VoilĂ un peu plus d’un mois que le Père NoĂ«l accomplissait sa grande tournĂ©e des chaumières …
Et voici que, quelques jours avant la Chandeleur, nous parviennent ici, moult avis de « passage d’arme Ă gauche« * du Père Cent !…
Une abondance de « faire-part » hauts en couleurs et de tous âges, provoquĂ©e par une annonce de notre ami Guy Delousme lequel a tirĂ© (au flanc) en premier …
Émotions chez les Biffin ! …
SOUVENIRSÂ DE NOS VINGT ANSÂ !
Le « Père Cent » : Bidasse ! plus que cent jours au jus ! …
Les appelés sous les drapeaux se devaient de célébrer en grande pompes les funérailles de ce « père cent », véritable ectoplasme qui planait au dessus des casernes. L’humour est toujours de rigueur, jeux de mots faciles ou alambiqués : chacun contribue à sa manière à cette célébration. Le but avoué de cette communication est de pouvoir célébrer dignement, et de collecter l’argent du festin auprès de leur entourage.
Ces « faire part » sont les témoignages graphiques et tellement expressifs de leur créativité où le désespoir se lit quelquefois sous un humour tenace qui rappellera l’almanach Vermot.
NB : Pour faciliter leur lecture, en cliquant sur les documents de part et d’autre, et ci-dessous, vous obtiendrez l’image agrandie, de chacun, dans une nouvelle fenĂŞtre .
Pascal Baudouin nous dit : « Le Père Cent ! Rendez vous redoutĂ© des cadres de service , car le « père cent » Ă©tait souvent l’occasion d’une grosse fĂŞte et d’un feu d’artifice de bière ! »
On a aussi quelquefois cĂ©lĂ©bré la mort du « Père Cinquante » , encore plus près de « la quille » ! Jean Pierre N. nous apporte son tĂ©moignage - Allemagne, 1970 :
Le marsouin : Ă©lite de l’infanterie de Marine, plus amphibien que cĂ©tacĂ© ; il a souvent le gosier sec car il opère en zone chaude ! AndrĂ© Brun, nous a communiquĂ© ces trois « documents » Ă suivre qui en attestent …
Jean-Jacques Nevin nous éclaire sur le sujet :
« Le Père cent est nĂ© au moins avant 1940, Celui que j’avais Ă©voquĂ© « laissez les sous venir » datait de 1937.Un ouvrier de mon père l’avait envoyĂ© du 4e Zouave Ă Mourmelon en 1937.Il faisait, hĂ©las, partie de ces classes ,appelĂ©es pour deux ans, qui Ă©taient libĂ©rables au moment de la dĂ©claration de guerre en 1939 et ont continuĂ© leur service. Certains comme celui dont je parle y sont morts. Lui c’est le 23 mai 1940 dans la poche de Dunkerque. D’autres sont partis prisonniers en Allemagne et sont revenus huit ans après !…Parfois avec des enfants de cet âge Ă leur foyer qu’ils n’avaient jamais vus. Ils Ă©taient nĂ©s en 1917.18.19. et sont de moins en moins nombreux.
Personnellement, en 1951 en AlgĂ©rie nous avons fĂŞtĂ© le « père cent » mais sans envoi de faire-part. »
Jean Delage précise :
« Pour ceux d’AlgĂ©rie ,au dĂ©but des « Ă©vènements » il n’y avait pas de « père cent » pour la bonne raison : notre libĂ©ration a Ă©tĂ© repoussĂ©e plusieurs fois. J’ai appris la fin en rentrant de mission. je n’ai pas trainĂ© dans le coin !
Gilbert Naffrechoux a lui aussi des souvenirs : « J’ai retrouve le faire part de ma classe ,en Allemagne » …
A propos de « La  QUILLE », explique Marie Jeanne Durand Saint-Omer, c’était le bateau qui ramenait les forçats libĂ©rĂ©s de Cayenne à la fin du 19ème siècle . « La quille »Â   était le symbole de la libertĂ© retrouvĂ©e. Symbole qui a Ă©tĂ© repris plus tard par l’armĂ©e ; les libĂ©rables confectionnaient  pour cet Ă©vĂ©nement leur QUILLE , le plus joliment dĂ©corĂ©e…Ă leur goĂ»t .
et Patrice Lucquiaud de renchĂ©rir : S’agissant de la quille, ce que vous dites est exact…Et on peut  ajouter Ă cela l’expression « prendre ses jambes Ă son cou » ou bien en argot ses « quilles » pour dĂ©taler … Et le bidasse d’imager cela en se parant d’un collier auquel pend une quille parfois confectionnĂ© en cuivre dans une balle de MASS 36 (-52) ou du fusil amĂ©ricain Ă chargeur de 9 balles GARAND.
Il y a aussi l’exclamation ! « la quille Bordel ! » ( J’ai entendu et aussi criĂ© cela …) la connotation est quelque peu virile si l’on pense que pour calmer les ardeurs des jeunes recrues , on mettait du bromure dans le vin … d’oĂą après avoir fini son temps d’armĂ©e l’espoir restait au « biffin », n’Ă©tant plus soumis Ă ce procĂ©dĂ© de retrouver sa forme (osons nous, ici, imaginer ce, Ă quoi la quille est assimilĂ©e…)
Chroniques Météo de l’hiver 56 :
S’engage une conversation entre Guy ClĂ©ment,Jacques Baudifieret Michel Basly :
- Tiens , dit Jacques Baudifier, un mécano d’aviation ?
En 1956, j’étais à la BA de Mourmelon.
- J’y ai fait trois ans, dit Guy ClĂ©ment …… mais un peu plus tard, en 1969…
- En février 1956, j’étais à la 12° escadre de chasse Cambrai-Epinoy….il ne faisait pas chaud pendant les classes ! rétorque Michel Basly.
- Effectivement,confirme jacques,j’ai quittĂ© Toulon le premier fĂ©vrier,il faisait froid, aux alentours de ZĂ©ro, mais sans plus… le Lendemain, Ă Aix en Provence : vague de froid, moins 10°, mais, trois jours après, j’étais Ă Aulnat (Clermont ferrant) et la tempĂ©rature est descendue jusqu’à -30°!-J’y suis restĂ© un mois…
De retour à la vie civile, on retrouve la liberté, ses excès et l’on célèbre encore : ode à la quille !
HĂ©las, la libĂ©ration prochaine, pour certains camarades, ce ne fut pas l’occasion de faire la fĂŞte, comme nous l’Ă©voque, ici, JoĂ«l Guillon …
« J’ai eu ce privilège, si je puis m’exprimer ainsi, de fĂŞter le Père Cent en AoĂ»t 1954 et ma libĂ©ration 3 mois après, non sans subir quelques tracasseries disciplinaires pour des motifs futiles. La quille, c’Ă©tait celle du bateau qui nous ramenait vers la France en Octobre1956 après cette pĂ©riode de rappel qui a durĂ© 6 mois, mais certains de ceux qui nous accompagnaient Ă l’aller, avaient perdu la vie et fait pleurer des fiancĂ©es, des Ă©pouses et parfois des enfants ».
A son tour, HĂ©loĂŻse Badinand qui a retrouvĂ© les « prĂ©cieuses reliques » qui suivent, dans la cantine souvenir de ses parents, explique :
« Étant pourtant d »une famille d’officiers, je n’avais jamais entendu parler de cette « fĂŞte ».je ne sais d’ou vient ce faire part, mais grace Ă lui, et Ă vous tous,on s’instruit et ,j’ai appris par mes petits enfants qui m’ont aidĂ©e Ă fouiller,  que le « Père Cent » Ă©tait fĂ©tĂ©, de nos jours, dans leur lycĂ©e par les bacheliers.Comme quoi, rien ne se perd… »
Et quand il s’agit de se se faire « la belle » … 2ème classe Lucquiaud « taulard »Â Quartier Fayolle AngoulĂŞme 1963
Mesdames, après cela, reconnaissez que l’ArmĂ©e ça vous rend un homme « mur » !…
Merci Ă Marie-Jeanne Durand Saint-Omer pour cette croustillante compilation des « Père Cent » remis gracieusement par nos amis colistiers du Forum CGCP.



















J’ai un faire part datant de juin 1937 (Villacoublay). Si vous ĂŞtes intĂ©ressĂ© je peux vous l’envoyer. Quelle est l’adresse email ?
Cordialement,
Dominique Lecourt
A propos de : « passer l’arme Ă gauche » il faut savoir que cette locution provient du langage militaire. Au XVIIe siècle, quand les soldats devaient charger leur fusil, ils le tenaient de la main gauche, afin de pouvoir utiliser leur main droite et ĂŞtre plus Ă l’aise. Cependant, les mouvements Ă effectuer Ă©taient longs et nombreux, laissant les soldats très vulnĂ©rables. « Passer l’arme Ă gauche » pouvait donc Ă ces occasions ĂŞtre synonyme de mourir. De plus, lors des funĂ©railles avec les honneurs militaires, les soldats passaient leur arme Ă gauche, canon vers le sol, en signe de deuil et de respect envers le dĂ©funt. Enfin, le mot « gauche » a toujours eu une connotation nĂ©gative.
DĂ©finition « Internaute encyclopĂ©die«