"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom" Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a 100 ans…

- 1er Août 1915 : Russie / lors de l'ouverture de la Douma, le ministre des Affaires Étrangères présente un rapport sur l'offensive allemande en Pologne.

- 3 Août 1915 : Paris / publication d'un nouveau rapport officiel sur les violations des droits des gens commise par les troupes allemandes.

- 3 Août 1915 : Un sous-marin allemand arraisonne le navire de commerce américain "Pass of Bahama" et le conduit jusqu'à Cuxhaven.

- 4 Août 1915 : Les troupes austro-hongroises occupent Ivangorod sur la Vistule.

- 5 Août 1915 : L'armée allemande prend Varsovie.

- 6 Août 1915 : Pologne / les députés au Conseil d'empire autrichien exigent la création d'un royaume réunifié de Pologne avec la Galicie, uni à la monarchie habsbourgeoise.

- 7 Août 1915 : La Chambre donne le droit au gouvernement français de réquisitionner le blé à 30 francs le quintal.

- 11 Août 1915 : Création d'un laboratoire de toxicologie au Val-de-Grâce associé à l'envoi prochain de 200 laboratoires mobiles de toxicologie sur le front.

- 17 Août 1915 : Vote de la Loi Dalbiez destinée à combattre les "embusqués".

- 20 Août 1915 :Décès de Paul Ehrlich, médecin allemand (*14.3.1854).

- 21 Août 1915 : L'Ialie déclare la guerre à l'Empire ottoman.

- 24 Août 1915 : "Le "Figaro" lance une pétition contre la censure poilitique.

- 25 Août 1915 : Offensive franco-britannique en Artois et en Champagne qui se solde par des gains minimes de territoires.

- 26 Août 1915 : Le groupe d'armée de Mackensen conquiert Brest-Litovsk. L'ensemble de la Pologne est aux mains des puissances centrales.

- 29 Août 1915 : Naissance de Ingrid Bergman, actrice suédoise (†29.8.1982).

- 31 Août 1915 : L'Allemagne et l'Autriche divisent la Pologne en deux districts administratifs et militaires : Varsovie aux Allemands, Kielce aux Autrichiens.

Au cours des années 1914-1915, des troupes théâtrales improvisées, dirigées par Émile Fabre, forment, sur le front, les germes d'un véritable théâtre populaire des armées. Des troupes de Zouaves, dans des revues "pleines d'entrain", avec verve, raillent le kaiser...

Source : « Chroniques du XXème siècle – Larousse.

Anciennes parutions

Routes à la carte …

Si vous regardez dans les indications de la colonne de gauche de ce blog vous y trouverez, dans la rubrique « Il y a 100 ans… »  cette information singulière en date du 25 Janvier 1914 : « A Paris le nombre des chevaux a diminué depuis 1900, passant de 98000 à 63000... »* voilà une information intéressante pour évoquer, à la fin du XIXème siècle, l’apparition d’un nouveau mode de transport au dépend des véhicules hippomobiles : l’automobile, entrainant la création de cartes routières destinées aux voyageurs pédestres, cyclistes et aux nouveaux venus dits automobilistes…

*En 1895 on recense en France à peine 300 automobiles, en 1913 ce sont 17964 voitures particulières qui ont été immatriculées.

Voyager a, de tous temps, été une aventure… déjà se déplacer d’un village à l’autre pouvait s’avérer périlleux en raison de l’état des chemins, des passages de gués incertains, des mauvaises rencontres, et des caprices de la météorologie du moment… Que ce soit à pied, à cheval, en voiture ou bien encore par navigation fluviale, tous ces déplacements exigeaint au moins, hors errances ou vagabondages, que l’on connaisse, à partir d’un point de départ, son lieu d’arrivée correspondant à tous projets de parcours…

Cela impliquait que l’on ait au moins quelques connaissances sur la topologie et la géographie des lieux… Comment se repérait-on autrefois ? Le plus souvent, pour le voyageur d’antan, c’est l’habitude associée à l’expérience qui lui permettait de s’orienter. On établissait sa route déjà, en suivant les chemins existants et en s’orientant par rapport à la position du soleil le jour et des astres la nuit, ceci, bien sûr,  quand le ciel n’était pas couvert de nuages. En tous cas, en ces temps là, on ne pouvait pas compter sur des panneaux ou pancartes type flèches d’orientation où figurait le nom des localités voisines, ni sur des bornes balisant un trajet quelconque. Ceci n’est apparu qu’au tout début du XXème siècle.

André Michelin

André Michelin

Guide Michelin   - 1900

Guide Michelin – 1900

En 1900, André Michelin fabricant de pneus depuis 1891, prévoyant l’essor de l’industrie automobile, fait paraître un petit guide rouge offert gracieusement aux « chauffeurs ». En préface, ce prestigieux industriel, annonce que sa volonté est d’aider le voyageur pour circuler sereinement sur tout le territoire. Ainsi, à la suite de toutes les recommandations d’usages pour l’entretien, le changement et la réparation des pneumatiques de son automobile, le propriétaire jouissant de ce guide rouge, peut trouver toute un ensemble d’informations précieuses pour se restaurer, se loger, trouver les bureaux de postes et les offices de réparations mécaniques, dans les villes et villages jalonnant sa route ou bien des lieux où il souhaiterait faire halte. « Cet ouvrage parait avec le siècle, il durera autant que lui !…»  avait alors affirmé Michelin…

En 1913, ce guide a bien évolué grâce aux indications apportés par les chauffeurs eux-mêmes… ce qui constitue un bel exemple de mutualité. Le tourisme est né… le guide comporte désormais 3 volets importants :

Une première partie traite sur un ensemble de 40 pages du bon usage et de l’entretien des pneus avec énumération des lieux de dépôts. Michelin évoque aussi tous les pièges de la conduite ; il faut savoir qu’entre 1911 et 1913 ce sont 355 chauffeurs qui ont été victimes d’un accident de la route. Sur ces chaussées qui ne sont pas encore asphaltées et dont la plus part sont encore carrossées sommairement comportant de nombreux nids de poules, des ornières parfois profonde, il circule encore pas mal de chevaux avec leurs attelages. De leurs sabots ferrés par l’usure, ils perdent souvent quelques clous et le clou c’est l’ennemi numéro 1 du pneumatique ! En conséquence, tout un chapitre très détaillé est consacré au démontage et au remontage des pneus sur leurs jantes. En 1895, Michelin est le premier à avoir mis au point ce système du pneu démontable avec chambre à air et valve, simplifiant les opérations pour réparer ce qui, auparavant, demandait plusieurs heures de travail acharné.

Une deuxième partie recense les routes principales et secondaires ainsi que les chemins qui sont numérotés, une carte de la France gastronomique complétée par une liste d’excursions recommandées et la nomenclature des villes par ordre alphabétique.

Une troisième partie recèle une mine de renseignements encore plus fouillés avec l’indication relatives aux voyages en France et à l’étranger, sur les taxes des automobiles suivant leur type de carrosserie et le nombre de passagers qu’elles sont en droit de transporter,  le code de  la route et les signaux adoptés en 1908 à la conférence internationale des sociétés du tourisme. (Au nombre de 4 : le cassis, le virage, le croisement et le passage à niveau)

A l'intérieur du guide : Angoulême...

A l’intérieur du guide : Angoulême…

En 1906, les cartes de France étaient exclusivement réalisées par des fonctionnaires ou des officiers d’état-major des Armées. Les chauffeurs civils pouvaient éventuellement en disposer mais ces cartes surtout spécialisées sur la topologie des terrains,  n’étaient que peu adaptées aux besoins des automobilistes plus demandeurs de tracés routiers leur permettant d’établir leurs itinéraires et de se repérer en rase campagne. Il faut savoir qu’André Michelin, sorti de l’École centrale en 1877, fut employé au service de la Carte au ministère de l’Intérieur.

Panel de cartes Michelin...

Panel de cartes Michelin…

Au cours de l’année 1913, il eut l’idée de réaliser une nouvelle carte routière répondant bien plus aux besoins des chauffeurs du moment. C’est à partir d’une collection impressionnante de documentations établies sur le terrain avec l’aide des ingénieurs des travaux publics et des agents voyers qu’il réalise une première ébauche de carte routière. Après un essai sur la région de Clermont-Ferrand, une extraordinaire carte de France au 200000e est alors édité par Delagrave. Présentée sous une forme inédite , en accordéon, cette carte tirée en quadrichromie, à destination des cyclistes et automobilistes, comporte tous les signes et symboles se rapportant aux tracés des voies de communication terrestre : la largeur des routes, les chemins sont ainsi répertoriés suivant leur import

Borne des années "20"

Borne des années « 20 »

ance et leur état, facilement identifiable grâce aux numéros que leur a attribué l’administration en ayant la charge. Ainsi les routes macadamisées* (encore très rares) sont signalées par un trait rouge, en état médiocre, d’un trait orange, en mauvais état donc, à éviter, elles sont hachurées de traits rouges. Les routes pavées sont classées suivant le même principe mais en traits bleus. Le kilométrage entre les villes y figure ainsi que les « dos d’ânes », la présence de tramway, les implantations de téléphones. En outre, joignant l’utile à l’agréable, les cartes Michelin font aussi mention des lieux touristiques remarquables au moyen de symboles conventionnels.

*Les premières grandes campagnes de goudronnage des routes commencent en 1919 pour les « nationales » et en 1926 pour les « départementales ».

Michelin pensant les choses jusqu’au bout et se mettant à la place du voyageur devant en permanence s’assurer qu’il est sur la bonne route, à partir de 1910, a doté des centaines de communes de panonceaux bâtis sur ce modèle : « Veuillez ralentir – AUTUN – Attention aux enfants » par la même occasion, ce grand serviteur du tourisme naissant, appuyé par l’administration public, commence la fabrication de bornes kilométriques cubiques, permettant aux routards de l’époque de suivre l’itinéraire correspondant à celui lu sur leur carte.

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Retrouvée dans les archives de mon père cette magnifique carte routière au 1/250000e  des environs de Paris, au début des années « 20 « proposée  par  De Dion Bouton une de nos plus anciennes marque d’automobiles.

Carte De Dion Bouton  : Environs de Paris...

Carte De Dion Bouton : Environs de Paris…

Une chose qui m’épate vraiment, c’est de constater qu’aux photos aériennes et, maintenant, aux prises de vue satellites, correspondent avec une exactitude troublante, la découpe de nos pays et continents tels que dessinés par les cartographes du XIXème siècle et même des époques précédentes qui, eux, ne disposaient pas de ces moyens hautement perfectionnés pour reproduire leurs plans et cartes dont le tracé et l’implantation des localités étaient déjà d’une précision rigoureuse… Souvenez-vous de ces magnifiques anciennes cartes de géographie accrochées sur les murs de nos salles de classe…

Alors, à l’heure du GPS qui nous guide à la voix suave d’une inconnue sans doute très avisée sur les voies recommandées de nos parcours programmés à l’avance, nous échappons hélas à ce comportement d’un autre âge où, sans doute par flemme, ne voulant perdre du temps à consulter notre carte routière ou bien parce que nous n’en disposions pas, dans les années « 50 », s’étant arrêté à sa hauteur, nous nous adressions à une brave meneuse de chèvres à la voix bien plus rocailleuse, dont le troupeau prenait toute la largeur de la départementale 725 entre Aivault et Mirebeau :

Mirebeau vu depuis la D725

Mirebeau vu depuis la D725

 –     Pardon madame, pour Mirebeau, c’est bien la bonne route ?

–          Vouais, mon fi, olé ben la boune dyrrection. Myrbiâ, olé un peu plus loin sur tchalle rout ‘; olé sur la taumuche, vous v’vrrez ben les dus kiochers dau villagh’, le s’voyons d’loin… »

–          Merci madame ! Toutefois, on restait perplexe à son volant. «  La taumuche ?… Qu’est-ce qu’elle entend par là, cette brave femme ? »

Traduisons ce patois du Haut Poitou encore courant dans nos campagnes à cette époque :

 « Oui, mon gars, c’est bien la bonne direction. Mirebeau c’est un peu plus loin sur cette route, c’est sur la colline, vous verrez les deux clochers du village, ils se voient de loin »

Toute une époque, à jamais révolue !…

1 comment to Routes à la carte …

  • avatar guillon

    Le progrès est certain avec le GPS mais il « m’envoie » sur l’itinéraire programmé.Une bonne ‘vieille » carte me permet plus de découvertes alentours et des visites improvisées sur des sites intéressants.
    Cordialement
    Joêl Guillon

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