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Citations…

"Un homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom"

Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Il y a 100 ans…

- 2 Juillet 1914 : L'armée française décide d'adopter un uniforme gris-bleuté moins voyant.

- 3 Juillet 1914 : USA / une liaison téléphonique est établie entre New-York et San-Francisco.

- 3 Juillet 1914 : Le président Huerta a autorisé ses délégués à signer le 1er Juillet un protocole de paix relatif au différent mexicano-américain.

- 3 Juillet 1914 : En France, le Sénat adopte l'impôt sur le revenu.

- 5 Juillet 1914 : Guillaume II et le chancelier Bethmann-Hollweg déclarent leur fidélité inconditionnelle à l'alliance avec l'Autriche.

- 6 Juillet 1914 : Le Parlement mexicain réélit Huerta à la présidence.

- 6 Juillet 1914 : Décès de Georges Legagneux, aviateur français (* 1882).

- 7 Juillet 1914 : Gros succès de l'emprunt de 805 millions de Francs à 3,36%.

- 15 Juillet 1914 : Sous pression américaine, Huerta démissionne définitivement...

- 16 Juillet 1914 : Sur proposition de Jaurès, le congrès du parti socialiste préconise la grève générale contre la guerre.

- 17 Juillet 1914 : Naissance de Gino Bartali, cycliste italien.

- 23 Juillet 1914 : L'Autriche-Hongrie adresse un ultimatum à la Serbie.

- 25 Juillet 1914 : La Russie fait savoir qu'elle n'admettra aucune atteinte à la souveraineté serbe.

- 26 Juillet 1914 : Rupture serbo-bulgare.

- 26 Juillet 1914 : Cyclisme / Le Belge Philippe Thys gagne le Tour de France.

- 28 Juillet 1914 : L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie.

- 29 Juillet 1914 : La Russie mobilise.

- 31 Juillet 1914 : Naissance de Louis de Funès acteur français († 27.1.1983)

- 31 Juillet 1914 : L'Allemagne lance un ultimatum à la France et à la Russie.

- 31 Juillet 1914 : Albert 1er, roi de Belgique convoque le Conseil des ministres . Contre l'avis de ceux-ci, il décide la mobilisation générale.

- 31 Juillet 1914 : Assassinat de Jean Jaurès au Café du Croissant. ( * 3.9.1859)

Source : « Chroniques du XXème siècle – Larousse.

De Paris à St Germain-en-Laye, par le chemin de fer en 1840.

Extrait du « Guide pittoresque portatif et complet du Voyageur en France« , contenant les relais de Poste et la description des villes, bourgs, villages, châteaux et généralement de tous les lieux remarquables qui se trouvent, tant sur les grandes routes de Poste que sur la droite ou sur la gauche de chaque route » – Girault de St FargeauParis 1840

Se déplacer aujourd’hui… rien de plus facile, se rendre depuis la Capitale à St Germain en Laye, c’est l’affaire de peu de temps avec le RER et l’on ne pense même plus aux réflexions que pouvaient se faire nos ancêtres lorsqu’ils effectuaient ce même voyage… en 1840. Rapporter ce texte permet bien de se resituer dans le temps, en ce qu’il évoque l’émerveillement de ceux qui osent se lancer dans pareille aventure. Ce texte porte aussi témoignage d’une sereine confiance dans l’avenir avec les apports de la science, des techniques, et du génie inventif de l’Homme.

« Peu après son point de départ, rue St Lazare, le chemin de fer entre dans un souterrain dont le développement est de 264 mètres, que l’on parcourt en 14 secondes ; un jour douteux règne sous les voûtes de cet antre ténébreux, où mugissent les machines locomotives préparées pour le prochain convoi et dans les fourneaux desquelles de noirs chauffeurs introduisent la houille ou remuent les charbons incandescents. Au sortir de ce premier souterrain, le chemin entre dans une tranchée qui n’a pas moins de 16 mètres 24 centimètres de profondeur, où le convoi dominé par les falaises immenses entre lesquelles il circule, parait comme enseveli. Cette tranchée aboutit à l’aqueduc de ceinture, près du mur d’enceinte, où s’ouvre le grand souterrain dont l’étendue est de 403 mètres, que l’on parcourt en 21 secondes environ. Une profonde obscurité augmentée encore par la fumée des machines locomotives règne sous cette voûte immense, où sont pratiqués deux puits d’aérage. La vue dont on jouit en revoyant le ciel est réellement admirable ; au-dessus s’élève un amphithéâtre de maisons, dont les habitants peuvent distinctement voir passer un convoi de mille voyageurs qui, en moins de 15 minutes, aura parcouru une distance de plus de deux lieues.

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En 1840 , le chemin de fer est une "folle" aventure pour les voyageurs et une formidable attraction pour les riverains des lignes...

Dans le souterrain on aperçoit d’abord qu’une épaisse fumée ; mais peu à peu cette fumée parait se dissiper pour faire place à une teinte rougeâtre à travers laquelle on distingue toute la longueur du souterrain éclairée à son issue par la tranchée, au-delà de laquelle on voit le premier souterrain qui parait illuminé de tous les feux d’un beau soleil couchant. Cette vue seule mérite que l’on fasse le voyage ; mais pour en jouir il faut nécessairement occuper une place de banquette. A 20 mètres au-delà du second souterrain le chemin de fer rentre en tranchée et passe sous un pont établi au niveau de la rue d’Orléans dans les Batignolles. Dans le prolongement de la rue Cardinalet, un deuxième pont de deux arches est construit pour rétablir la communication du chemin de Monceaux à Clichy. Après avoir passé un troisième pont construit en bois, on voit à droite une vaste gare ; sur la gauche sont de grands ateliers où se confectionnent les voitures ou les wagons de l’établissement. Le chemin d’abord, au niveau du terrain, continue ensuite en remblais qui acquièrent en avançant une assez grande élévation et sous lesquels passe la route de la Révolte ainsi que les chemins du Bois, de Clichy et d’Asnières, que le chemin de fer franchit sur des ponts en pierre. En parcourant cette partie de la route, la vue embrasse sur la gauche du convoi une campagne très variée de culture que domine l’arc de Triomphe de l’Etoile et le Mont Valérien ; à droite on découvre la vaste étendue de la plaine St Denis et l’on distingue facilement le clocher de l’église de ce nom.

En face, on a en perspective Asnières, Clichy la Garenne et de nombreuses cheminées des importants établissements répandus sur le territoire de cette commune. Vis-à-vis d’Asnières, le chemin de fer traverse la Seine sur un pont de cinq arches de 12 mètres 65 centimètres, d’une largeur de trois voies, parallèle à un autre pont à péage situé à 120 mètres de distance. Il est fâcheux que la vélocité des locomotives emporte le voyageur si rapidement et ne laisse pas jouir du beau site qu’offrent les environs d’Asnières, ses deux îles bocagères, le riant cottage construit au bas du pont et les charmantes guinguettes qui bordent les deux rives de la Seine. Après avoir traversé la rivière, le chemin de fer se continue en remblais et passe au-dessus du chemin d’Asnières à Courbevoie. Un peu plus loin, il rentre dans une tranchée peu profonde, à laquelle succède un terrain de niveau avec le sol environnant. Le pays que l’on parcourt offre sur la gauche une plaine assez monotone. En avançant, le chemin entre dans une tranchée creusée d’abord dans un terrain pierreux d’un aspect agreste et ensuite dans une carrière de pierres traversée en pleine masse dont les parois élevées forment de chaque côté du chemin des espèces de glacis entre lesquels les voyageurs sont encaissés de manière à être totalement privés de la vue du pays environnant. Les objets étant très rapprochés, la rapidité imprimée aux voitures parait alors effrayante surtout lorsque la vue se porte sur les côtés de la tranchée. Dans cet intervalle, les routes de Colombes et de Bezons passent au-dessus du chemin de fer. Au sortir de la tranchée le chemin de fer est établi sur une petite distance au niveau du sol. Le territoire de Colombes présente alors ses cultures parsemées d’arbres, qui offre l’aspect d’un vaste jardin anglais, à gauche la vue s’étend sur les coteaux boisés.

Un peu avant le pont pittoresque sous lequel passe la route de Nanterre à Chatou, le chemin de fer laisse sur la droite le pont de ce village et franchit sur deux ponts en bois, d’une élégante construction, deux bras de la Seine séparés par l’île du Chiard. Un peu au-delà du pont le chemin de fer entre dans le joli bois de Vésinet, à l’issue duquel est la station d’arrivée, établie près le pont du Pecq, vis-à-vis du bel amphithéâtre où se développent le Pecq, St Germain en Laye et sa magnifique terrasse. »

Heureux voyageur de ce temps qui a pris avant son départ toutes ses précautions pour consulter les horaires de son départ et de son retour… Les informations à la suite renseignent sur la fréquence de ce nouveau mode de transport, son coût selon les différentes propositions de confort offertes. Le voyageur doit aussi bien comprendre que se déplacer est toujours une aventure. Il ne faut pas négliger les inconvénients possibles pouvant altérer la santé de celui qui affronte les accélérations de la vélocité bruyante des convois. Tout est toujours source de dangers et cela à toutes les époques…

Un petit repos salvateur à l’arrivée s’impose avant de poursuivre jusqu’à St Germain par l’omnibus hippomobile. Voilà bien de quoi reprendre ses esprits par ce parcours de dix minutes qui ne réservera aucune mauvaise surprise !

Il est heureux de constater que l’Administration du Chemin de Fer a pensé à tout… Le salon du Buffet attend le voyageur arrivé à destination. Et pour ceux qui pensent qu’ils ne redoutent plus rien après pareille aventure jusqu’au débarcadère d la halte du Pecq… peuvent se laisser tenter par l’offre d’une croisière fluviale sur le bateau-poste à vapeur des Messageries Royales jusqu’à Compiègne. Ce qui répondra à leurs attentes d’évasion ou d’exotisme…

«  Chemin de fer : départs de Paris pour St Germain d’heure en heure de 7 heures du matin à 9 heures du soir ; de St Germain pour Paris, de 7 heures du matin à 10 heures du soir. Prix : places en extérieur, 1 franc 23 centimes et 1 franc 50 selon disposition dans le sens de la marche ou non, contre le vent les places sont moins chères ; places en intérieur sur banquettes dans un compartiment fermé, 2 francs ; location supplémentaire de coussins dans les compartiments seulement, 1 franc par coussin. Trajet 30 minutes. Il est conseillé à l’arrivée de prendre quelque repos dans le salon du chemin de fer pour se remettre des effets des accélérations, des cadences de passage ou des suites de la vélocité bruyante des convois. Un buffet offre à toutes les bourses les propositions les plus variées.

«  Omnibus pour St Germain en correspondance de chaque convoi, 15 minutes après l’arrivée, départ depuis le salon du Buffet. Prix : 30 centimes. Trajet 10 minutes.

«  Correspondance par eau par le bateau-poste à vapeur ponté des Messageries Royales

A la station du Pecq, correspondance pour Compiègne par Conflans, Pontoise et Creil – Un départ les lundis à 7 heures le matin en été (les mardis à 8 heures en hiver) et à toutes les saisons les vendredis à 8 heures, pour les voyageurs avec leurs effets ou marchandises. »

1 commentaire sur De Paris à St Germain-en-Laye, par le chemin de fer en 1840.

  • avatar Berry

    Ce « retour dans le temps » ne manque pas de poésie et je dirai même qu’à notre époque ou tout s’accélère …c’est presque reposant! Félicitations

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