Alain BARRAULT est un éminent chercheur en matière d'affaires militaires.
Il fait partie de ces passionnés qui connaissent sur le bout des doigts toutes
les ficelles des archives et tous les aléas de l'histoire de notre pays.
Habitué inlassable des lieux d'archives, il offre son dévouement à bien des
généalogistes en perdition, dans leur quête d'informations sur des ancêtres
ayant vécu sous les drapeaux.
L'idée lui est venue de réaliser un manuel, modestement
intitulé "Fiche d'Information" afin de venir en aide à tous les
généalogistes amateurs. Ami du Président il a donné son accord pour en faire
profiter les membres du CGCP. Qu'il en soit ici remercié ! Nul doute, que le
lecteur trouve dans ces notes des informations importantes, ainsi que le désir
d'assouvir sa soif généalogique.
L'accroissement du nombre de demandes d'entraide pour
rechercher des ancêtres ayant participé à la guerre de 1914-1918, d'une part,
et le caractère récurrent de plusieurs questions, d'autre part, suggèrent de
présenter en un seul document les procédures les plus pertinentes pour tenter
de mieux connaître la vie de ces combattants. Les archives, tant militaires que
civiles, peuvent le permettre. La présente fiche d'information et d'orientation
a été conçue pour en faciliter l'exploitation.
Les hommes et les femmes tombés pendant cette hécatombe,
n'ont pas tous été reconnus « morts pour la France », de même que tous
n'étaient pas militaires. L'attribution de ce statut juridique est liée à des
considérations administratives et les dispositions qui le régissent sont
intégrées au Code des pensions militaires d'invalidité. Le statut de « mort
pour la France » est une compensation, le plus souvent dérisoire, et non une
décoration, ce qui existe par ailleurs. La recherche se fait en plusieurs
étapes, décrites ci-après. Les démarches sont présentées dans un ordre
décroissant de pertinence et de probabilité de succès. Les coordonnées des organismes
cités sont regroupées en fin d'article.
Mention doit en être faite, non seulement en marge de l'acte
de décès (une transcription, avec parfois un long décalage, d'un extrait
mortuaire délivré par l'armée ; l'acte original est dans la commune sur le
territoire de laquelle a eu lieu le décès), mais aussi de tous les actes de
l'état civil dans lesquels la personne concernée est mentionnée (acte de
mariage ou de décès des enfants, acte de naissance d'un enfant posthume, acte
de remariage ou décès de la veuve).
Il présente en ligne les fiches des morts pour la France, que
ce soit au combat, à l'hôpital civil ou militaire, parfois chez soi, pendant ou
après la guerre, des suites de blessures ou de maladie contractée en service,
ou en accomplissant des actes de dévouement ou de résistance (ces dernières
catégories concernent plutôt des civils). Ces fiches sont la reproduction de
celles disponibles aux Archives nationales, sous la cote générique 323Mi.
La consultation par Internet se fait par choix successifs.
Pour pallier de nombreuses erreurs de saisie, il est recommandé d'essayer
plusieurs variantes orthographiques et d'utiliser les prénoms un par un en
cochant la case « contient ».
La consultation des microfilms est plus laborieuse, par
l'intermédiaire d'inventaires strictement alphabétiques (c'est-à-dire ni
hiérarchique, ni par unités). Si vous ne connaissez pas le grade de votre
ancêtre, sachez qu'il y a deux séries d'inventaires : une pour les officiers,
une pour les non officiers. Il convient alors de consulter impérativement les
deux collections.
Une autre série, 324Mi, consiste en une dizaine de bobines
consacrées aux cas litigieux : décès après la guerre, suicides, démences,
litiges sur le caractère imputable ou non de blessures ou infirmités ayant
provoqué la mort. Ces bobines, seulement consultables par des personnels
habilités, au CHAN / CARAN, ne sont même pas évoquées sur le site Internet. Une
dérogation peut être accordée sur demande écrite, dûment motivée, adressée à la
division des archives contemporaines.
Ces différences entre les deux versions du même fichier sont
dues à l'intervention de la Commission nationale informatique et libertés, dont
les recommandations ne s'appliquent qu'aux traitements informatiques, et non au
fichier original.
Pour les marins, la version papier se trouve au Service
historique de la défense (département de la Marine) au château de Vincennes.
L'armée de l'air, en tant qu'entité distincte, n'existait
pas avant 1934. Les aviateurs morts pendant la Première guerre mondiale
appartenaient à l'armée de terre (aéronautique militaire).
Les fiches donnent les renseignements suivants : nom,
prénoms, date et lieu de naissance, grade, lieu et matricule de recrutement,
unité et matricule au sein de celle-ci, date et lieu du décès (parfois les
circonstances, très succinctement), date et lieu de la transcription de
l'extrait mortuaire dans les registres de l'état civil, et (le cas échéant)
date et lieu du jugement d'absence ou déclaratif de décès. Ce dernier document
s'analyse comme un acte de décès et s'obtient auprès des mairies dans les mêmes
conditions.
A noter aussi que certaines fiches sont en double. En fait,
ce sont deux fiches établies pour des fichiers distincts pour des raisons
administratives dans les années 1920, et fusionnés ensuite sans élimination des
doublons. Enfin, il arrive qu'une fiche ait été mal classée : il faut toujours
consulter les deux fichiers : officiers et troupe.
Les recherches qui concernent les officiers (parfois
certains sous-officiers et hommes de troupe) sont à effectuer auprès du Service
historique de la défense (SHD), dans un de ses trois départements - Terre,
Marine, Air - tous situés dans une même enceinte : le château de Vincennes. Ces
dossiers sont librement consultables à l'expiration d'un délai de 120 ans à
compter de la date de naissance de l'intéressé. Ce délai est porté à 150 ans si
le dossier contient des informations médicales. Des dérogations peuvent être
demandées, et elles sont accordées assez libéralement. La demande est à
remettre au département concerné du SHD, qui se prononce sur son opportunité,
et la décision est prise au niveau hiérarchique supérieur, au ministère. Le
délai de réponse est d'environ deux mois. Les documents obtenus par dérogation
ne sont pas photo copiables ni photographiables, mais l'obtention du seul état
signalétique et des services reste négociable. La dérogation est strictement
personnelle : elle doit impérativement être demandée par la personne qui ira
physiquement consulter les pièces. Elle est accordée à titre définitif : il ne
sera pas nécessaire de renouveler la demande en cas de nouvelle consultation et
il suffira de rappeler les références de l'autorisation (date et numéro).
Les conditions de consultation et la qualité de l'accueil
diffèrent d'un département à l'autre du SHD ; il convient de se renseigner au
préalable.
Les dossiers sont de deux types : administratif (ou de
carrière) ou de pension. Le plus souvent, ils sont fusionnés, mais la
vérification s'impose en consultant les deux types d'inventaires. Ceux-ci se
présentent sous la forme de forts registres dans lesquels les personnes sont
classées par ordre alphabétique. Attention aux noms à tiroirs et aux
particules, les critères de tri sont parfois assez surréalistes ; pensez aussi
à envisager toutes les variantes orthographiques.
Le critère de définition de sous séries est chronologique. A
l'intérieur d'une période, la date à retenir est celle à laquelle l'officier a
été rayé des contrôles de l'armée active (décès, départ à la retraite,
démission, révocation) Les dossiers de carrière sont dans une des sous séries
Ye (attention à la sous série 5Ye, subdivisée en deux parties, la scission se
faisant en 1914). Les dossiers de pension sont dans une sous série Yf. Il
arrive que la pension de réversion soit dans une série très postérieure à celle
d'origine quand la veuve est beaucoup plus jeune que son mari, et lui survit
longtemps. La pension servie à une veuve reste au nom du mari. Il est toujours
utile, en cas d'insuccès, de consulter la sous série 11Yf (pensions en
instance). Les officiers généraux et certains corps d'officiers (armée
coloniale, aumôniers) font l'objet de sous séries distinctes.
Le dossier d'un officier est accessible en désignant
celui-ci par ses nom, prénoms et date de naissance. Si le grade et la date de
fin des services sont connus, la recherche est facilitée pour le personnel. Les
conditions de communicabilité et de dérogation éventuelle sont les mêmes qu'au
département Terre.
Le dossier d'un officier est consultable dans les mêmes
conditions que dans les autres départements, en prenant toutefois garde à
l'importante particularité suivante : l'armée de l'air a été créée en tant que
telle en 1934. En 1914, les pilotes venaient de l'armée de terre. Le
département Air détient les dossiers de ceux qui appartenaient encore
activement à l'armée de l'air après 1934. Les dossiers de ceux qui sont morts,
ou ont quitté le service avant 1934 se trouvent au département Terre.
Les dossiers personnels des officiers de la Gendarmerie et
du Service de santé (médecins, pharmaciens, vétérinaires) sont au département
Terre. Les services historiques de la Gendarmerie et du Service de santé des
armées ne détiennent aucune archive individuelle. Les officiers qui ont servi
dans Légion étrangère venaient de l'infanterie ou de la cavalerie : leur
dossier est au département Terre, ne faisant pas l'objet d'un classement
particulier qui ne s'applique qu'aux légionnaires.
Si on subodore que le militaire, de carrière ou de réserve,
a survécu longtemps à la guerre, il ne faut pas hésiter à interroger le SHD où
les dossiers (relativement) récents sont triés et classés, mais ne figurent pas
sur les inventaires présentés au public.
Les fiches matriculaires de sous-officiers et des militaires
du rang (on disait : hommes de troupe, ou matelots) sont détenues par les
archives départementales qui les ont reçues des dépôts intermédiaires des trois
armées : terre, mer, air. Ces fiches ont été conservées à Pau (Terre), Toulon
(Mer) ou Dijon (Air) jusqu'à ce que la personne ait atteint (morte ou vive)
l'âge de 92 ans. Il y a parfois, au moment des opérations de transfert
(emballage, expédition et réception, déballage, tri, cotation, rangement), un
temps de flottement pendant lequel les fiches ne sont nulle part.
Elles sont consultables dans les mêmes conditions que
n'importe quel dossier de personnel (délai de 120 ou 150 ans). Nous ne nous
attarderons pas sur les considérations souvent oiseuses, où la mauvaise foi le
dispute à la paresse, qui font refuser la consultation d'une fiche quand -
exemples vécus - l'acné d'un adolescent prolongé, un strabisme prononcé ou une
prétendue faiblesse du bras droit (celui qui manipule le fusil), sont supposés
relever du secret médical. Dans de trop nombreux dépôts on aurait tendance à
porter systématiquement le délai à 150 ans. Faire respecter ses droits est
souvent affaire de diplomatie. En tout état de cause, il faut toujours être en
situation de pouvoir justifier de sa filiation directe. Quoi qu'il en soit, la
première question à laquelle il faut répondre est la suivante : quel dépôt
départemental faut-il consulter ?
S'il existe une fiche sur le site
Mémoire des Hommes, elle indique la classe ainsi que le lieu et le numéro de recrutement.
C'est aux AD correspondantes qu'il faut s'adresser. Ces informations suffisent. Le
matricule au régiment ne sert à rien.
Si une telle fiche n'a pas été trouvée, il faut d'abord
considérer le lieu de naissance, où étaient normalement recensés les garçons
dès qu'ils avaient 20 ans révolus. Et l'adresse prise en compte était celle de
leurs parents : ne dérogeaient de droit à cette règle que les jeunes gens
mariés ou, sur leur demande expresse, ceux qui travaillaient ou étudiaient
dans un autre canton. La consultation du tableau de recensement de la mairie
renseigne utilement (série H des archives communales, ou série R des archives
départementales). En cas d'insuccès, la liste départementale du contingent
(série R des archives départementales) pallie cette lacune. En principe la
classe s'obtient en ajoutant 20 à l'année de naissance. Mais il faut ratisser
large : des jeunes ont pu devancer l'appel, l'armée a pu les mobiliser par
anticipation quand les besoins en effectifs sont devenus criants. La classe
n'est qu'une notion administrative, modifiable par un sursis, ou des charges de
famille, par exemple. Enfin, on tiendra compte de ce que le bureau de
recensement n'est pas obligatoirement au chef-lieu du département (préfecture),
qu'il peut y en avoir plusieurs (6 pour le département de la Seine), qu'il peut
se trouver dans un autre département (le découpage territorial militaire n'est
pas celui du ministère de l'Intérieur).
Dans le cas particulier de l'Ile-de-France, il n'y a pas de
fiches matriculaires dans les départements créés en 1964. Les archives
départementales de ces départements ne recevront leurs premières fiches (classe
1965) qu'en 2037. D'ici là, on trouvera aux AD 75 les fiches de Paris et des
communes de l'ancien département de la Seine (réparties sur les actuels 92, 93
et 94). De même, les fiches des actuels départements 78, 91 et 95 se trouvent
aux AD 78.
Les fiches matriculaires des conscrits recensés en Algérie
avant 1913 se trouvent au Centre des archives d'outre-mer (CAOM), mais ce fonds
est très lacunaire.
Comme dans les dépôts militaires, il y a des possibilités de
dérogation. Elles sont souvent obtenues avec difficulté, mais au moins est-ce
immédiatement. Bien souvent le refus de photocopier est justifié par l'état des
documents (registres difficilement maniables et très fragiles). On profitera toujours
d'une visite aux AD ou dans la commune pour consulter des documents
susceptibles de parfaire utilement l'information : presse locale, délibérations
du conseil municipal, organismes de bienfaisance (assistance aux familles).
Il convient de se tourner vers des organismes détenteurs
d'archives sur la Guerre de 1914-1918, sachant que chacun a une fonction
particulière et qu'il ne saurait détenir la totalité des documents recherchés,
s'il en détient.
La Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives,
qui est maintenant l'échelon hiérarchique immédiatement supérieur au Service
historique de la défense, dispose des ressources du Secrétariat d'État aux
anciens combattants et victimes de guerre. A défaut de pouvoir toujours
répondre rapidement et avec précision, il est en mesure de transmettre les
demandes à qui de droit, et d'orienter les solliciteurs.
Lors de la consultation du site Mémoire des Hommes
le formulaire offre une option « recherche de sépulture » (en bas à gauche de
l'écran). Elle n'apporte pas toujours une réponse : on ne saurait omettre de
rappeler qu'un très grand nombre de corps n'ont pas identifiés, ni même,
parfois, retrouvés. Dans le cas où l'identification a été possible (corps pas
trop mutilé, et plaque d'identité non disparue) il faut déterminer le
département où le militaire est inhumé, et interroger la direction
interdépartementale des anciens combattants adéquate. On commence par celui du
lieu du décès au combat ou à l'hôpital. C'est valable pour les corps qui n'ont
pas été réclamés, et il y en eut beaucoup. Ensuite, on passe au département de
recrutement puis, le cas échéant, et s'il est différent, au département de
naissance. Les adresses des directions interdépartementales sont indiquées plus
loin.
La poursuite de ce jeu de piste peut parfois être facilitée
en consultant, en série H des archives communales ou R des archives
départementales, la correspondance entre les maires et le ministère des
pensions, dans les années 1920. N'oubliez jamais, non plus, d'interroger les
conservateurs et gardiens de cimetières, qui ont souvent dans leurs tiroirs des
trésors ignorés de leur propre hiérarchie.
Ce service décentralisé des Archives nationales conserve,
entre autres, les archives qui se rapportent au projet, jamais réalisé, de
Livre d'or, destiné à être déposé au Panthéon. On peut, notamment, obtenir la
liste des morts pour la France recensés au titre d'une commune donnée. Cette
source est lacunaire. De plus, les conditions d'accès sont si mal commodes
qu'il vaut mieux pouvoir s'en passer.
Elles sont à aborder avec prudence, a fortiori quand il faut
effectuer un déplacement important pour s'y rendre. En premier lieu, elles sont
loin de toutes disposer de la documentation nécessaire (soit perdue, soit
versée aux archives départementales). En outre, plus la commune est de faible
importance géographique, moins il se trouve en mairie, aux horaires le plus
souvent inadaptés pour votre visite, de personnes aptes à renseigner ou tout
simplement disponibles pour ce faire. Et trop, souvent, la compétence de votre
interlocuteur se limite à l'état civil.
Vous pouvez espérer trouver les correspondances à propos du
Livre d'or, le résultat des enquêtes pour identifier et prévenir les familles,
les procès-verbaux d'exhumation et de réinhumation, les comptes-rendus de
transfert des corps vers une autre sépulture. Et, bien entendu, les registres
du recensement militaire.
On fera évidemment un détour par le monument aux morts, en
se rappelant que, de toutes les sources, c'est la moins fiable, voire
trompeuse.
La série Q des archives communales peut identifier et localiser les
ayants droit de l'époque, susceptibles d'avoir été secourus par la commune. De même pour les archives hospitalières en ce qui concerne les établissements civils
(temporaires, provisoires, complémentaires, etc.) dont le fonctionnement ne
dépendait pas de l'armée.
Enfin, la série D (délibérations du Conseil municipal) est
toujours riche d'enseignement. Vous tiendrez compte du décalage chronologique
dû à la lenteur des informations pour parvenir à leur destinataire. A compléter
par les éventuelles traces dans la comptabilité de la commune (série L). Vous
devrez le plus souvent compléter la visite en mairie par une séance
d'investigation aux archives départementales pour explorer les séries
correspondantes (E ou W selon la date de versement, et non de survenue des
événements).
Il est indispensable de savoir utiliser un moteur de
recherche. Les ressources de la Toile sont considérables et souvent surprenantes
d'efficacité si on les utilise judicieusement, c'est-à-dire si on prend au
moins le soin de les recouper attentivement.
Maintenant que vous avez sous les yeux le dossier de
l'officier, ou la fiche matriculaire du sous-officier ou soldat, vous éprouvez
le désir légitime d'aller plus loin dans la connaissance de ce qu'il était, de
ce qu'il a fait, des événements auxquels il a été mêlé. Il arrive, notamment
dans le cas de recherche de sépulture, que cette étape passe avant la
précédente pour vous apporter un surplus d'informations. La principale
difficulté pour un néophyte est la compréhension des nombreux sigles et
abréviations dont les militaires se montrent friands. Là encore, Internet vous
sera d'un grand secours.
Cette feuille (il n'existe pas de présentation standard ou,
plutôt, les standards ont changé très souvent) présente la chronologie de la
carrière d'un militaire. Elle est établie lors de chaque événement qui en
modifie le déroulement : mutations, avancement, décorations, demande
quelconque, etc. L'ESS est en général de lecture aisée, sauf écriture de
cochon. Il est quand même vivement conseillé de le comparer au livret
d'officier qui se trouve presque toujours dans le dossier, surtout si
l'intéressé est mort en service.
Elle est d'une consultation moins aisée, parce que plus
touffue, et conçue pour recevoir in maximum d'informations sur un minimum de
papier. Le plus efficace est de saisir les données sur un tableur (Lotus,
Works, Excel) à la queue leu leu, sur deux colonnes (date et événement) puis de
faire un tri sur les dates. On obtient alors un déroulement chronologique qui
rétablit la cohérence de l'ensemble ou tire l'¦il sur de possibles
invraisemblances. On se trouve ainsi devant un ESS comparable à celui de
l'officier.
Les régiments identifiés, la chronologie connue, on va
consulter dans le JMO le cahier qui nous intéresse. On fait de même avec le
journal de bord des navires. Les JMO des escadrilles ont été cédés par le
SHD-Terre au SHD-Air à la fin des années 30, mais ils ont été détruits par un
bombardement pendant la guerre suivante.
Tout ce qui suit ne concerne que les JMO des unités de l'armée de terre.
La quasi-totalité des JMO sont conservés au SHD-Terre. Ceux
des régiments d'infanterie (territoriaux et coloniaux exclus) sont microfilmés
et la version papier n'est pas communiquée. Les JMO des autres unités sont
sous la forme de cahiers, non admis à la photocopie. Les documents microfilmés peuvent être reproduits sur un lecteur reproducteur. Il
est possible d'obtenir des bobines de microfilms réalisées à la demande, après
acceptation et paiement d'un devis présenté à des tarifs volontairement
dissuasifs.
La tenue des JMO a été rendue obligatoire en 1872, comme une
leçon tirée de la récente défaite, pour une utilisation à des fins pédagogiques
à l'Ecole de guerre. Ils contiennent la relation, au jour le jour, des événements,
ordres et comptes-rendus d'exécution, unité par unité, parfois jusqu'à
l'échelon de la compagnie (ou escadron, ou batterie). On y trouve aussi les
mouvements de personnels qui affectent en tout cas les officiers, et parfois
certains sous-officiers et soldats.
La lecture du JMO ne vous livrera qu'exceptionnellement - on
pourrait même dire miraculeusement - des informations sur un sous-officier ou
soldat, sinon anonymement dans le cadre d'une opération d'ensemble. Le cadre de
l'action sera au moins décrit minutieusement.
Vous surveillerez l'existence d'annexes, dont la mention est
rejetée en fin d'inventaire. Elles contiennent des cartes, des comptes-rendus
de pertes (tués, disparus, blessés).
A l'inverse, les premières pages du premier cahier indiquent
la composition et la situation de l'unité au début du conflit. C'est répété
lors de chaque changement important.
L'ensemble des JMO de cette guerre se trouve en sous série
26N. C'est à compléter impérativement par les documents complémentaires éventuels
en sous série 25N et par les historiques à consulter en bibliothèque (également
au château de Vincennes) en accès libre parmi les usuels. La plupart de ces
historiques, plus d'autres que le SHD aimerait aussi avoir, sont consultables à
la Bibliothèque de documentation internationale sur les conflits, à Nanterre.
Lorsque le militaire a été décoré, le texte de la citation
manque parfois dans le dossier d'officier, et n'est presque jamais reproduit
sur une fiche matriculaire de sous-officier ou soldat. Mais les références s'y
trouvent. Dans ce cas, le texte peut être obtenu auprès du Bureau central des
archives administratives militaires (BCAAM). On le demande en justifiant de sa
filiation et en joignant à la demande (en photocopie) sa carte d'identité,
l'acte de décès du décoré, le document sur lequel figure la référence de la
citation (au BCAAM on sait déchiffrer les signes cabalistiques). Vous
n'oublierez évidemment pas de joindre une enveloppe libellée à vos nom et adresse,
et suffisamment affranchie. Vous recevrez un diplôme « à la manière de » celui
qu'aurait reçu votre ancêtre.
Si l'extrait mortuaire (ou la transcription en mairie)
mentionne clairement un hôpital ou une ambulance, vous pouvez demander le
dossier médical, à condition que soit respecté le délai de 150 ans (à compter
de la date de naissance de l'ancêtre). Cela ne vaut que pour les établissements
appartenant au Service de santé des armées. Les archives des hôpitaux annexes,
provisoires, temporaires, etc. mis sur pied et gérés par autorités civiles ou
des oeuvres de bienfaisance sont gérées selon les règles de droit commun
applicables en la matière (Assistance publique, départements, communes,
congrégations ou évêchés, hôpitaux eux-mêmes).
Les dossiers des malades sont au Service des archives
médicales et hospitalières des armées (SAMAH). Les JMO des services
divisionnaires et des ambulances, sections d'infirmiers ou brancardiers, sont
au SHD-Terre, parfois à la suite des JMO régimentaires Les autres JMO de
structures médicales sont au Service historique du Service de santé des armées,
dans l'enceinte de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. L'accès se fait sur
rendez-vous, après autorisation à demander au médecin-colonel conservateur du
musée.
Les dossiers de pension des officiers sont au SHD-Terre, et
il en a été question plus haut. Les dossiers de pension des autres anciens
combattants de 14-48 sont au Centre des archives contemporaines
(Fontainebleau). Le service des pensions des armées (La Rochelle) gère les
dossiers des anciens combattants de 39-45.
La Légion est une armée dans l'armée, pour ne pas dire un
État dans l'État. Elle fonctionne avec ses propres règles de gestion du
personnel, en fait sinon en droit. Les réponses ont difficiles à obtenir,
quand elles viennent ; en tout cas, inutile de demander quoi que ce soit si
vous n'êtes pas un descendant en ligne directe et que le légionnaire est né il
y a moins de 120 ans. Il faut vous adresser au Bureau des anciens de la Légion
étrangères (BALE) pour les renseignements personnels (120 ans), y compris
d'ordre médical (150 ans). Le Service d'information historique de la Légion
étrangère vous accueille pour ce qui concerne les campagnes de la Légion
(notamment les JMO).
On rappelle que les officiers de la Légion étrangère
appartiennent à une subdivision d'arme de l'armée de terre. Leur dossier est
géré par le SHD-Terre, et tous les organismes cités ci-dessus dans les
conditions de droit commun.
Ils ont été soumis à des procédures particulières en matière
de recensement, recrutement, conscription, engagement. Le dernier recours pour
obtenir, sinon des informations définitives, au moins des pistes pour une
enquête approfondie, est le BCAAM.
Le statut de « mort pour la France » - instauré le 2 juillet
1915, avec effet rétroactif au début de la guerre - a d'abord été accordé aux
militaires des armées tués à l'ennemi, morts de blessures de guerre, décédés de
maladie (imputable au service) ou lors d'un accident survenu en service.
Il a été étendu aux civils par la loi du 28 février 1922,
avec effet rétroactif pour le début de la guerre. Ce sont les personnes suivantes :
vles marins du commerce victimes
d'événements de guerre ;
vtout personnel soignant, hospitalier
ou religieux, ayant succombé à des maladies contractées au contact des blessés
et malades ;
vtoute personne décédée des suites de
violences constituant une conséquence directe de faits de guerre ;
v
tout membre des forces du maintien de l'ordre tombé en service commandé.
Les policiers en font partie, mais pas les gendarmes, qui sont des militaires.
De même, les sapeurs-pompiers sont des civils, sauf ceux de Paris et de
Marseille (marins-pompiers) qui sont des militaires.
vD'autres catégories de personnes ont
été admises à ce statut en fonction de spécificités propres à la Seconde guerre
mondiale (déportés, résistants par exemple). Leur présence ici serait un
anachronisme.
Les éventuels dossiers de ces personnes ont été gérés comme
n'importe quel dossier civil, en n'importe quelle circonstance. Il convient de
commencer ses recherches par les archives départementales. Certaines professions
sont à étudier aux Archives nationales. Ces cas particuliers relèvent de la
pratique généalogique courante, et on ne peut mieux faire que renvoyer le
lecteur vers des sites et des organismes spécialisés.
Les archives sont vivantes ; elles bougent. Il en est même
qui gigotent. Au cours des trois dernières années, les procédures d'accueil et
de consultation ont changé plusieurs fois à Vincennes, et d'autres changements
radicaux sont attendus pour la fin de l'année 2006. D'autres dépôts sont
périodiquement fermés pour des travaux ou des réorganisations. Des fonds sont
en cours de tri, des inventaires en attente de finalisation. Une règle d'or
s'impose : ne vous déplacez pas sans avoir pris un contact préalable pour vous
assurer de l'existence et de la communicabilité des fonds, comme des conditions
d'accès. Le reste est affaire de bon sens et d'éducation. Prévoir la menue
monnaie pour les vestiaires.
Vous pouvez être dans l'obligation de faire appel à
l'entraide, par l'intermédiaire de cercles généalogiques, d'associations
spécialisées, ou en posant des questions sur un forum de discussion. Vous
gagnerez du temps, et n'en ferez pas perdre à vos interlocuteurs, en livrant
d'emblée la totalité des informations utiles, sans tourner autour du pot. Vous
cherchez un aïeul, et croyez savoir qu'il a servi au énième d'infanterie. Ne
demandez pas « des informations sur le régiment » ; elle ne vous apporteront rien,
ou alors ultérieurement. Dites : « Mon ancêtre Untel, tel grade, né le … serait
mort le … à … - J'ai déjà effectué telle et telle recherche (sans résultat ou
avec le résultat suivant) - Je désire connaître : ... ... »
Il est inutile de démotiver vos correspondants en les
envoyant dans une exploration au long cours, plus que probablement sans
résultats, et sur quelqu'un qui ne leur est rien. Il va sans dire que vous
offrirez, en contrepartie, d'assurer une éventuelle recherche dans les dépôts
d'archives que vous fréquentez régulièrement, et vous n'oublierez pas de
remercier.
Si vous n'obtenez pas de réponse sur un forum dans les 48
heures qui suivent votre demande, n'ameutez pas les populations qui n'en
peuvent mais. C'est, probablement, que personne ne connaît la réponse, ou que
quelqu'un est encore en train de la chercher pour vous. Et tenez compte des
caprices de l'informatique et des mystères d'Internet.
Enfin, il est normal et utile, avant toute demande, de se
documenter en bibliothèque sur la période et le lieu qui vous intéressent. Il
vaut mieux savoir de quoi on parle, et comprendre ce que l'on va vous dire.
Rien n'est plus crispant que de voir tomber des questions pour jeu télévisé du
genre : « Mon arrière grand-père est mort, probablement à l'armée, en 1916. Que
se passait-il à ce moment-là ? ». Je la garantis (dramatiquement) authentique.
Centre historique des Archives nationales (CHAN / CARAN) 11 rue des Quatre-Fils - 75003 Paris 01.40.27.64.19
Centre des archives contemporaines (CAC) 2 rue des Archives - 77300 Fontainebleau 01.64.31.73.00
Centre des archives d'outre-mer (CAOM) 29 chemin du Moulin de Testa - 13090 Aix-en-Provence cedex
04.42.93.38.50
Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (pas de visite à ce qui n'est qu'une adresse postale) 14 rue Saint-Dominique - 00450 Armées
Service historique de la défense (SHD) Château de Vincennes - BP 166 - 00468 Armées Département de l'armée de terre Archives (réservation et communication) 01.41.93.20.95 Bibliothèque 01.41.93.20.72 Département de la marine (archives et bibliothèque)
01.43.28.81.50 Département de l'armée de l'air (archives et
bibliothèque) 01.41.93.20.45
Service historique et musée du Service de santé des armées
1 place Alphonse Laveran - 75230 Paris cedex 05
Service des archives médicales et hospitalières des armées
(SAMHA) 23 rue de Châteauroux - BP 15 - 87998 Limoges armées
05.55.77.82.59
Bureau des anciens de la Légion étrangère (BALE) 04.42.18.82.81 BP 38 - 13998 Marseille armées (adresse uniquement postale)
Service d'information historique de la Légion étrangère
04.42.18.82.39 Képi blanc - BP 37 - 13673 Aubagne cedex
Service des pensions militaires 05.46.50.62.62 Place de Verdun - BP 509 - 17016 La Rochelle cedex
Bureau central des archives administratives militaires
(armée de terre) 05.59.40.46.92 BCAAM - Caserne Bernadotte - Place de Verdun - 64023 Pau
cedex
Centre de traitement de l'information sur les relations
humaines de la marine 04.94.02.00.77 Bureau maritime des matricules - Centre de gestion des
réserves (BMM-CGR) Fort Lamalgue - BP 410 - 83800 Toulon naval (le BCAAM des
marins)
Bureau des archives des réserves de l'armée de l'air
(BARAA) 03.80.69.51.02 Base aérienne 102 - BP 02 - 21998 Dijon armées (le BCAAM des
aviateurs)
Brigade des sapeurs-pompiers de Paris 01.47.54.68.18 1 place Jules Renard - 75017 Paris
Marins-pompiers de Marseille 04.96.11.75.00 9 boulevard de Strasbourg - 13003 Marseille
Bibliothèque de documentation internationale contemporaine
(BDIC) 01.40.97.79.00 6 allée de l'Université - 92000 Nanterre (sur le campus)
Direction des personnels civils de la DGA
05.49.21.14.31 211 Grande rue de Chäteauneuf - 86106 Châtellerault cedex
Centre européen de la paix 03.21.72.66.55 RD 937 - 62153 Souchez
Etablissement national des invalides de la marine
(marchande) 02.96.55.32.32 18 bis rue Pierre Loti - 22500 Paimpol
Croix-Rouge internationale 19 rue de la Paix - CH 1202 Genève - Confédération
Helvétique
Etablissement de conception et de production audiovisuelle
de la défense 01.49.60.52.00 Fort d'Ivry - 94200 Ivry-sur-Seine
Musée d'histoire contemporaine (BDIC) 01.44.42.54.92 Hôtel national des Invalides - 75007 Paris
Le Souvenir français 01.48.74.53.99 9 rue de Clichy - 75009 Paris
Directions interdépartementales des anciens combattants (selon les départements du lieu supposé d'inhumation) * 2A - 2B 04.95.23.75.00 18 av du colonel Colonna d'Ornano - BP 32 - 20181
Ajaccio cedex * 24 - 33 - 40 - 47 - 64 05.56.24.83.46 Rue Jules Ferry - BP 80 - 33090 Bordeaux cedex * 14 - 50 - 61 02.31.38.47.00 Quartier Lorge - BP 6259 - 14065 Caen cedex * 03 - 15 - 43 - 63 04.73.42.40.40 Rue Pélissier - BP 152 - 63034 Clermont-Ferrand cedex 1 * 21 - 25 - 39 - 58 - 70 - 71 - 89 - 90
03.80.43.81.79 4 bis rue Hoche - BP 1584 - 21032 Dijon cedex * 02 Secteur des sépultures de guerre de l'Aisne
03.23.20.27.52 Cité administrative - 02016 Laon cedex * 62 - 59 - Belgique 03.20.62.12.39 Cité administrative - rue de Tournai - 59045 Lille cedex * 80 Service des sépultures militaires de la Somme
03.22.76.17.72 Zone artisanale - 80340 Bray-sur-Somme * 16 - 17 - 19 - 23 - 79 - 86 -87 05.55.34.45.45 22 rue Mirabeau - 87060 Limoges cedex * 02 - 07 - 26 - 38 - 42 - 69 - 73 - 74 04.78.93.92.96 53 rue de Créqui - BP 6057 - 69412 Lyon cedex 06 * 04 - 05 - 06 - 13 - 83 - 84 04.91.04.75.00 11 rue Lafon - BP 6 - 13251 Marseille cedex 20 * 08 - 10 - 51 - 52 - 54 - 57 - 88 03.87.34.77.97 Cité administrative - BP 51055 - 57036 Metz cedex 1 * 55 Service des nécropoles nationales de Verdun
03.29.86.02.96 13 rue du 19° BCP - 55100 Verdun * 11 - 30 - 34 - 48 - 66 04.67.99.75.75 2 place Paul Bec - BP 9572 - 34045 Montpellier cedex * 44 - 49 - 53 - 72 - 85 02.40.14.57.30 104 rue Gambetta - BP 63607 Nantes cedex * Ile-de-France : 75 - 77 - 78 - 91 - 92 - 93 - 94 -
95 01.49.74.34.00 10 av du Val-de-Fontenay - 94315 Fontenay-sous-Bois
cedex * 22 - 29 - 35 - 56 02.99.78.49.84 Boulevard de la Liberté - BP 60702 - 35007 Rennes
cedex * 27 - 76 02.35.58.59.11 Cité administrative - 2 rue Saint-Sever - 76032 Rouen
cedex * 67 - 68 03.88.76.78.84 14 rue du Maréchal Juin - 67084 Strasbourg cedex * 09 - 12 - 31 - 32 - 46 - 65 05.61.58.53.50 Rue de la cité administrative - 31074 Toulouse cedex * 18 - 28 - 36 - 37 - 41 - 45 02.47.77.27.44 Caserne Baraguey d'Hilliers - BP 3702 - 37032 Tours
cedex * Maroc : Ambassade de France - Service des anciens
combattants 212.220.03.63 17 avenue Hassane Souktani - BP 15783 - Casablanca
principal * Tunisie : Service des anciens combattants
216.71.799.057 8 rue Moussa Ibn Noussaïr - 1002 Tunis Belvédère * Tombes belges : Etat-major général de l'armée -
Direction territoriale Service des sépultures - Quartier Reine Elisabeth Rue d'Evère - B 1140 Bruxelles * Tombes britanniques : Commonwealth War Graves
Commission 03.21.21.77.00 Rue Angèle Richard - 62217 Beaurains * Tombes américaines : American Battle Monuments
Commission 01.47.01.19.76 68 rue du 19 janvier - 92380 Garches * Tombes allemandes : Volksbund Deutsche
Kriegsgräberfürsorge e.V. 0180/570.09.99 Werner Hilpert Strasse 2 - D-34112 Kassel -
Allemagne