Retour, à la mi-décembre, un peu avant avant la Nuit de « Nau », quand il fait bon être au coin de l’âtre …
Guy Delousme pose cette question :
En cette saison des châtaignes,  oĂą peut-on trouver un » boueradou * » pour faire des châtaignes blanchies (les vraies) ?
« * » Je ne suis pas sĂ»r de l’orthographe…mais tout ce dont je me rappelle, c’est que c’Ă©tait dĂ©licieux !
Mariejo ne tarde pas à nous éclairer en apportant ces quelques précisions :
Le « boirador », prononcé aussi «bouéradour » ou « bouérou » n’est pas une recette, mais un instrument en bois, sorte de tenaille dentée, servant à enlever la 2ème peau des châtaignes dans le « toupin » prononcé « toupi ».
C’est alors que Liliane Viollet éveille notre gourmandise :
Cela se voit que vous n’ĂŞtes guère gourmand, car en dehors de blanchir des châtaignes avec une feuille de figuier dans l’eau, pour faire de la confiture de châtaignes il faut blanchir ces dernières et leur enlever la peau pour après les Ă©craser et le employer en confiture.  Hum que cela est bon avec un peu de « cougnat » et de la vanille de bourbon ! …
Francine Brèque nous fait remonter le temps avec ce langage très coloré :
Pour ceux qui ne savent pas ce dont il s’agi, regardez cette carte et sa lĂ©gende :
« Per lou deboueiradour brejĂ do Dins lou toupi ple a ras bords Notro chataigno ecaraillâdo Ve rousso coum’un louis d’or ».
Traduction : ***Par le dĂ©boueradour frottĂ©e dans le toupi plein Ă ras bord, notre châtaigne dĂ©cortiquĂ©e devient rousse comme un louis d’or.***
Michel Basly, tout en décrivant l’objet, nous oriente sur une vieille recette toute simple :
Instrument principalement utilisĂ© en Limousin et Charente Limousine se dĂ©cline aussi en « dĂ©boueradou » qui signifie en langue Limousine éplucher, peler d’ou le nom de l’ustensile. Il est vrai que les châtaignes blanchies Ă©crasĂ©es dans un bol de lait (du vrai!) c’est dĂ©licieux !
Et pour conclure, Jean Delage, ne craignant de patoiser, nous plonge dans un folklore d’un autre âge, haut en couleur :
Bonjorn tots,
Châtaignes blanchie: voici comment on procède, après avoir dĂ©pouillĂ© les châtaignes de leur première peau, on les verse dans un toupi (pot avec le ventre Ă©vasĂ©, voir lien ci-dessous pour la photo) rempli d’eau chaude (chauffĂ© devant les braise de la cheminĂ©e) ensuite tenant le boirador ( lire boueradou ) a deux mains lui faire faire demi tour Ă droite et Ă gauche jusqu’Ă ce que par frottement les châtaignes soi dĂ©pouillĂ©es de leur seconde peau.
Ă©plucher: pialar, pelar, epelissar…..
Boirador, de boirar: mélanger, peler les châtaignes
Amistats dau Lemosin  ( Amitiés du Limousin)
Lo Jan Delatge ( Jean Delage )
Le Boueradou à découvrir aussi : ici



La vanille de Bourbon ou plus exactement maintenant la vanille Bourbon est de la vanille en provenance de l’Ă®le de la RĂ©union. Cette dernière Ă©tait appelĂ©e par les Portugais Mascareigne, puis Bourbon jusqu’en mars 1793 oĂą elle devient Ă®le de la RĂ©union, puis Ă®le Bonaparte pour redevenir dĂ©finitivement Ă®le de la RĂ©union en mars 1748.
Il faut aussi dire que pendant la rĂ©volution, l’Ă®le de la RĂ©union Ă©tait en VendĂ©e l’Ă®le d’Yeu.
Nous voilĂ plus instruit maintenant … Tout ça, c’est bien beau et certainement très bon, mais Liliane dis-nous donc, Ă nous pauvres ignorants, ce que c’est que du « cougnat » et de la vanille de bourbon …
Sans trop savoir, j’en ai tout de mĂŞme, les narines frĂ©missantes… et les papilles bien Ă©moustillĂ©es …