"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a Cent Ans…

Juin 1917

- 5.06.1917. Italie : la 10e bataille d'Isonzo, commencée le 14 mai, s'achève sans succès pour les Italiens.
- 6. 06.1917. Paris, débat à la Chambre : «La paix n'est possible que si l'on obtient la restitution de l'Alsace-Lorraine. ››
- 7.06.1917. Début de la bataille des Flandres : attaque des charsanglais.
- ll.06.1917. Chine : dissolution du Parlement par le président Li.
- 12.06.1917. Grèce : le roi Constantin abdique sous la pression des Alliés. C'est son deuxième fils, Alexandre, qui lui succède.
- 12.06.1917. Grèce : E. Vénizélos revient au pouvoir comme président du Conseil et déclare la guerre à l“Allemagne, l'Autriche-Hongrie, la Bulgarie et à l'Empire ottoman.
- 15.06.1917. USA : loi sur l'espionnage. De lourdes sanctions seront infligées à ceux qui gênent les actions de guerre ou aident l'ennemi.
- 16.06.1917. Russie : ouverture du premier Congrès panrusse des soviets : Lénine y déclare que les bolcheviks visent à saisir seuls le pouvoir : c"est 'hilarité
générale dans la salle.
- 16.06.1917. Allemagne : épidémie devariole dans le Nord. On déplore 200 morts.
- 17.06.1917. Sortie du court métrage de Charlie Chaplin «l’Émigrant ››.
1-9. Grande-Bretagne : la Chambre des communes
accorde le droit de vote aux femmes de plus de 30 ans
(-› 9.12.l928).
-19.06.1917. Russie : constitution du premier bataillon de femmes engagées volontaires.
- 26.06.1917. Saint-Nazaire : les premières troupes américaines débarquent.
- 29.06.1917. Kiev : proclamation de la République autonome d`Ukraine par Vinnichenko et Simon Petlioura.

NAISSANCE
- 14.06.1917. Gilbert Prouteau, écrivain et cinéaste français.

Source : « Chroniques du XXème siècle – Larousse..

VIEILLES COUTUMES DU CONFOLENTAIS

VIEILLES COUTUMES DU CONFOLENTAIS

 

LA MORT

Quand la mort frappe un membre de la famille, il est d’usage d’arrêter la pendule à l’heure du décès, sans doute pour mieux fixer cette heure douloureuse clans le souvenir et pour qu’aucun bruit ne vienne troubler ou distraire le recueillement de ceux qui restent; mais aussi, je crois, du moins à l’origine, pour marquer que toute vie est suspendue, arrêtée dans la maison.
Ce qui tiendrait à justifier cette dernière hypothèse, c’est qu’on vide aussi l’eau contenue dans les seaux; pourquoi ce geste s’il n’était pas une façon de dire : si tu es mort, nous ne voulons plus cuire d’aliments, nous voulons nous laisser mourir aussi. » Autrefois, dans l’Inde n’allait-on pas .jusqu’à brûler, avec le défunt, sa veuve, ses chevaux, ses armes, tout ce qui lui avait appartenu ?

On voile aussi les glaces, les miroirs; on ferme les volets; signe de deuil, soit; mais n’est-ce pas aussi parce que les glaces reflètent la vie ? Si on ferme les volets, n’est-ce pas pour que la lumière, les bruits, la vie extérieure en un mot, ne pénètre pas dans la chambre mortuaire transformée en tombeau ? — tombeau où ne doit brûler que le cierge ou, à défaut de cierge, une seule bougie, ou une seule lampe, symbole de vie éternelle.

En ce qui concerne ce cierge, cette unique lumière, il est de tradition de veiller à ce qu’elle ne s’éteigne sous aucun prétexte; avant que le cierge ne soit entièrement consumé, on en allume un autre à sa propre flamme et on ne l’éteint qu’après; il ne faut pas qu’il y ait d’interruption. Quand on transporte le corps au cimetière, on laisse continuer à brûler le dernier cierge allumé, et on ne l’éteint que quand la cloche annonce que la cérémonie est commencée. Cette dernière ne commence, en effet, que quand les cierges disposés autour du corns et sur l’autel sont allumés : la vie terrestre est
finie, c’est la vie éternelle qui commence : il n’y a pas eu co’ution de continuité.

Ce qui reste du cierge est conservé précieusement, non seulement comme souvenir, mais aussi comme fétiche protecteur : on rallume quand il fait de l’orage pour préserver de la foudre la maison et ses habitants.
Je ne crois pas. qu’une préoccupation vraiment religieuse se mêle à cette superstition : en effet, les cierges successivement allumés près du corps n’ont pas été bénis la plupart du temps; ce n’est donc pas la protection divine qu’on semble invoquer, mais plutôt celle du mort.

Quand le moment est venu de la mise en bière, il semblerait naturel que ce soient les membres de la famille qui tinssent à honneur de remplir ce dernier devoir; mais il n’en est rien ; la mise en bière est effectuée par des étrangers, généralement, par le menuisier qui a fait le cercueil. De même, ce sont des étrangers qui doivent porter la bière au cimetière. Tout geste accompli par les parents, même avec le plus profond respect, concernant, soit la mise en bière, soit le transport, soit

l’inhumation, pourrait être interprété comme une hâte à se débarrasser du défunt.

Autrefois, la veuve, les enfants, les plus proches parents, surtout au moment de l’ensevelissement et de l’inhumation, se croyaient obligés de pousser des lamentations, de répandre leur douleur en véritables discours où ils vantaient les qualités de la personne décédée, et qui rappellent le « vocero » des Corses. Maintenant, il y a, certes, des cris poussés, quelques mots affectueux proférés, mais ils sont plutôt, en quelque sorte, inconscients que rituels.

Autre tradition se rapportant au décès : Si la famille possède des ruches, on doit aussitôt prévenir les abeilles et « les mettre en deuil », c’est-à-dire placer un crêpe ou un ruban noir à chaque ruche. Si- on y manquait, on assure que, vexées, les abeilles s’en iraient et ne reviendraient plus. Le fait aurait été constaté maintes fois, -m’a-t-on affirmé; mais je reste sceptique. Cette coutume vient probablement de ce que les abeilles étaient, pour ainsi dire, considérées comme faisant partie de la famille; c’est à elles qu’on devait le miel, fréquemment employé comme remède à la campagne, et qui était le
sucre du pauvre alors que le sucre de canne ou de betterave n’existait pas ou était très rare. Les associer au deuil était donc à la fois une marque d’affection et de reconnaissance, doublée d’une prévenance intéressée.

Bulletin de la Société charentaise des études locales (1920) – Gallica.fr

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