers, puis nous nous baisâmes l’un l’autre de la même manière deux fois sur la bouche en travers.»
Extrait de Le dossier de Montségur : interrogatoires d’inquisition 12421247
Déposition de Jourdain de Péreille (Textes traduits et présentés par Jean Duvernoy)

Baptême

Bien que souvent utilisé comme critique à l’égard du catharisme, le reniement du baptême chrétien n’est autre que la ferme conviction de l’impossibilité de donner un baptême à un jeune enfant, incapable d’effectuer un choix. Le Rituel n’impose nullement de renoncer à son baptême. Celui-ci est simplement considéré comme sans importance.

Cimetières

Bien que les corps étaient considérés comme l’oeuvre du diable par les cathares, il semble qu’ils aient pratiqué l’enterrement comme les catholiques et dans les mêmes cimetières jusqu’à la Croisade. Dans des cercueils de bois d’if ou des caissons en pierre, les corps étaient ainsi enfouis dans la terre. L’Inquisition ayant de nombreuses fois pratiqué le déterrement des cadavres afin de brûler les ossements, il est peu vraisemblable de penser que les cathares aient cherché une distinction visible des emplacements servant de cimetière. Comme les protestants du XVIème siècle, certains cathares, en particulier des parfaits ont été enterrés dans des jardins privés.

Colombe

Totalement décriée comme symbole cathare par Anne Brenon, il n’en reste pas moins que trois de ces symboles ont été trouvés sur des lieux ayant été marqués par le catharisme : Montségur (l’une en pierre et l’autre en terre cuite) et à l’entrée de la grotte d’Ornolhac (en cuivre). La colombe du Saint-Esprit utilisée par les protestants du Midi serait une continuité de la colombe cathare.

Consolamentum ou Consolament

Véritable passage entre l’état de croyant et celui de parfait ou parfaite cathare, le Consolamentum (ou Consolament) est l’événement le plus important de la liturgie cathare. Il s’agit d’un baptême spirituel (opposé au baptême de Jean, utilisant de l’eau). Il est donné par l’imposition des mains, selon des rites s’apparentant à l’Eglise primitive (sans les éléments matériels tels que l’eau et l’onction d’huile).

Après avoir fait le Melhorament, le croyant, à genoux se voyait réciter le Benedicite, trois Adoremus et Sept Pater par le Parfait qui tenait la Bible sur sa tête. Ensuite, le début de l’Evangile de Jean était lu par l’officiant. Une imposition des mains était opérée par le parfait et tous les croyants présents à cette cérémonie. Après trois Adoremus, le Parfait disait alors : «Gratia Domini nostri Jesu Christi sit cum Omnibus vobis. Benedicite, parcite nobis, amen. Fiat secundum verbum tuum. Pater et Filius et Spiritus sanctus parcat vobis omnia peccata vestra».

Jean Duvernoy distingue le baptême des Parfaits, passage pour intégrer l’ordre des Parfaits, du baptême des Consolés, permettant aux mourants le rémission de leurs péchés. Bien que les rituels sont identiques, il est important de les distinguer du fait que les personnes ayant reçu le Baptême des Consolés et survivant à leurs blessures devaient le recevoir à nouveau pour intégrer véritablement le plan des Parfaits.

En cas de guerre, les croyants pouvaient contracter la Convenenza, permettant ainsi de recevoir le Consolamentum même en ayant perdu la parole.

«… Alors, à la demande de ce parfait, je me donnai à Dieu et à l’Evangile, et promis de ne plus désormais manger de viande, ni d’oeufs, ni de fromage, ni de gras sauf l’huile et les poissons, de ne plus jurer ni mentir de toute ma vie, et de ne pas abandonner la secte par peur du feu, de l’eau ou d’un autre genre de mort. Quand j’eus promis tout cela je dis le Pater Noster à la manière des parfaits. Quand je l’eus dit, les parfaits m’imposèrent le Livre sur la tête, et lurent l’Evangile de saint Jean. Après l’avoir lu ils me donnèrent la paix avec le Livre, puis avec la bouche, en me baisant deux fois sur la bouche en travers. Puis ils prièrent Dieu, en faisant beaucoup de venias et de génuflexions.»
Extrait de Le dossier de Montségur : interrogatoires d’inquisition 12421247
Déposition de Guillaume Tardieu de la Galiole

Convenenza

Du mot occitan signifiant «accord», la Convenenza était un pacte permettant de recevoir le Consolamentum même si l’on avait perdu la parole.

«… pour le cas où nous serions blessés à mort et ne pourrions parler, qu’is nous recevraient et nous consoleraient, bien que nous eussions perdu la parole. Et ces parfaits promirent et firent alors le pacte avec moi et les autres femmes qu’is nous recevraient et nous consoleraient, bien que nous ne puissions parler.»
Extrait de Le dossier de Montségur : interrogatoires d’inquisition 12421247
Déposition de Adalaïs, veuve d’Alzeu de Massabrac
Croix cathare

Croix anthropomorphique, figurée schématiquement par une croix grecque surmontant un V renversé (le Christ vivant étant les bras et les jambes).

Croyants et Croyantes

Préfigurant l’état de Parfait, le simple croyant ne vit pas les mêmes contraintes que ceux-ci. Les croyants recevaient une première initiation, la tradition du Pater, leur donnant ainsi le droit de dire cette prière. Les péchés des croyants n’étaient pas considérés comme très graves, du fait qu’ils n’étaient pas considérés comme libres.

Diacres cathares

Les Diacres cathares avaient à leur charge l’Aparelhament. Selon Jean Duvernoy, ceux-ci pouvaient avoir une responsabilité régionale. Les différents auteurs et historiens s’opposent sur le fait qu’il y ait existé ou non des Diaconesses, femmes assurant le rôle du Diacre.

Dualisme

Mitigé ou absolu, le dualisme est souvent présenté comme base fondamentale de la pensée cathare.

L’hypothèse du dualisme mitigé repose sur une vision du monde dont un seul Dieu est le créateur. Le diable ne serait autre qu’une création de ce dieu qui se serait corrompu lui-même, utilisant son libre arbitre. Celui-ci est très important dans ce courant de pensée. En effet, l’homme est alors libre de faire le bien ou le mal. De ses actions, il est jugé et obtient le paradis ou des peines éternelles.

La vision du dualisme absolu est plus éloignée du christianisme. Deux dieux se partagent la création. Le Dieu bon est créateur de tout l’invisible, de l’incorruptible et de la spiritualité. Le Dieu mauvais est la source de tout mal, dont le monde matériel. Les hommes sont des anges déchus, enfermés dans un véhicule matériel, leurs corps. Les âmes sont sauvées en brisant le cycle des réincarnations, en comprenant véritablement le Bien et le Mal.

Les cathares languedociens sont aujourd’hui considérés comme des dualistes absolus.

Endura

. Mot occitan signifiant jeûne. Celui-ci était volontaire. L’Endura n’était cependant pas obligatoire et elle ne constitue nullement une particularité cathare

Évangiles

Les quatre évangiles constituaient le fondement de la pensée cathare. L’Évangile de Jean était particulièrement employé, en particulier lors de la cérémonie du Consolamentum. Le passage alors lu à voix haute débutait de «In principio» et se terminait à «gratia et veritas per Jesum Christum facta est». L’Évangile de Jean présente de nombreux caractères dualistes tels que les oppositions lumière / ténèbres, vérité / mensonge, … La traduction occitane de l’Évangile de Jean, appelée Nouveau Testament de Lyon, indique de façon très instructive l’interprétation que les cathares faisaient des Écritures.

Evêques cathares

Toujours assistés d’un fils majeur et d’un fils mineur, les évêques avaient à leur charge une région déterminée. Il y aurait eu quatre évéchés cathares dans le midi de la   France : Toulouse, Carcassonne, Albi et du Razès (créé en 1226, lors du concile cathare de Pieusse). Raynier Sacconi, en 1250, parle aussi d’une église à Agen, qui aurait – selon lui – disparu.

Fils mineur et fils majeur

Le fils majeur était généralement une stade préparatoire à la charge d’évêque. Le fils mineur quant à lui représentait le plus souvent l’étape précédant le poste de fils majeur. Ils peuvent être considérés respectivement comme second et premier vicaire.

Graal

L’Occitanie possède une légende selon laquelle Adam, premier homme, aurait légué une coupe de bois. Celle-ci, réalisée de ses mains, constituerait l’ensemble du patrimoine d’Adam. Elle aurait été transmise de père en fils jusqu’à Noé, puis à Jésus, qui l’aurait utilisé lors de la Cène.

Le moyen-âge va développer le mythe du Graal, sous l’impulsion de Saint-Bernard et des romans qui s’y rattachent : le Conte del Graal de Chrétien de Troyes, Parzival de Wolfram von Eschenbach en sont les témoins les plus importants. Ces contes et légendes ont été bâties sur un héritage celtique permettant ainsi au christianisme de réutiliser les anciennes croyances pour son propre compte.

Bien qu’aucun lien solide ne permette de relier la légende du Graal au catharisme, le livre d’Otto Rahn Croisade contre le Graal (réédité en 1933) se présente aujourd’hui comme l’origine du mythe de Montségur, château du Graal.

Hérésie

Le terme hérésie provient du grec signifiant choix. Doit-on en conclure que le reproche fait aux hérétiques était principalement d’avoir choisi leur croyance … ?

Inquisition

Le concile de Narbonne chargea les évêques de créer dans chaque paroisse, des témoins chargés de rechercher les hérétiques et d’en faire des rapports. L’Inquisition est véritablement née en 1229, à la suite du traité de Meaux (lors du concile de Toulouse). Sa mission de conversion des hérétiques fut confiée aux frères prêcheurs, les Dominicains en 1233, par le pape Grégoire IX. L’ordre des Dominicains, fut créé par Dominique de Guzman (Saint-Dominique), initialement orienté vers la prédication en vue de convertir les albigeois.

Chaque déposition était soigneusement consignée par un notaire, ce qui nous laisse encore aujourd’hui une masse documentaire très importante, bien que peu objective, sur les idées et pratiques des hérétiques et notamment des cathares. Les noms de personnes issus des délations n’étant jamais communiqués, ce système permis de faire régner la peur et la suspicion à l’intérieur même des familles et villages.

Les châtiments pouvaient aller du port de deux croix rouges cousues sur le vêtement (sur la poitrie et sur le dos) à la confiscation des biens, voire l’emmuration (la prison) temporaire ou définitive ou même le bûcher. Les relaps, hérétiques convertis et retournant à leur hérésie étaient quasiment systématiquement destinés au bûcher.

Des avocats assistaient les inculpés, mais généralement plutôt de manière symbolique. Les avocats défendant trop bien les hérétiques devenaient souvent à leur tour suspects d’hérésie, tel Guillaume Garric, de Carcassonne, qui fut condamné à l’exil.

Il est clair que l’Inquisition, associée au pouvoir temporel a joué un rôle décisif dans l’éradication du catharisme.

Jean de Lugio

Fils majeur de l’évêque de Denzano, Jean de Bergame ou Jean de Lugio donna naissance à un mouvement dissident, plus proche du catholiscisme romain, par son dualisme absolu plus rationnel.

Le Liber de duobus principiis (le Livre des deux principes) fut écrit par lui ou l’un de ses disciples. Nous avons aussi le livre Summa de Catharis, de Raynier Sacconi, qui constitue une base documentaire très importante sur le catharisme italien. Cette pensée retrouvait, en de nombreux points, le manichéisme primitif.

Malheureusement, nous en sommes très souvent aujourd’hui réduit à nous inspirer de la pensée des cathares italiens pour comprendre le mouvement occitan.

Jésus Christ

Considéré comme le plus important des anges, Jésus Christ était un point important de discorde entre les cathares et les catholiques romains. Refusant la trinité, les cathares ne pouvaient non plus accepter une incarnation du Christ. Ils distinguaient alors le Christ du plan spirituel et Christ de l’histoire.

Malgré les arguments que nous pouvons retrouver au travers des dépositions de l’Inquisition, nous ne pouvons nier le caractère chrétien des cathares, du fait de l’importance considérable que celui-ci a joué dans leur vision du monde.

Libre-arbitre

Le libre-arbitre est au coeur du Livre des deux Principes. Les cathares ont rejeté la notion de libre-arbitre, orientant leur pensée vers la prédestination.

Les croyants étant considérés comme n’ayant pas de libre-arbitre, le fait de pécher ne pouvait les entraîner vers une situation impardonnable. Les cathares s’apparentant au dualisme absolu, les âmes étaient donc considérées comme prédestinées à être libérées. Les créatures de Dieu étaient nécessairement sauvées alors que les créatures du diable étaient damnées par nature.

Maison

«Tenir une maison» a été la façon inquisitoriale de présenter les couvents cathares abritant des communautés de parfaits ou parfaites cathares. Cette terminologie est encore aujourd’hui utilisée dans les livres d’histoire. Ces maisons semblent avoir été implantée dans la quasi-totalité des villes et villages de la région languedocienne. Les maisons de parfaits ont laissé moins de trace et il semble qu’elles aient été moins nombreuses que les communautés féminines.

Manichéisme

Le manichéisme, directement issu du Mani (216-277), se présente comme une religion couvrant les précédentes. Basée sur l’opposition des deux principes du bien et du mal, cette religion est dualiste absolue : le bien / esprit contre le mal / matière. La vision manichéenne du monde repose donc sur cette opposition bien qu’elle soit souvent présentée comme une gnose : le salut ne vient que de la connaissance, de la signification des choses et événements.

Mariage

Considéré comme condamnable au même titre que l’acte de chair, le mariage n’était cependant pas interdit pour les simples croyants. Les mariages cathares pouvaient être dissous, reposant uniquement sur un consentement mutuel.

Marie

L’interprétation de Marie, comme celle de Jésus, a évidemment été très différente entre la vision catholique romaine et la vision cathare. Pour la plupart, les cathares ont considéré Marie comme un ange, étant descendu sur Terre au même titre que Jésus Christ et Jean l’évangéliste (formant ainsi les trois témoins dont parle le quatrième Evangile). Certains exégètes cathares ont cependant considéré que Marie ne signifiait que leur Eglise.

Melhorament ou meioramentum

Du mot occitan signifiant amélioration. Reconnaissance du parfait par le croyant, présenté comme une adoration par les catholiques contemporains. Il se mettait à genoux, s’inclinait trois fois, mains jointes, jusqu’à terre. Parfois, le melhorament se limitait à trois génuflexions en disant à chaque fois «Bénissez-nous seigneur ; priez pour nous». Puis le croyant demandait alors «Conduisez-moi à bonne fin». Le parfait ou la parfaite répondait alors «Dieu vous bénisse ! Nous prions Dieu pour qu’il vous fasse bon chrétien (ou bonne chrétienne), et vous amène à bonne fin».

Métempsycose

Dans le cycle des réincarnations, les cathares admettaient un éventuel recul dans le règne animal. Cette conception et appelée métempsycose car elle ne limite pas la migration des âmes aux seuls humains.

L’enfer était donc – dans cette vision – la terre elle-même, sur laquelle les âmes devaient circuler d’enveloppe charnelle en enveloppe charnelle jusqu’à leur libération.

Bien que certains cathares aient considérés que l’âme ne pouvait être libérée que dans un corps d’homme, la véritable doctrine ne faisait aucune différence, la considérant comme non sexuée.

Mort

Selon les cathares, le mort mettait quatre jours pour se séparer de son corps physique. Le parfait devait alors l’assister en priant pour faciliter le passage de l’âme.

La médecine considère aujourd’hui que le cerveau conserve une activité pendant quatre jours après la mort clinique.

Parfait et parfaite

Etaient parfaits ou parfaites ceux qui avaient reçu le Consolamentum. Les parfaits ne mangeaient pas de viande ou dérivés sauf le poisson. Selon eux, le fait de manger de la viande animale revitalisait ses instincts brutaux. Ils ne devaient pas influencer la justice humaine (par exemple siéger dans les tribunaux, à la différence du clergé catholique, très impliqué dans les affaires temporelles).

Sorte de pasteur de l’Eglise cathare, les parfaits et parfaites ne se sont jamais appelés de cette manière mais se présentaient comme des Bons-Hommes et Bonnes-Femmes, ou Bons chrétiens et Bonnes chrétiennes.

Les parfaits se devaient de respecter scrupuleusement un mode de vie d’ascète :
– ne pas avoir de liaison charnelle
– ne pas consommer d’aliments carnés (ils se nourrissaient exclusivement de poissons et de

légumes et faisaient de nombreux jeûnes)
– ne pas pratiquer l’homicide y compris des animaux (considéré comme le péché le plus grave)
– ne pas succomber à la lâcheté devant la souffrance et la mort
– ne pas mentir ni jurer
– et surtout consacrer leur vie au spirituel (nombreuses prières, aider les autres, …).

Patarins

Cathares de Calabre (Italie du sud).

Pater

Le Pater est commun, à quelques exceptions mineures à toutes les divergences chrétiennes : catholiques, protestants … cathares et autres hérétiques de mouvance chrétienne. Le Pater ne pouvait cependant pas être prononcé par les croyants cathares du fait qu’ils ne pouvaient s’adresser au Dieu bon comme leur père alors même qu’ils étaient encore dans un stade matériel.

Très utilisé comme prière, le pater était par exemple récité par les parfaits et parfaites avant chaque repas, en coupant le pain.

Le Pater cathare : (issu du Rituel Cathare)

«Pater noster qui es in celis, sanctificetur nomen tuum ; adveniat regnum tuum. Fiat voluntas tua sicut in celo et in terra. Panem nostrum supersubstancialem da nobis hodie. Et dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris. Et ne nos inducas in temptationem sed libera nos a malo.

Quoniam tuum est regnum et virtus et gloria in secula. Amen.»

Traduction française :

«Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié ; que votre règne arrive. Que votre volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel. Donnez-nous aujourd’hui notre pain supersubstantiel . Et remettez-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs. Et ne nous induisez pas en tentation mais délivrez-nous du mal.

Car à vous appartiennent le règne et la puissance et la gloire dans les siècles des siècles. Amen.»

Pauvres catholiques

Les cathares n’étaient pas les seuls à se soulever contre le clergé dont les richesses ne leur donnaient guère de crédibilité par rapport aux discours évangéliques. Durand de Huesca fut un pionnier par la création de l’Ordre des Pauvres Catholiques. A la suite du colloque de Pamiers, en 1207, tenu par saint Dominique en personne, Durand de Huesca donna donc naissance au tiers-ordre des Pauvres Catholiques. Ils constituèrent dès 1212 un double couvent pour les frères et pour les soeurs à Elne (Roussillon). Leur principale mission consistait à précher sans fin, vivant pauvrement à l’instar des parfaits, mendiant et dormant parfois dans les bois …

Durand de Huesca est aujourd’hui connu principalement pour on combat contre les hérétiques et plus particulièrement par son ouvrage Liber contra Manicheos.

Péchés

Considérés comme mortels, les péchés sont identiques à la vision catholique romaine : la concupiscence charnelle, la fornication, l’amour des biens matériels, l’homicide, la violence et la colère, le mensonge, la crainte de la mort, … Les péchés étaient les mêmes pour les parfaits et les croyants. Ces derniers bénéficiaient seulement d’une indulgence importante, au regard de laquelle ils avaient à se réincarner encore plusieurs fois pour être libérés de la matière.

Pentagramme

Plusieurs formes de pentagramme ont été retrouvées dans la région : sur des graffitis, des objets de plomb, des pierres gravées, … La spoulga d’Ornolac, grotte satellite de Lombrives (aussi appelée grotte de Bethléem) possède une forme de pentagramme gravée profondément dans la pierre. Les dimensions de celle-ci permettent à un homme de s’inscrire à l’intérieur des extrémités, plaçant ses mains, pieds et tête à chaque angle.

Poisson

Initialement utlisé par les premiers chrétiens pour symboliser Jésus Christ, le poisson semble avoir aussi été utilisé par les cathares. Le Rituel de Lyon contient une représentation. Le Musée de Foix en possède aussi une représentation sur une pierre gravée.

Pour les premiers chrétiens, le symbolisme du poisson provenait en partie de son nom grec Ichtus, dont les lettres pouvaient être interprétées comme les initiales de la phrase «Iésous Christos Théou Uios Sôter», «Jésus Christ, de Dieu Fils, Sauveur».

Prière cathare

«Père saint, Dieu juste des bons esprits, toi qui jamais ne te trompas, ni ne mentisn ni n’erras, ni ne doutas, de peur que nous ne prenions la mort dans le monde du Dieu étranger – puisque nous ne sommes pas de ce monde et que le monde n’est pas de nous -, donne-nous à connaître ce que tu connais et à aimer ce que tu aimes.

Pharisiens séducteurs, vous vous tenez à la porte du royaume et vous empêchez d’entrer ceux qui voudraient y entrer, alors que vous autres, vous ne le voulez pas ; c’est pourquoi je prie le Père saint des bons esprits qui a pouvoir de sauver les âmes, et, par le mérite des bons esprits, fait grener et fleurir ; et à cause des bons, donne la vie aux méchants – et il le fera aussi longtemps qu’il y aura des bons en ce monde, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun de mes « petits », ceux qui sont des sept royaumes et sont descendus du Paradis autrefois, quand Lucifer les en a tirés sous le prétexte que Dieu les trompait en ne leur ayant permis que le bien ; de sorte que le diable était très faux, car il leur donnerait des femmes qu’ils aimeraient beaucoup, qu’il leur donnerait le commandement des uns sur les autres, et qu’il y en aurait qui seraient rois, comtes ou empereurs, et qu’avec un oiseau ils pourraient en prendre un autre, et avec une bête, une autre bête.

Tous ceux qui lui seraient soumis decendraient en bas et auraient le pouvoir d’y faire le mal et le bien, comme Dieu en haut ; et il leur valait beaucoup mieux (disait le diable) être en bas, où ils pourraient faire le mal et le bien qu’en haut où Dieu ne leur permettrait que le Bien.

Et alors ils tombèrent sur un ciel de verre et autant s’y élevèrent, autant tobèrent et périrent ; et Dieu descndit du ciel avec douze apôtres et il s’adombra en sainte-Marie.»

Extrait du Registre d’Inquisition de Jacques Fournier
Tome II, page 461-462

Sans avoir reçu la Tradition du Pater, les simples croyants ne devaient pas dire cette prière. Ils pouvaient en revanche réciter le Benedicite («Benedicite, Benedicite, Domine Deus, Pater bonorum spirituum, adjuva nos in ommibus quae facere voluerimus»).

Principes

Selon la vision dualiste du monde, deux principes s’affrontaient depuis la nuit des temps. Le Bon Principe, du Dieu bon, spirituel et le Mauvais Principe, du Dieu mauvais, matériel. Le Livre des Deux Principes expose, avec l’approche propre à l’époque, les fondements de cette pensée, base de la religion cathare.

Receveur des âmes

Les cathares appelaient parfois les parfaits donnant le Consolament, le Receveur des âmes.

Réincarnation

Voir métempsycose.

Rituel

Le rituel cathare présente la manière dont le croyant était reçu par les parfaits. Voir aussi Pater.

Stèles

De nombreuses stèles discoïdales ornent les chemins de nos campagnes. Nullement exclusives de la région languedocienne, ces stèles sont aussi présentes partout en Europe.

Il est peu vraisemblable qu’elles aient un lien quelconque avec les cathares, d’autant plus que les pratiques de l’Inquisition – déterrant les morts et ossements pour les exposer à la population et les brûler – ne devait guère inciter les cathares à différencier les lieux de prière et cimetières.

Tisserands

Vivant du travail de leurs mains, les parfaits cathares semblent avoir eu une pénétration particulière dans le métier du tissage. Certaines communautés semblent même avoir été des ateliers de tisserands. De la même manière que le terme Albigeois, le mot tisserands est donc parfois utilisé pour désigner les cathares eux-mêmes.

Trinité

Bien que très souvent mentionnée par les cathares, le concept de trinité – Dieu, le fils et le Saint Esprit – est assez éloigné de celui des catholiques. Ils pensaient en effet que Dieu, le Dieu Bon, était au dessus des deux autres conposantes de la trinité.

Troubadours

Le lien entre le catharisme et les troubadours est assez flou. On peut leur trouver une origine sociale identique dans la culture occitane, mais nous ne pouvons guère citer que Pierre Roger de Mirepoix comme troubadour cathare, encore faut-il pondérer cette hypothèse par le fait que nous ne possédons plus de trace de son oeuvre. Poètes lyriques propres au Languedoc, les troubadours chantaient l’amour courtois et la femme. Il est fort à parier que les préoccupations des troubadours, chantant telle ou telle dame, était bien loin de la métaphysique religieuse du catharisme

Vaudois

Fondé par Valdo (ou bien Valdès, Vaudès, Pierre de la Valée, …), le mouvement vaudois semble avoir eu un impact important parmi les hérésies médiévales. Ancien riche marchand de Lyon, Valdo pris subitement une orientation de vie personnelle très orientée vers une vie austère et principalement constitué de prêches. Son groupe se forma vraisemblablement vers 1170. Il aurait fait traduire les Evangiles et langue d’Oc, ainsi que des extraits de la Bible et certains extraits de saint Augustin, saint Jérôme, saint Ambroise et saint Grégoire.

Le valdéisme, mouvement chrétien des vaudois, fut très vite considéré comme hérétique et combattu au même titre que les cathares. Ils refusaient en effet de se soumettre à la hiérarchie de l’église catholique, ne reconnaisaient pas les sacrements catholiques, niaient l’existence du purgatoire, ne reconnaissaient pas de localisation de la présence de Dieu dans les églises, …

Finalement assez proche du calvinisme, le valdéisme se voulait principalement restaurateur du christianisme primitif.

Voeux

Les trois voeux que prononçaient les cathares étaient : chasteté, vérité et

humilité … très proches des voeux prononcés par les moines d’obédience catholique romaine.

SOURCES

Internet

Henri Gougaud : « les cathares »

Jean Duvernoy : « l’histoire des cathares »

Lucienne Julien : « cathares et catharisme : de l’esprit à la persécution »

Le livre des deux principes

Le rituel cathare